‹ Œuvres complètes. tome dixièmeChapitre 30 sur 198 · L APOSTASIE DE CÉSAR, ACTE V · texte numérisé non relu

L APOSTASIE DE CÉSAR, ACTE V

JULIEN

Tu es heureux, toi ; dont les dieux sont loin. Oh, cette verdeur de la volonté... !

UNE VOIX, appelle du fond des catacombes.

Julien, Julien !

SALLUSTE

Ah, qu’est cela?

JULIEN

Va-t’en, cher ; dépêche-toi de t’en aller.

LA VOIX

Fais taire le chant d’église, Julien !

SALLUSTE

Encore un appel. Oh, c’est donc vrai !

Qu’est-ce qui serait vrai?

SALLUSTE

Que tu vis dans ce souterrain avec un mystérieux étranger, avec un devin ou un sorcier qui est venu te trouver la nuit.

JULIEN

Ha-ha ; on dit ça? Va, va !

SALLUSTE

Je t’en conjure, seigneur,... laisse là ces rêves funestes. Viens avec moi ; remonte au jour !

LA VOIX, en dessous , plus proche.

Toute peine est inutile.

JULIEN, près de la descente , à droite.

Aucun signe, mon frère?

LA VOIX

Vide et silence !

ŒUVRES DE DRESDE

Oh, Maximos !

Maximos !

JULIEN

SALLUSTE

Va, te dis-je ! Si je sors de cette demeure de pourriture, je viendrai comme empereur.

SALLUSTE

Je te supplie... ; que cherches-tu ici dans les ténèbres?

JULIEN

La lumière. Va, va !

SALLUSTE

Si César hésite, je crains qu'il trouve la route barrée.

(Il sort par la gauche. Un instant après , le mystique Maximos monte l’escalier; il porte un bandeau blanc de sacrifice sur le front; à la main) il tient un long couteau sanglant.)

JULIEN

Parle, mon Maximos.

MAXIMOS

Toute peine est inutile, entends-tu. Pourquoi n'as-tu pas pu faire taire le chant d'église? Il a étouffé tous les présages ; ils voulaient parler, mais la voix leur a manqué.

JULIEN

Silence, ténèbres;... et je ne peux plus attendre! Que me conseilles-tu?

MAXIMOS

Marche à l'aveugle, empereur Julien ! La lumière te cherche.

Oui, oui, oui ; je le crois aussi. Il n'était pas nécessaire de t'envoyer chercher de si loin. Sais-tu ce que je viens d'apprendre...?

l’apostasie de césar, acte v 187

MAXIMOS

Je ne veux pas savoir ce que tu as appris. Prends ton sort entre tes propres mains.

JULIEN, arpente la salle d'un pas agité .

Ou5 est-il donc, en vérité, ce Constance,... ce pécheur fouetté par les furies, ce reste presque réduit en poussière de ce qui fut un homme?

MAXIMOS

La pierre du tombeau sur lui, empereur Julien !

JULIEN

Dans toute sa conduite à mon égard, n’a-t-il pas été comme une carcasse de navire sans rames,... tantôt dérivant à gauche dans un courant de méfiance, tantôt jeté à droite par la tempête du remords? N’a-t-il pas grimpé en chancelant au trône impérial, épouvanté, sa robe de pourpre dégouttant du sang de mon père? Peut-être aussi de ma mère... Tous mes parents n’ont-ils pas dû tomber, afin qu’il pût se sentir en sécurité? Non, pas tous ; Gallos fut épargné, ainsi que moi il fallait qu’un couple de vies fût laissé, avec quoi il pût s’acheter un peu de pardon. Puis il dériva de nouveau, emporté par le courant de méfiance. Le tourment du remords lui arracha un titre de César pour Gallos ; puis le tourment de la crainte lui arracha une sentence de mort contre César. Et moi? Est-ce que je lui dois un remerciement pour la vie dont il m’a, jusqu’ici, fait grâce? L’un après l’autre; Gallos d’abord, et puis...; chaque nuit, je suais d’angoisse, craignant que le jour passé fût mon dernier.

Constance et la mort étaient-ils ta pire angoisse? Réfléchis.

