L’APOSTASIE DE CÉSAR
Combats de Julian avec les Alemans jusqu’à la bataille de Strasburg. — Amm. Marcell. Livre XVI.
L’empereur Constance triomphe à Rome à l'occasion de la victoire de Julian, Julian est calomnié à la cour et accusé de lâcheté et de mollesse. — Am. M.^ivre XVII.
Julian reste à Paris, où il hiverne, proclamé de force empereur par les légions qui ont reçu l’ordre de partir. — Am. M. Livre XX.
Julien célèbre à Vienne les fêtes quinquennales et se fait saluer empereur ; apprend la nouvelle de la mort de Constantin. — Am. M. Livre XXI.
Argentoratum (Strasburg) Colonia Agrippina (Kôlln).
Ursicinus, général — [négligea d’envoyer des renforts de cavalerie à Senones où César était en quartiers d’hiver.] Scutaires. Troupes romaines.
Marcellus, général. Drabants.
N. B. L'empereur avait composé de splendides menus pour Julian. Il en supprima faisans, ventres de truies farcies, etc.
Le proconsul Arbetio, de simple soldat, était devenu général et il était soupçonné de viser plus haut par :
le gouverneur Verissimus, un braillard —
Le médecin des scut aires, Dorus, l’attaquait aussi ; celui-ci avait été chef de la conservation des œuvres d’art à Rome.
ŒUVRES DE DRESDE
[Silvanus général de l’infanterie, 129, brave homme courageux.]
Sur Marcellus, voir p. 14.
Sur Eutherius, voir 141 sqq .
L’empereur triomphe à Rome, p. 150 sqq .
Severus, général en chef, brave guerrier.
Barbatio, général de l’infanterie, est venu en renfort sur l’ordre de l’empereur avec 25 000 hommes ; n’en fait qu’à sa tête, p. 161.
Défaite de Barbatio, p. 161 et s.
Chnodomar et Vestralp, rois des Alemans, 162.
Suomar et Hortar — p. 162.
Sur Chnodomar, voir p. 163.
Discours de Julian à l’armée, 164.
La tête de Chnodomar ceinte d'un bandeau couleur feu, 169.
Sur Mederich, neveu de Chnom, et Agenaric, 169.
Severus conduisait l’aile gauche des Romains dans la bataille, 170.
Les Alemans obligent leurs princes à combattre à pied, 171.
Julian rappelle Archelaus, 174,
Les Bataves soutenus par les légions impériales s’avancent, I75*
Les cris des blessés effrayaient bien des soldats, qui reculaient, 176.
Détails caractéristiques, 177 et 178.
Sort ultime de Chnodomar, 178-181.
Le nombre et les noms des tués, 180.
Julian salué empereur, ce qu’il repousse, 181.
La jactance de l’empereur — 182 — 183. —
[Agenaric, fils de Mederich et neveu de Chnodomar, avait reçu le surnom de Serapion, voir page 169.
L’armée des Alemans comprenait 35 000 combattants, page 169.
Cinq rois, — ibid.
LES MANUSCRITS
L’étendard au dragon de Julien, page 173.
Appel de Julien aux fuyards, page 174.
Le préfet du prétoire Florentius était d'avis qu’il fallait tenter la bataille, page 165.
Severus commandait l’aile gauche, — 170].
Ier acte à Argentoratum.
2e acte à Paris.
3e acte à Vienne,
L'action se passe en Gaule. Date : 357-360.
Un manuscrit se compose de douze feuilles de quatre pages , numérotées 1 a, 1 b, 2 à 5 et 7 à 12, et contient le brouillon d'une ébauche du premier acte de la seconde partie (Julien en Gaule). Les feuilles 1 a et 7 à 12, écrites sur un papier qui n existe dans aucun autre manuscrit , ont été rédigées postérieurement. On ne trouvera dans ce n° VII que la traduction des feuilles 1605, qui sont la mise en œuvre des notes qui précèdent , et doivent dater du commencement de 1871.
PREMIER ACTE
(Paysage de forêt automnale, avec un chemin creux qui monte entre des monts rocheux abrupts. Après-midi.)
