‹ Œuvres complètes: suivies d'un choix der poésies de ses disciplesChapitre 7 sur 106 · XII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XII PRÉFACE

posa, du moins en partie, le Grand Testament, dans lequel sont intercalées des pièces qui se rapportent à diverses é^poques de sa vie, et dont quelquesunes ont dû être composées beaucoup plus tard.

Il est probable, en effet, que Villon vécut encore longtemps ; mais on ne sait rien de précis à cet égard. Les conjectures sur lesquelles on se fonde pour placer la date de sa mort entre 1480 et 1489 ne sont, en définitive, que des conjectures. Quant aux voyages qu*on lui fait faire à Saint- Omer, Lille, Douais Salins, Angers, Saint-Genoux, et jusque dans le Roussillon, rien ne prouve quMls ont eu lieu. Villon nomme ces localités dans ses œuvres, il est vrai, mais nulle fart il ne dit qu*il les a visitées. Son voyage à Bruxelles, son séjour en Angleter: e, avec la réponse hardie qu'il aurait faite au roi Edouard V, ne me semblent pas beaucoup plus certains, malgré mon respect pour celui qui s'en est fait Thistorien (i). Ce qui me semble hors de doute, c'est sa retraite dans le centre de la France, où semblait l'attirer quelque chose qui nous est inconnu, peut-êtpe quelque relation de famille. Dans le Petit Testament, il annonce d^u'il va à Angers (2) ; il en revenait peut-être lorsqu'il' fut arrêté à Meung. Dans le Grand Testament, il dit qu'il « parle un peu poictevin (3). » Lbl Ballade Villon (p. 109) et la Double ballade (p. 107) prouvent qu'il séjourna

cisément au moment où Villon était dans la prison de Meung-sur-Loire, près d'Orléans, où il passa tout un été (p. 21, V. 14J, c'est-à-dire tout l'été de la même année 146 1. (i) Rabelais^ livre IV, chap. Lxvn. M. Nagel a relevé deux erreurs dans ce passage de Rabelais. Villon n'aurait pu se trouver à la cour d'Edouard V, qui ne monta sur k trône qu'en 1483, et le médecin Thomas Linacre, né vers 14Ô0, ne fut célèbre que sous les règnes de Henri VII et de Henri VIII. ^

(2) Page 9. — Le Franc archer de Bagnoletdit, p. iSj, Y. 12 : « Ma mère fut née d'Anjou; » mais cela ne prouverait rien, même quand il serait démontré que ce monologue est de Villon.

(3) Page 62.

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