ŒUVRES DE DRESDE

JULIEN

Oui, tu as raison. Les prêtres... ! Toute ma jeunesse a été une continuelle terreur de l’empereur et du Christ. Oh, il est effrayant, cet énigmatique,... cet implacable homme-dieu ! Partout, lorsque je voulais aller de l’avant, grand et sévère, il me barrait la route, avec son exigence absolue, inflexible.

MAXIMOS

Et cette exigence,... était-elle en toi?

JULIEN

Toujours hors de moi. Je devais! Si mon âme se repliait, rongée par une haine de l’assassin de ma famille, qui m’épuisait, l’ordre était : aime ton ennemi ! Si mon esprit, fasciné par la beauté, aspirait aux mœurs et aux images du monde grec d’autrefois, l’exigence chrétienne fondait sur moi, et disait : recherche ce qui est seul nécessaire ! Si je ressentais la douce ardeur du corps et le désir de ceci ou cela, le prince du renoncement m’effrayait de son : mourir ici pour vivre là-bas !... Tout ce qui est humain a été interdit depuis le jour où le voyant de Galilée a pris la direction du monde. Vivre, par lui est devenu : mourii. Aimer et haïr, c’est pécher. A-t-il donc modifié la chair et le sang de l’homme? Ou bien l’homme attaché à la terre n’a-t-il pas continué d’être ce qu’il était? Notre saine âme intime proteste contre cela;... et pourtant nous devons vouloir contre notre propre volonté ! Nous devons, nous devons, nous devons !

Et tu n’es pas allé plus loin que cela? Honte à toi !

JULIEN

Moi?

l’apostasie de césar, acte V

MAXIMOS

Oui, toi, Thomme d’Athènes et d’Éphèse.

JULIEN

Hélas, temps abolis, Maximos ! Il était facile, alors, de choisir. De quoi était-ce, au fond, que nous nous occupions? De construire une philosophie ; ni plus, ni moins.

MAXIMOS

N’est-il pas dit quelque part dans vos écritures : avec nous ou contre nous?

JULIEN

Libanios ne continuait-il pas à être le même, soit qu’il fût, dans une lutte verbale, du côté de l’accusation ou de la défense? Ceci est plus profond. C’est un acte, à quoi je dois me décider. « Donne à l’empereur ce qui est à l’empereur. » A Athènes, un j our , j ’ ai tourné cela en plaisanterie ; . . . mais c’est plus profond. Tu ne peux pas le comprendre, toi, qui n’as jamais subi le pouvoir de l’homme-dieu. C’est plus qu’une doctrine, ce qu’il a répandu par le monde ; c’est un sortilège par lequel il tient les esprits prisonniers. Celui qui l’a subi une fois,... je crois qu’il n’en sera jamais tout à fait quitte.

Parce que tu ne le veux pas complètement.

JULIEN

Comment pourrais-je vouloir l’impossible?

MAXIMOS

Est-ce la peine de vouloir le possible?

JULIEN

Flux de paroles de la salle des conférences ! V ous ne

ŒUVRES DE DRESDE

m'apaiserez plus avec cela. Et pourtant... ; oh, non, non, Maximos ! Mais vous ne pouvez comprendre notre situation. Nous sommes comme des ceps de vigne transplantés dans un terrain étranger, qui ne nous convient pas;... qu'on nous replante, et nous prospérerons ; mais dans la terre nouvelle, nous dépérissons.

MAXIMOS

Nous? Qui appelles-tu nous?

JULIEN

Tous ceux qui sont sous la terreur du révélé.

MAXIMOS

Terreur d’une ombre !

JULIEN

Soit, comme on voudra. Mais ne vois-tu pas que cet effroi paralysant s’est dressé comme un mur épais autour de l’empereur? Oh ! je comprends bien pourquoi le grand Constantin a voulu qu’une doctrine qui lie si bien la volonté fût victorieuse et puissante dans l’empire. Aucune garde armée d’épieux et de boucliers ne forme une barrière plus sûre autour du trône impérial que cette foi ensorcelante, qui toujours vise au delà de cette vie terrestre. Les as-tu bien regardés, ces chrétiens? Les yeux creux, les joues pâles, les poitrines étroites, voilà comme ils sont tous ; ils ressemblent aux tisserands de Byssos; aucun espoir ambitieux n’a permission de germer dans cette existence déprimante ; le soleil luit pour eux, et ils ne le voient pas ; la terre leur offre sa richesse, et ils ne la désirent pas tout ce qu’ils désirent, c’est renoncer et souffrir, pour arriver à la mort.