(De grandes masses de scutaires et des troupes de la garde impériale cherchent à pénétrer dans le chemin creux. On aperçoit des guerriers alamans en haut parmi les arbres. Combat, bruit d'armes et cris.)
Le tribun Laipso crie vers V avant. — Reculent-ils?
ŒUVRES DE DRESDE
Le centurion Festus. — Ils tiennent comme un mur.
Le tribun Laipso. — Dans le chemin creux?
Le centurion Festus. — Non, en haut des deux hauteurs.
Le tribun Laipso. — Il faut passer! En avant, en avant !
Le centurion Festus. — En avant ! Couvrez-vous avec vos boucliers.
Le tribun Laipso. — Quel est ce vacarme?
Le centurion Festus. — Ils font rouler des pierres sur nous.
Un soldat — Us renversent des troncs d'arbres...
Le tribun Laipso. — En avant ; il faut passer, sans quoi ils nous tournent.
Un soldat, avec un bras qui saigne . — Quelqu’un peut-il me bander le bras?
Un autre soldat. — Par le Christ,... quelle arme t’a fait cette blessure?
Le blessé. — Des dents de barbare. De l’eau, de l’eau!
Un autre soldat. — Mordu... !
Le blessé. — En convulsions; il était percé au ventre et ses intestins sortaient. Donne-moi de l’eau.
(Le chef d’armée Severus entre avec des officiers et des troupes fraîches.)
Le chef d’armée Severus, au tribun Laipso. — Que signifie cette lenteur? Ne t’ai-je pas ordonné de prendre le chemin creux?
Le tribun Laipso. — Nous nous faisons massacrer ; nous ne pouvons pas plus.
Le chef d’armée Severus. — Ta peau est intacte, pourtant, il me semble. En avant, hommes !
Le tribun Laipso. — Tu ne te moqueras pas longtemps de ma peau intacte, seigneur !
(il entre dans la mêlée.)
(Entre Julien avec sa suite.)
LES MANUSCRITS
César Julien. — Severus!
Le chef d’armée Severus. — Me voici, puissant César!
César Julien. — Ça réussit?
Le chef d’armée Severus. — Je crains bien que ce soit impossible...
César Julien. — Alors, la bataille est perdue ; ils tournent notre aile gauche et nous poussent dans les marais, près du fleuve.
Le chef d’armée Severus. — On pourrait encore, par la retraite...
César Julien. — Tais-toi; retraite? N’avons-nous pas les pires ennemis derrière nous? Les menteurs et calomniateurs de Rome ne sont-ils pas comme un mur dressé pour recevoir César en fuite? N’aperçois-tu pas le nuage de flèches empoisonnées qu’ils feront pleuvoir sur nous?
Le chef d’armée Severus. — Eh bien, en avant, au nom du Christ !
César Julien. — Ne cite pas de noms ; en avant, sous la protection des puissances célestes! (il crie) : Que se passet-il là, en avant?
Le centurion Festus. — Nos gens jettent leurs armes.
Un soldat arrive sans armes. — H n’y a pas moyen de passer ; le chemin creux est plein de cadavres.
Les soldats, de l’avant, dans le défilé. — En arrière ! Place, place !
César Julien. — Qu’est-ce que c’est,..?
Le centurion Festus. — Le chef barbare lui-même entre à cheval dans le défilé.
César Julien. — Est-ce Chnodomar?
Le centurion Festus. — Puissant César, je ne le connais pas.
César Julien. — Il a un bandeau couleur feu autour du front?
Le centurion Festus. — Non, un casque de cuivre avec des ailes d’autour.
ŒUVRES DE DRESDE
César Julien. — Alors, c’est Hortar ou bien Vestralp.
Le chef d'armée Severus. — Il gagne du terrain. César, César, sauve-toi à temps !
César Julien (se frappe le front). — Victoire sur victoire pendant trois ans,... et tout perdre en une seule bataille!... Qu’est-ce que ces lueurs vives là-bas.
Le chef d’armée Severus. — Les haches des barbares.
César Julien. — Et ces bruits sourds...?
Le chef d’armée Severus. — Les coups portés dans les dos des Romains.
