‹ Œuvres complètes: suivies d'un choix der poésies de ses disciplesChapitre 4 sur 106 · PRÉFACE. IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. IX

sa belle, lui fit des avanies, lui dit des injures, composa peut-être contre elle quelque ballade piquante, quelque rondeau bien méchant. Or, bien que religieux au fond, il frondait volontiers les choses sacrées (i). La belle dame se plaignit; la juridiction ecclésiastique s'en mêla (2), et Villon fut bel et bien condamné au fouet (3).

C'est à la suite de cette sentence que Villon, décidé à quitter Paris, composa les Lays ou legs auxquels on a donné depuis le titre de Petit Testament.

Dans le huitain vi, page g, il annonce qu'il s'en va à Angers. Il est probable qu'il ne fit pas ce voyage. Ses habitudes, ses relations, sa misère, le retinrent à Paris ou aux environs. C'était en

1456. Flétri par le châtiment qu'il avait subi, aigri par l'infortune, il ne connut plus de bornes. L'année qui suivit sa condamnation fut assurément l'époque la plus honteuse de sa vie. En

1457, il était dans les prisons du Châtelet, et le Parlement, après lui avoir fait appliquer la question de l'eau (4), le condamnait à mort. On ignore le motif de cette condamnation ; on a supposé qu'il s'agissait d'un crime commis à Rueil par lui et plusieurs de ses compagnons, dont quelquesuns furent pendus (5). Cette supposition paraît

(i) Voir notamment les huitains cyi à ex du Grand Testament.

(2) Quant chicanner mefeit Denise^ Disant que je Vavoye mauldite. P. 69.

(3) La sentence fut exécutée. La Double ballade de la page 45 ne laisse aucun doute à cet égard :

Ten fus oatîL, comme à ru telles.

Tout nud..... (P. 46, V. 24-25.)

(4) C'est ce qu'indiquent clairement ces deux vers de la page 104 :

On ne m'eust, parmi ce drapel, Faict bqyre à celle escorcherie.

(3) Voy. la Belle leçon aux en/ans perdu\^ p. 86, et le Jargon, p. I25.

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