PETIT
Item, à Perrenet Marchant , Qu'on dit le Bastard de la Barre, Pour ce qull est ung bon marchant, Luy laisse trois gluyons de feurre Pour estendre dessus la terre A faire l'amoureux mestier^ Où il luy fauldra sa vie querre.
Car il ne scet autre mestier
Iteiïi, au Loup et à Chollet, Je laisse à la foys un canart, Prinsëous les murs, comme on souloit, Envers les fossez^ sur le tard ; Et à chascun un grand tabart De cordelier, jusques aux pieds^ Busche, charoon et poys au lart, Et mes housaulx sans avantpiedz,
Derechief, je laisse en pitié, A troys petitz enfans tous nudz, Nommez en ce présent traictié, Paouvres orphelins impourveuz, Tous deschaussez, tous despourveus.
Et desnuez comme le ver ; J'ordonne qu'ils seront pourveuz.
Au moins pour passer cest y ver,
Premièrement, G)lin Laurens, Girard Gôssoyn et Jehan Marceau,
Desprins de biens et de parens, Qui n*ont vaillant Tanse d'ung ceau , Chascun de mes biens ung faisseau , Ou quatre blancs, s*ilz l'aymen tmieulx; Ils mangeront maint bon morceau, * Ces enfans, quand je seray vieulx !
Item, ma nomination.
Que j'ay de l'Université, Laisse par résignation, Pour forclorre d'adversité Paouvres clercs de ceste cité, Soubz cest intendit contenuz :
Charité m'y a incité, Et Nature, les voyant ftudz.
C'est tnaistre Guillaume Cotin Et màistte Thibault de Vitry, Deux paouvres clercs, parlans latin, Paisibles enfarls, sans estry, Humbles, bien chantans au lectry.
Je leur laisse cens recevoir Sur la maison Giiillot Gueuldry, En attendant de mieuïx avoir.
Item plus, je adjoinctz à la Crosse Celle de la rue Sainct-Anthoine, Et ung billart de quoy on crosse.
Et tous les jours plain pot de Seine, Aux pigons qui sont en l'essoine.
Enserrez soubz trappe volière,
Et mon mirouer bel et ydoyne, Et la grâce de la geolliére.
Item, je laisse aux hospîtaux Mes châssis tissus d'araignée ; Et aux gisans soubz les estaux, Chascun sur l'œil une grongnée.
Trembler A chière renSrongnée, Maigres, veltuz et morfonduz; Chausses courtes, robbe rongnée.
Gelez, meurdriz et enfonduz.
Item, je laisse à mon barbier Les rongneuresde mes cheveuls, Plaineraent et sans destourbier ; Au savetier, mes souliers viculs.
Et au fripisr, mes habitz tieulx Que, quant du tout je les délaisse, Pour moins qu'iiz ne coustèrent ncufz Charitablement je leur laisse.
Item, aux Quatre Mcndians, Aux Filles Dieu et aux Beguynes, Savoureulx morceauls et frians, Cliappons, pigons, grasses gelincs.
Et puis prescÈer les Quinze Signes, Et abatre pain à deux mains, Caimes chevaulchent nos voisines.
Mais cela ne m'est que du meins.
Item, laisse le Mortier d'or A Jehan TEspicier, de la Garde, Et une potence à Sainct-Mor, Pour faire ung broyer à moustardco Et celluy qui leit ravant-garde, Pour faire sur moy griefz exploitz, De par moy sainct Anthoine Tarde !
Je ne lui lairray autre laiz.
Item, je laisse à Mairebeuf Et à Nicolas de Louvieulx, A chascun Tescaille d un œuf, Plaine de frans et d'escus vieulx.
Quant au concierge de Gouvieulx, Pierre Ronseville, je ordonne, Pour luy donner encore mieulx, Escus telz que prince les donne.
Finalement, en escrivant, Ce soir, seullet, estant en bonne.
Dictant ces laiz et descripvant, Je ouyz la cloche de Sorbonne, Qui tousjours à neuf heures sonne Le Salut que l'Ange prédit ; Cy suspendy et cy mis bonne, Pour pryer comme le cueur dit.
Cela fait, je me entre-oubliai, Non pas par force de vin boire,
François VUlorts 2
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Mon esperit comme lié ; Lors je senty dame Mémoire Rescondre et mectrç en son aulmpifô Ses espèces collatérales^ Oppinative faulce et voire, Et autres intellectualles.
Et mesmement rextimativ^ Par quoy piK)$pertté nous vieav»
Similative, formative, Desquelz souvent il advient Que, par l'^rt trouvé, hom devient Fol et lunaticque par moys :
Je Tay leu, et bien m'en souvient, En Aristote aucunes fois.
XXXVÏII.
Doncques le sensif s^esveilla Et esvertua fantasie, Qui tous argeutis resveilla, Et tint souveraine partie.
En souppirant, c<HPme arapttipi Par oppression d*oubliance, Qui en moy s^estoit espartie Pour montrer des sens l'alliance.
xxxrx.
Puis, mon sens qui fut à repqia Et Tenten dément desveillé^ Je cuide finer mon propos; Mais mon encre estoit gelé, Et mon cierge estoit souflé.
De feu je n'eusse pu fiper.
TESTAMENT. IQ
Si m'endormy, tout enmouflé, Et ne peuz autrement liner.
Fait au temps de ladicte date, Par le bon renommé Villon, Qui ne mange figue ne date; Sec et noir comme escouvillon, Il n'a tente ne pavillon Qu'il n'ayt laissé à ses amys, Et n'a mais qu'un peu de billon, Qui sera tantost à hn mys.