Les soldats crient à l’avant : — Place! Reculez... place!
César Julien, — Oui, reculez! Les Romains reculent; les Grecs reculent ! Reculez, comme les autres ont reculé devant les Perses, là-bas. Reculez, comme vos frères ont reculé en Dacie. Reculez, comme dernièrement Barbatio a reculé dans sa honteuse campagne, où il a brûlé son butin pour se sauver plus vite.
Le centurion Festus. — L’œil de César n’était pas posé sur Barbatio ; c’est pourquoi il a reculé.
César Julien. — Jette tes insignes de centurion ; tu es tribun.
Le centurion Festus. — Ma vie pour César Julien!
Les soldats. — Vive César ! Vive le père des soldats !
Le centurion Festus. — Vive la fortune de César!
César Julien. — Ma fortune est trahie! Non par vous, mes amis, mais par des puissances hostiles. Que pouvez-vous? La longue marche vous a épuisés.
Les soldats. — Non, non !
César Julien. — Voilà déjà que le soleil baisse. J’ai envie de pleurer quand je pense à ce qui vous attend. Une dure journée de bataille désespérée,... et une longue nuit sans lune ensuite.
Le chef d’armée Severus. — César, César!
César Julien. — Pas de vivres ni de sources dans cette région desséchée...
LES MANUSCRITS
Les soldats. — C'est vrai, c’est vrai !
César Julien. — Il y a bien des provisions dans le camp des barbares,... des provisions en abondance,... du blé, des troupeaux, du miel... ; mais comment les atteindre?
Les soldats. — Avec l’épée !
César Julien. — Êtes-vous des dieux? Avez-vous un pouvoir surhumain? Avec l'épée? Quand; quand? Demain, peutêtre affamés, après une nuit sans sommeil,... tandis que l’ennemi vous attaquera ayant bu et mangé... ; oh, je vous en prie, modérez ce courage indompté !
Les soldats. — En avant !
César Julien. — Dans le camp des barbares il y a du butin, des femmes, des esclaves, de bonnes armes, un immense rassemblement de voitures. Oh, quand je pense qu'il faut renoncer à tout ce riche butin... !
Les soldats. — Conduis-nous, César !
César Julien. — Hommes, héros, frères, vous êtes invincibles et ne le savez pas vous-mêmes ! Nous pourrions vaincre maintenant... si vous le voulez. Pas par le chemin creux! Ce sont les hauteurs des deux côtés qu’il faut prendre. En avant en groupe compact, je vois les milices divines au-dessus de nous... ; les légions... si vous l'approuvez... si vous êtes maintenant disposés...
Les soldats. — Nous suivons César!
César Julien. — Eh bien, en avant... quiconque recule aille annoncer à Rome que César est resté sur le champ de bataille.
Les soldats. — Avec Dieu pour César Julien !
César Julien. — L’armée l’a voulu, Severus! Allez-y. Qui tournera le dos, qu'il soit transpercé par ceux qui le suivent.
Le porte-étendard. — En avant, ô le plus fortuné des chefs !
César Julien. — Voyez le dragon d’or à la pointe de la hampe ! Voyez l’étendard de pourpre, déchiqueté en cent bat- x. 30
ŒUVRES DE DRESDE
tailles, comme la carapace du dragon, arrachée, mais encore accrochée au corps...
Les soldats à l'assaut. — Frappez, enfoncez ; César est parmi nous.
D’autres voix. — César, César !
César Julien. — Ça se dégage en avant, comme si une digue s’était rompue.
Les Alamans. — Un dieu combat dans les rangs des étrangers.
Le centurion Festus. — Les barbares fuient ; ils jettent leurs armes!
Cris parmi les soldats. — Ils sont pris d’effroi ! Tout cède devant César !
Un soldat tombe, frappé d’un javelot. — César est grand !
Le chef d’armée Severus. — Surtout dans les voies obliques.
(Les hauteurs sont assaillies ; bruit et lutte dans le chemin creux...)
(Pays plat avec large vue sur les plaines et la ville d’Argentoratum. Le Rhin s’incurve au loin en plusieurs bras. Au premier plan, un champ de seigle plus élevé.)
