‹ Œuvres complètes: suivies d'un choix der poésies de ses disciplesChapitre 42 sur 106 · CLXXI · texte numérisé non relu

CLXXI

Et Taultre, maistre Jaques James, Trois hommes de bien et d'honneur, Desirans de saulver leurs âmes.

Et doubtans Dieu Nostre Seigneur.

Plustot y metteront du leur.

Que ceste ordonnance ne baillent.

Point n'auront de contrerooleur, Mais à leur seul plaisir en taillent;

Des testamens qu'on dit le maistre De mon faict n'aura (juid ne ijuod; Mais ce sera une jeune prebstre, Qui se nomme Colas Tacot.

Voulentiers beusse à son escor, Et qu'il me coustast ma cornette !

S'il sceust jouer en ung trippot, Il eust de moy le Trou Perrette.

Quant au regard du luminaire, Guillaume du Ru j'y commectz.

Pour porter les coings du suaire.

Aux exécuteurs le remeciz.

Trop plus mal me font qu'oncques mais Penil, cheveulxy barbe, sourcilz.

François Villon. 7

Mal me presse; est temps désormais Que crie à toutes gens merci?.

BALLADE

Par laquelle Villon crye mercy à chascun.

A Chartreux, aussi Celestius^ A mendians et aux dévotes, A musars et cliquepatins, Servantes et filles mignottes, Portant surcotz et justes cottes ; A cuyderaulx d'amours transis, Chaussans sans meshaing fauves bottc$»

Je crye à toutes gens merci* !

A fillettes monstrans tetins, Pour avoir plus largement bosteai A ribleurs meneurs de butins,.

A basteleurs traynans marmottes, A folz et folles, sotz et sottes, Qui s'en vont sifflant cinq et sii^ j A veufves et à mariottes, Je crye à toutes gens merciz !

Sinon aux trahistres chiens mastins, Qui m'ont fait ronger dures crostes Et boire eau maintz soirs et matins, Qu'ores je ne crains pas trois crottes.

Je feisse pour eulx petz et rottes; Je ne puis, car je suis assis.

Bien fort, pour éviter riottes^ Je crye à toutes, geas merciz l

ENVOI

Qu'on leur froisse les quinze coste« De gros mailletz, fortz et massis, De plombée et de telz pelottes.

Je crye à toutes gens merciz!

BALLADE

POUSi MHVIR 1>^ QQVÇhVSlOtff

Icy se clost le Testament Et finîst du pouvre Villon.

Venez à son enterrement, Quant vous orrez le carillon, Vestuz rouges com vermillon, Car en amours mourut martir ; Ce Jura-il sur son coulloa Quand dô çq monde vouit p^rCU.

Et je croy bien que pas n'en ment, Car cnassié fut comme un soullon De ses amours hayneusement, Tant que, d'icy à Roussillon, Brosses n'y a ne bfossillon, Qui n'eust, ce dit-il sans mentir, Ung lambeau de son cotillon.

Quand de ce monde voult partir.

Il est ainsi, et tellement, Quand mo-urut n'avoit qu'un haillon.

iOO GRAND TESTAMENT.

Qui plus ? En mourant, mallement L'espoignoit d'amours l'esguillon; Plus agu que le ranguillon D'un baucfrier luy faisoit sentir, C'est de quoy nous esmerveillon, Quand de ce monde voult partir.

ENVOI

Prince, gent comme esmerillon, Saichiez qu'il fist, au départir :

Ung traict but de vin morillon, Quand de ce monde voult partir.

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