LXVIII
Somme, plus ne diray qu'ung mot, Car commencer veuil à tester :
Devant mon cjerc Fremîn, qui m'ot (S'il ne dort), je vueil protester, Que n'entends homme détester^ En ceste présente ordonnance] Et ije la vueil manifester Sinon au roy^ulme de France.
Je sens mon cueur qui s'affoïblist.
Et plus je ne puys papier.
Fremin, siez-toy près de mon lict, Que l'on ne me'viengne espier !
Prens tost encre, plume et papier, Ce que nomme escryz vistement; Puys fais-le partout copier, Et vecy le commancement»
Ici commance Villon à tester.
Au nom de Dieu, Père éternel.
Et du Filz que Vierge parit, Dieu au Père coeternel, Ensemble et du Sâinct Esperit, Qui saulva ce qu'Adam périt, Et du pery pare les Cieulx...
Qui bien ce croyt, peu ne merit :
De gens mortz se font petiz Dieux.
Mortz estoient, et corps et âmes, En damnée perdition ; Corps pourriz, et âmes en flammes, De quelconque condition ; Toutesfojs, fais exception Des patriarches et prophètes ; Car, selon ma conception, Oncqucs grand chauit n'eurent aux fesses.
LXXÎI.
Qui me dîroit : « Qui te faîctmectre
Si très-avant ceste paroUe, Qui n'es en Théologie maistre ?
A toy est presumption folle. »
— G est de Jésus la parabolle, Touchant le Riche ensevely En feu, non pas en couche molle, Et du Ladre de dessus ly.
Si du Ladre eust veu le doy ardre, Jà n'en eust requis réfrigère, N'au bout d'icelluy doiz aherdre, Pour refreschir sa maschouëre.
Pions y feront mate chère, \
Qui boy vent pourpoinct et chemisa.
Puys que boyture y est si chère.
Dieu nous garde de la main mise l
Ou nom de Dieu, comme j'ay dit, Et de sa glorieuse Mère, Sans péché soit par&ict ce dict Par moy, plus maigre que chimère ; Si je n'ay eu fièvre effimère, Ce m'a laict divine clémence; Mais d'autre dueil et perte amère Je me tays, et ainsi commence :
Premier, je donne ma pauvre ame A la benoiste Trinité, Et la commande à Nostre Dame, Chambre de la divinité; Priant toute la charité Des dignes neuf Ordres des cieulx.
Que par eulx soit ce don porté Devant le Trosne précieux ;
Item, mon corps j'ordonne et laisse A nostre grand mère la terre; Les vers n'y trouveront grand gressc :
Trop lui a faict faim dure guerre.
Or luy soit délivré grand erre :
De terre vint, en terre tourne.
Toute chose, se par trop n'erre, Voulontîers en son lieu retournée
Item, et à mon plus que père, Maistre Guillaume de Villon^
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«^ui mi ^ce rlus àcul^ que mère
Deietre 31 1 ie 3:ai:ir boiHoîi, H: ie cc<r»7 ras ne sisove, S: luy n^z'JL-ïîrs i îenciH-:!!, Qu'il ni'iâ Jiisse iuti Li joye,
LXXTIIl.
Je iTiy donne 3j lîrrairie.
Et le 5. "^.Tij."S- ±1 Pii n DLibigy Licuei 22aListrs Gai Tararie Grosso y a, çuesr hom Terîtîble.
?ir cayers est se cbz u:ie table.
Csimbiez. qu'i. soit njiieinect fakt, La zidtiere est s: très notable, Qu'elle amenie tcat le me&ict.
Item, dorme à ma boone mèrt Pour saluer nostre Maistresse, Qui peur moy eut douleur amère.
Dieu le scait, et mainte tristesse; Autre chaste! ou rcsteresse N'ay oîi retraire coq» et ame.
Quand sur moy court maie destressCi Ne ma mère, la povre femme I
BALLADE