(César Julien, le chef prétorien Florentius et le préfet Sallust, avec une suite et une garde, sur la hauteur du champ.)
Florentius. — Pas plus près, puissant César !
César Julien. — Vois, vois, Sallust ! Le combat s’étend sur toute la ligne... Comme le vent porte loin le son des trompes ; quels cris ; quels chocs de boucliers. L’homme grandit en de tels moments.
Florentius. — Pas plus près, je t’en prie ! Les flèches des barbares tombent dru en avant de nous.
César Julien — Le Dieu le plus haut veut que l’empire soit raffermi.
LES MANUSCRITS 467
Sallust indique un endroit. — Qu’y a-t-il... ; on dirait que le combat s'arrête.
Florentius. — Severus hésite. Pourquoi n’avance-t-il pas?
César Julien. — Les légions soufflent un peu. Maintenant on s'avance en masse. Notre aile gauche s'étend vers le nord.
Florentius. — Regarde ce chef téméraire... !
César Julien. — Un Alaman,.,. oui, oui, sans selle...
Florentius. — Ce n’est ni Hortar, ni Suomar ; on dirait un tout jeune homme...
César Julien. — C'est Serapion.
Sallust — Serapion? Un Grec?
César Julien — Non, le neveu de Chnodomar. Son vrai nom est Agenarich.
Sallust — Aha, un fils de cet artificieux Mederich, qui a été longtemps gardé comme otage à Massilia?
César Julien, — C’est cela ; il s’y est instruit des mystères grecs et a donné à son fils le nom de Serapion, Un héros, par les puissances célestes! Presque imberbe encore...; comme il manœuvre son cheval ; et quels coups il donne !
Sallust. — Les barbares semblent combattre avec plus de violence que de jugement.
César Julien. — Comme d’habitude. Si la première attaque ne réussit pas, ils s'enfuient et se rassemblent plus loin.
Florentius. — Il n’y a pas de courage chez ces hordes ; rien que haine et fureur.
César Julien. — Tu veux dire qu’il y a peu d'honneur à les vaincre?
Florentius. — Je ne voulais pas dire cela, puissant César.
César Julien. — Voilà Chnodomar lui-même qui chevauche en tête.
Sallust. — Ce gros homme avec une nombreuse troupe de cavaliers?
César Julien. — Oui, celui qui porte un bandeau couleur
ŒUVRES DE DRESDE
feu. Cinq rois et dix princes moindres raccompagnent toujours à la bataille.
Florentius — Seigneur, seigneur, la cavalerie de notre aile droite est en désordre.
César Julien. — Les imprudents! Ne les a-t-on pas avertis? Les barbares pratiquent leur vieille ruse, ils se jettent par terre comme s'ils étaient blessés, et percent le ventre des chevaux...
Florentius. — Ils fuient de tous les côtés...
César Julien. — Au secours, Florentius! Aux prétoriens d'attaquer ; va, va, tout repose sur toi.
Florentius. — Je ferai mon devoir, seigneur!
(il sort avec sa suite.)
César Julien. — Qu'admires-tu le plus dans cette bataille, Sallust?
Sallust. — Ton calme, seigneur !
César Julien. — Et où le danger te paraît-il le plus grand?
Sallust. — Je ne suis pas expert en matière militaire...
César Julien. — Mon calme, dis-tu. C'est dans notre propre camp qu'est l'ennemi. Il n'y a pas d'homme sur qui je puisse compter...
Sallust. — Oh, César !
César Julien. — Pas un en dehors de toi, bienvenue soit ton arrivée... Marcellus n'a-t-il pas retenu son armée, lorsque, cet hiver, j'étais enfermé à Sennones,... et ne m'a-t-il pas ensuite calomnié à la cour de l'empereur ?
Sallust. — Mais Silvanus, seigneur, et le vieux Severus...
César Julien. — Silvanus est très brave, mais pas un habile général. Severus tient à ses vieilles habitudes, et n'aime pas la nouvelle tactique. Mais que dire d'Arbetio, ce soldat grossier, qui s'est élevé aux plus hauts postes? Je te le dis, ses visées vont plus loin. S'il savait écrire, je croirais volontiers que c'est lui qui envoie à l'empereur ces lettres scanda-
LES MANUSCRITS 469
leuses, pleines de mensonges sur tous mes faits et gestes.
