‹ Œuvres complètes. tome dixièmeChapitre 49 sur 198 · UN TROISIÈME CITOYEN · texte numérisé non relu

UN TROISIÈME CITOYEN

Il n’a pas l’air aussi fort que l’empereur Constance.

PHOKION

Il me semble que si, tout de même. Il n’est pas aussi grand que l’empereur précédent ; mais ses bras sont plus longs. Et puis, il a un regard,... oh, mes amis... ! Ça, vous ne pouvez pas le voir maintenant ; lorsqu’il marche, il baisse honnêtement les yeux par terre. Oui, honnête, vous pouvez dire qu’il l’est. Les femmes, il ne s’en occupe pas. Je jurerais que, depuis qu’il est veuf, il ne lui est pas arrivé bien souvent... ; je vais vous dire, il écrit toute la nuit. Aussi ses doigts sont-ils souvent aussi noirs que ceux d’un teinturier ; oui, comme les miens. C’est que je suis teinturier. Vous pouvez dire que je connais l’empereur mieux que la plupart des gens. Je suis né ici dans la ville ; mais j’ai passé quinze ans à Constantinople jusque tout récemment...

UN CITOYEN

Y a-t-il du vrai dans ce bruit que l’empereur pense à s’établir ici à demeure?

PHOKION

Je connais le coiffeur de l’empereur, et il le dit. Pourvu que ces scènes scandaleuses ne l’irritent pas trop.

UN CITOYEN

Aïe, oui, ce serait ennuyeux !

ŒUVRES DE DRESDE

UN AUTRE CITOYEN

Si l'empereur restait ici, nous y aurions tous quelque bénéfice.

C est bien sur quoi j'avais compté ; aussi suis-je venu m installer ici. Et maintenant nous ferons de notre mieux, mes amis ; quand l’empereur va passer, nous allons l'acclamer joyeusement, lui et Apollon.

UN CITOYEN, à un autre.

Qu'est-ce que c’est au juste que cet Apollon, dont les gens se sont mis à parler tant?

LE SECOND CITOYEN

Hé, c’est le prêtre de Corinthe,... celui qui arrosait ce que saint Paul avait planté.

Page 1