‹ Œuvres complètes: suivies d'un choix der poésies de ses disciplesChapitre 84 sur 106 · BALLADE DES ESCOUTANS · texte numérisé non relu

BALLADE DES ESCOUTANS

Qui en a est le bien venu ; Qui n'en à point j l'en n'en tient compte Cil qui en a est bien congneu, Cil qui n'en a point vit à lionte.

Qui paye Ton exauce et monte Jusque au tiers ciel, pour en prester :

Son lionneur tout aultre surmonte^ Par force de bien acquester.

Quant enteiidismes les estatz De telz dissimulations, Congnoissant les hauts et les bas , Par toutes abreviatlohs.

Nous mismes, sails sommâtiotis.

Aux chamfJSj par bois et par taililisj

Pour congnoistre les fictions, Qui se font souvent à Paris,

Pource que chacun maintenoit Que c'estoit la ville du monde Qui plus de peuple soustenoit.

Et où maintz estranges abonde, Pour la grant science parfonde Renommée en icelle ville, Je partis, et veulx qu'on me tonde.

S'a l'entrée avois croix ne pille.

Il estoit temps de se coucher.

Et ne sçavoye où héberger ; D'ung logis me vins approcher, Sçavoir s'on m'y vouldroit loger, En disant : « Avez à menger? »

L'hoste me respondit : « Si ay. »■ Lors luy priay, pour abréger :

« Apportez -le donc devant moy. »

Je fus servy passablement, Selon mon estât et ma sorte, Et pensant, à part moy. comment Je cheviroye avec Thoste, Je m'avise que, soubz ma cotte, Avois une espée qui bien trenche :

Je la lairray, qu'on ne me l'oste.

En gaige de la repeue franche.

L'espée estoit toute d'acier, Il ne sxn failloit que le fer; Mais rhoste la me fist machier,

Fourreau et tout, sans fri casser; Puis, après, me convint penser De repaistre, se faim avoye ; Rien n'y eust valu le tencer :

De leans partis sans monnoye.

l'acteur.

Lendemain, m*aloye enquerant Pour encontrer Martin Gallant.

Droit en la Salle du Palays Rencontray, pour mon premier mes, Tout droit soubz la première porte, Plusieurs mignons d'estrange sorte, Que sembloit bien à leur habit Qu'ilz tussent gens de grant acquit.

Lors vins pour entrer en la Salle :

L'ung y monte, l'âultre devalle.

Là me pourmenoye, de par Dieu, Regardant Testât de ce lieu, Et quand je Teuz bien regardée, Tant plus la voys tant plus m'agrée; Je vis là tant de mirlificques, Tant d*ameçons et tant d'afticques, Pour attraper les plus huppez.

Les plus rouçes y sont happez; A Tung convient vendre sa terre ; Maint, sans sainctir^ là se detterre, Partie ou peu en demourra De tout ce que vaillant aura; Cuydant destruyre son voysin De Poytou, ou de Lymousin, Ou de quelque aultre nation, Maint en est en destruction,

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Et fault, aîns partir de léâns, Qu'ilz facent 1 arquemye aux dens.

On emprunte, qiii â crédit, Tout ainsi que devant est dict.

Quand leur argent fort s*appetisse, Lors leur est la repeue propice^ Et lors cerchertt (^lus n'en doubtez), Hault et bas et de tous costez.

Comme on verra par dettiorlstraiicès En ce traicté des RepeUés franches.

Et quant au regard de plusieurs Aultres repeues, sont escriptes Affin qu'on preigne les irteilleUr^^ En lisant, grandes ou petites.

Vous orrez iriaintz moyfens licites Comment ilz ont esté happez^ Hault et bas, par bonnes condulctes De ceulx qui les ont attrapez.

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