Sallust. — Seigneur... !
César Julien. — Quoi donc? Pourquoi pâlis-tu?
Sallust. — Moi, seigneur? Non, non. Vois, les prétoriens attaquent.
César Julien. — La cavalerie s'est reformée. Sais-tu que j’ai peur de la victoire?
Sallust. — Peur?
César Julien — Des présages disent que l'empire sera par moi raffermi.
Sallust. — Il le sera, puissant César !
César Julien. — Et après?
Sallust. — [Biffé : Qu'advint-il de Moïse après (mot illisible)? Qu'advint -il du prophète de Nazareth?] Après... seigneur?
César Julien. — Regarde, Florentius les assaille. Ha-ha; bien mené ! Je le déteste, Sallust ! Sais-tu qu'il médite ma chute?
Sallust. — Oh, ne crois pas...
César Julien. — C'est lui qui a conseillé de livrer bataille aujourd’hui. Si je m'y étais refusé, il m'aurait accusé de lâcheté...
Sallust. — Et pourtant il lui faut vaincre pour toi, seigneur...
César Julien. — Il vise au delà de la victoire...
Sallust. — Que veux-tu dire?
César Julien. — Ce n'est pas la première fois qu'un chef des prétoriens met la main sur la couronne impériale...
Sallust. — Seigneur, seigneur, les barbares sont sur notre arrière !
César Julien. — Les barbares? Où ça?
Sallust. — Ces hordes avec des têtes d'animaux sur leurs têtes.
César Julien. — Ce sont les Bataves, nos alliés. Ha, regarde... l'ennemi se prépare à fuir...
ŒUVRES DE DRESDE
Sallust. — Où, noble César?
César Julien. — N’entends-tu pas ces cris...
Sallust. — Oui, oui, ils s’assemblent autour de Chnodomar et de sa suite.
César Julien. — Ils forcent les princes à descendre de cheval et à combattre à pied ; c’est leur habitude en cas de péril extrême ; c’est pour que les princes ne les lâchent pas...
Sallust. — Ils sont repoussés de plus en plus vers les marais...
César Julien crie : — En avant les Cornutes, hastaires et fantassins légers!... Vois-tu, Sallust, là-bas les Braccates poursuivent ceux qui reculent. Rien que leur allure inspire l’effroi. As-tu déjà entendu leur cri de guerre? C’est d’abord un vague murmure, qui monte et monte jusqu’à ressembler au bruit des vagues sur la côte.
Sallust. — Les flèches tombent dru comme d’un nuage de grêle ; on se bat à l’épée, corps à corps (il est mal à son aise.)
(Les Cornutes passent allant à la bataille.)
César Julien. — En avant, braves gens, que votre courage lave la honte dont l’armée s’est couverte ailleurs. Si nous ne sommes pas vainqueurs, malheur à moi qui ai tant hésité à prendre la dignité de César.
Sallust. — Les Alamans reculent de plus en plus. Ils sont plus forts et plus grands que les nôtres, et pourtant ils sont forcés de céder...
César Julien. — La cavalerie leur coupe l’accès des bateaux. En avant ; poussez... le fleuve est notre allié... les marais les engloutissent, la nuit les frappe d’aveuglement... terre, eau et ciel combattent pour l’empire... (tous sortent.)
(Terrain marécageux près du fleuve. Quantité de grands roseaux dans l’eau. Soir.)
LES MANUSCRITS
(Les Alamans sont en fuite; ils descendent, seuls et par groupes, et se jettent à l'eau. Severus entre avec des troupes.)
Severus. — Pas plus loin ! L'armée a fait sa besogne. Le fleuve fera le reste.
César Julien. — Victoire immense, Severus! Enceinte de chariots, camp, tout est à nous...
Severus. — Plus de six mille ennemis couchés sur le champ de bataille...
César Julien. — Mais des nôtres?
Severus. — On ne peut le dire encore. Le chef des Bataves est tombé.