MAXIMOS

Eh bien, sers-toi d’eux, tels qu’ils sont ; mais alors il

l’apostasie de césar, acte V

faut que tu restes toi-même en dehors. Empereur ou Galiléen;... c’est là le choix. Sois esclave sous la terreur ou souverain dans le pays du jour, de la lumière et de la joie ! Tu ne peux pas vouloir ce qui se contredit ; et pourtant c’est cela que tu veux. Tu veux réunir ce qui est incompatible,... concilier ces deux inconciliables ; c’est pourquoi tu es là et pourris dans les ténèbres.

JULIEN

Si tu le peux, éclaire-moi !

MAXIMOS

Es-tu cet Achille que ta mère rêvait qu’elle allait donner au monde? Un talon vulnérable ne fait pas d’un homme un Achille. Lève-toi, seigneur ! Hardi et confiant, comme un cavalier sur son cheval fougueux, il faut que tu passes pardessus le Galiléen, si tu veux parvenir au trône impérial...

JULIEN

Maximos !

MAXIMOS

Mon cher Julien, regarde donc autour de toi dans le monde ! Ces chrétiens aspirant à la mort, dont tu parlais tout à l’heure, c’est le petit nombre. Et qu’en est-il de tous les autres? Les esprits ne se détournent-ils pas du maître, peu à peu? Oui, réponds-moi,... qu’est-elle devenue, cette étrange doctrine d’amour? N’est-ce pas un déchaînement de communautés contre communautés? Et les évêques, ces seigneurs couverts d’or, qui s’intitulent les pasteurs de l’église ! Le cèdent-ils en rien même aux grands de la cour pour leur avarice, leur despotisme et leur bassesse?...

ŒUVRES DE DRESDE

JULIEN

Ils ne sont pas tous ainsi ; pense à ce puissant Athanase d’Alexandrie...

MAXIMOS

Athanase, oui, mais c’est le seul. Et où est Athanase maintenant? Ne l’a-t-on pas chassé, parce qu’il n’était pas à vendre au gré de l’empereur? N’a-t-il pas dû se réfugier dans le désert de Libye, où il a été dévoré par des lions? Et peux-tu m’en nommer un second, tel qu’Athanase? Pense à l’évêque Maris de Chalcédoine, qui a déjà changé trois fois d’opinion dans les disputes ariennes. Pense au vieil évêque Marc d’Aréthuse ; tu le connais depuis ton enfance. N’a-t-il pas récemment, malgré la loi et contre toute justice, enlevé aux citoyens leur propriété communale, pour la donner à l’église? Et pense au débile évêque de Nazianze, sans volonté, raillé par sa propre communauté, parce qu’il répond oui et non pour la même affaire, et parce qu’il veut complaire à tous les partis.

JULIEN

C’est vrai, c’est vrai, c’est vrai.

MAXIMOS

Voilà tes frères d’armes, mon Julien ; tu n’en trouveras pas de meilleurs. Ou bien peut-être comptes-tu sur ces deux grandes lumières attendues de la Cappadoce? Ha-ha ; Grégoire, le fils de l’évêque, s’occupe d’affaires judiciaires dans sa ville natale, et Basile étudie les ouvrages des philosophes profanes dans sa maison de campagne, en Orient.

JULIEN

Oui, je le sais bien. Défection de tous les côtés ! Hekebolios, mon ancien maître, s’est enrichi par son zèle pour la

l’apostasie de césar, acte V

foi et ses interprétations des Écritures; et depuis lors... ! Maximos,... il s’en faut de peu que je reste seul à prendre tout cela au sérieux.

MAXIMOS

Tu restes seul. Toute ton armée est débandée, en fuite, ou est tombée, çà et là, autour de toi. Sonne au combat,... nul ne t’entendra; va de l’avant,... nul ne te suivra! Ne t’imagine pas que tu peux faire réussir une cause qui s’est elle-même abandonnée. Tu succomberas, je t’assure ! Et où veux-tu te diriger? Repoussé par Constance, tu seras repoussé par toutes les puissances de la terre... et audessus de la terre. Ou bien veux-tu te réfugier dans les bras du Galiléen? Où en sont les rapports entre toi et lui? N’as-tu pas dit toi-même que tu es sous la terreur? As-tu son exigence en toi? Si tu ne frappes pas Constance, ton ennemi, l’aimes-tu? Si tu ne te plonges pas, comme un ardent nageur, dans les plaisirs de la chair et les séductions terrestres, les hais-tu? Si tu n’as pas le courage de posséder le monde, y renonces-tu? Et sais- tu si sûrement que... si tu meurs ici... tu vivras là-bas?

JULIEN, arpente la salle.

Qu’a-t-il fait pour moi, lui qui tant exige? S’il tient les rênes du char du monde dans sa main, il aurait bien dû pouvoir...

(Le chant de psaumes résonne plus fort au-dessus , dans l'église.

Écoute, écoute ! Voilà ce qu’ils appellent le servir. Et il prend cela comme une suave fumée de sacrifice. Chants de louange pour lui,... et pour elle dans le cercueil? S’il a l’omniscience, comment donc peut-il...?

ŒUVRES DE DRESDE

EUTHERIOS, descend vite l'escalier de gauche .

Mon César! Seigneur, seigneur; où es-tu?

JULIEN

Ici, Eutherios. Que me veux-tu?

EUTHERIOS

Il faut que tu montes, seigneur ; il faut que tu voies cela de tes propres yeux;,., il se produit des miracles au cercueil de la princesse.

JULIEN

Tu mens !

EUTHERIOS

Je ne mens pas, seigneur! Je n’adhère pas à cette doctrine étrangère ; mais ce que j’ai vu, je ne peux en douter.

JULIEN

Qu’as-tu vu?

EUTHERIOS

Toute la ville est en rumeur. On amène des malades et des infirmes au cercueil de la princesse ; les prêtres le leur font toucher, et ils s’en vont guéris.

JULIEN

Et tu as vu cela toi-même?

EUTHERIOS

Oui, seigneur; j’ai vu une femme épileptique quitter l’église en bon état, louant le dieu des Galiléens.

JULIEN

Ah, Maximos, Maximos !

EUTHERIOS

Écoute les cris de joie des chrétiens;.., un nouveau miracle a lieu.

l’apostasie de césar, acte V

ORIBASE, appelle du haut de l’escalier à gauche.

Eutherios,... l’as-tu trouvé? Eutherios, Eutherios, où est César?

JULIEN, va vers lui.

Ici, ici;... est-ce vrai, Oribase?

ORIBASE, s’avance.

Incroyable, inexplicable,... et pourtant vrai ; ils touchent le cercueil, les prêtres lisent et prient sur eux, et ils s’en vont guéris ; une voix proclame de temps en temps : bénie, bénie est la femme pure !

JULIEN

Une voix proclame...?

ORIBASE

Une voix invisible, mon César ; une voix, haut sous la voûte de 1 église ;... nul ne sait d’où elle vient.

JULIEN, reste un instant immobile , puis se tourne soudain vers Maximos ,

et crie :

La vie ou le mensonge !

MAXIMOS

Choisis !

ORIBASE

Viens, viens, seigneur ; les soldats épouvantés te menacent...

JULIEN

Laisse-les menacer.

Ils nous rendent responsables, toi et moi, de la mort de la princesse miraculeuse...

JULIEN

Je viendrai; je leur donnerai satisfaction...

ORIBASE

Il n’y a qu’un moyen ; il faut que tu détournes leurs

ŒUVRES DE DRESDE

pensées dans une autre direction, seigneur;... ils sont fous d'inquiétude au sujet du sort qui les attend si tu hésites davantage.

MAXIMOS

Monte maintenant au ciel, insensé ; tu vas mourir pour ton seigneur et maître !

JULIEN, lui saisit le bras.

A moi le royaume de l'empereur !

MAXIMOS

Achille !

JULIEN

Qu'est-ce qui rompt le pacte?

MAXIMOS, lui tend le couteau de sacrifice.

Ceci.

Qu'est-ce qui lave l'eau?

MAXIMOS

Le sang de la bête.

(Il enlève le bandeau du sacrifice de son front et le fixe sur celui de Julien .

ORIBASE, s'approche.

A quoi penses-tu, seigneur?

JULIEN

Ne cherche pas.

EUTHERIOS

Écoute le bruit ! Monte, monte, mon César !

JULIEN

Descendre d’abord,... puis monter. (A Maximos.) Le sanctuaire, frère aimé...?

MAXIMOS

Tout de suite, à la seconde voûte.

l’apostasie de césar, acte V

ORIBASE

César, César,... où vas-tu?

MAXIMOS

A la liberté.

Par les ténèbres à la lumière. Ah... !

( II descend dans les catacombes.) MAXIMOS, bas , le suivant des yeux.

C’est donc fait, tout de même.

EUTHERIOS

Parle, parle ; que signifient ces pratiques occultes? ORIBASE

Et cela maintenant, où chaque instant est précieux...

MAXIMOS, agité , ne tient pas en place et murmure ;

Ces ombres moites qui glissent ! Fi ; cette vermine visqueuse sous les pieds... !

ORIBASE, écoute.

Le bruit augmente, Eutherios ! Ce sont les soldats; écoute, écoute !

EUTHERIOS

C’est le chant de l’église...

ORIBASE

Non, ce sont les soldats ;... les voici !

(Salluste paraît en haut de V escalier à gauche , entouré d'une grande foule de soldats excités. Le porte-étendard Mauros est parmi eux.)

SALLUSTE

Calmez-vous; je vous en conjure!

LES SOLDATS

César nous a trahis ! César mourra !

ŒUVRES DE DRESDE

SALLUSTE

Et après, fous que vous êtes?

MAUROS

Après? Avec la tête de César nous achèterons notre pardon...

LES SOLDATS

Montre-toi, César.

SALLUSTE

César... mon César, où es-tu?

"JULIEN, dans les catacombes , invoque :

Helios ! Helios !

MAXIMOS

Délivré !

CHŒUR, en haut dans l’église .

Notre père qui es au ciel !

SALLUSTE

Où est-il? Eutherios, Onbase,... qu’est-ce qui se passe ici?

LE CHŒUR, dans l’église.

Que ton nom soit béni !

JULIEN, remonte les marches; il a du sang au front> sur la poitrine et les mains.

C’est accompli !

LES SOLDATS

César !

SALLUSTE

Sanglant... ! Qu’as-tu fait?

JULIEN

Chassé les nuées de la terreur.

MAXIMOS

Le monde créé est entre tes mains.

l’apostasie de césar, acte V

LE CHŒUR, dans Véglise.

Que ta volonté soit faite, sur terre comme au ciel !

(Le chant continue pendant ce qui suit,) JULIEN

11 n'y a plus de garde pour protéger Constance. MAUROS

Que dis-tu, seigneur !

JULIEN

Ah, mes fidèles ! Montons au jour ; vers Rome et la Grèce !

LES SOLDATS Vive l'empereur Julien !

JULIEN

Nous ne regarderons pas derrière nous ; devant, tous les chemins sont ouverts. Montons au jour. A travers l'église ! Les mensonges se tairont... !

( Il monte rapidement V escalier du fond,)

Mon armée, mon trésor, mon trône impérial !

LE CHŒUR, dans Véglise.

Ne nous induis pas en tentation ; mais délivre-nous du malin !

( Julien frappe la porte et Vouvre toute grande. On aperçoit Véglise très éclairée. Les prêtres sont debout devant le maître-autel; une foule fervente est agenouillée au bas , autour du cercueil de la princesse.)

JULIEN

Libre, libre ! A moi l’empire !

SALLUSTE, lui crie.

Et la puissance et l'honneur !

LE CHŒUR, dans Véglise.

A toi l’empire et la puissance et l'honneur...

Ah!

Victoire !

JULIEN, aveuglé par MAXIMOS LE CHŒUR, dans

... dans l'éternité, amen!

la lumière.

l’église.

PERSONNAGES

L'empereur, Julien.

Nevita, général.

Potamon, orfèvre.

Césarios de Nazianze, médecin de V empereur.

Themisteos, rhéteur .

Mamertinos, rhéteur.

Ursulos, grand trésorier .

Eunapios, coiffeur .

Barbara.

Hekebolios, grammairien .

Courtisans et fonctionnaires.

Citoyens de Constantinople.

Suivants du cortège de Dionysos, joueurs de flûte, danseurs,

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