P. 121, 1. 30. — Pr. J. — Où? Où
M. — Sur terre, ou parmi ceux qui ne sont pas nés... je ne sais pas...
Pr. J. — Mais il faut que je le sache, je veux le savoir ; tout dépend de cela seul. (Il écoute.) Quel bruit et quels cris... debout... on envahit la maison...
M. (bondit). — On massacre tes serviteurs! Fuyons!
Pr. J. — Sois tranquille, Maximus, aucune violence ne peut m’abattre.
Le majordome Eutherius venant de gauche. — Seigneur, seigneur...
Pr. J. — Que signifie ce bruit...
Euth. — Des étrangers pénètrent de force... ils... ils viennent... les voilà...
Le préfet Sallust (avec plusieurs hommes armés). — Pardonne, mon très gracieux seigneur...
Pr. J. — Que vois-je! Toi, Sallustius, ici à Éphèse...
Pr. Sall. — Je viens par ordre de l’empereur...
Pr. J. — De l’empereur?... Et tu entres de force dans ma maison...
Pr. Sall. — On ne saurait apporter trop vite un si grand et heureux message...
Pr. J. — Parle, parle... quel message apportes-tu...
Pr. Sall. — Mon haut seigneur... je te salue César...
Pr. J. — César! Quelle folie dis-tu!
Pr. Sall. — J'apporte l’ordre de l’empereur.
Pr. J. — Moi, moi... César... oh, où est Gallus...
Pr. Sall. — Oh, ne le demande pas.
Pr. J. — Où est Gallus... parle, parle...
Pr. Sall. — Tombé par suite de ses actions...
Pr. J. — Banni... en disgrâce... parle...
Pr. Sall. — Oh, épargne-moi... gracieux seigneur...
Pr. J. — Parle, te dis-je... où est Gallus...
Pr. Sall. — Exécuté...
Pr. J. ■ — Assassiné... assassiné...
Pr. Sall. — Exécuté... à Pola... c’était la volonté de l’empereur.
Pr. J. — Le douzième... le dernier... non... moi, moi...
Pr. Sall. — Ne te laisse pas accabler par le chagrin... Il tramait de secrètes intrigues...
Pr. J. — Oui, oui, je sais... je connais ça par cœur...
Pr. Sall. — La volonté de l’empereur est juste...
Pr. J. — Assassiné... exécuté... attiré là-bas avec une pompe impériale, avec des promesses et d'humbles paroles... et puis assassiné...
Pr. Sall. — Heureusement pour toi ; ce furieux ne t’aurait pas épargné...
Pr. J. — Oh, que je suis effroyablement seul...
Pr. Sall. — Veux-tu te couvrir...
Pr. J. — Rouge du sang de mon frère...
Pr. Sall. — Il arrive tout neuf de Sidon...
Pr. J. — De Sidon... la pourpre... la vision d’Apollinaris...
Pr. Sall. — Ton cousin l’empereur te l’envoie, il te souhaite bonheur et succès... sa volonté est que tu partes en Gaule... ses paroles ont été que par Julian l’empire sera consolidé...
ŒUVRES DE DRESDE
M. — L'empire consolidé...
Pr. J. — L'empire... l'empire... c'était là le sens...
Pr. Sall. — Comment, puissant César...
Pr. J. — Les puissances invisibles ont annoncé mon élévation, nobles seigneurs.
Pr. Sall. — Bénis soient les bons présages ; prends donc la pourpre...
Basil de Césarée entre à droite . — Ne la prends pas 1
Pr. J. — Te voilà revenu?
Basil. — Le bruit a couru dans l'auberge de ce qui se passe ici... ne prends pas la pourpre ; pour Dieu le Seigneur, ne sois pas César.
Pr. J. — Qu'est-ce qui t'inquiète?
Basil. — Ce qui arrivera...
Pr. J. — Par moi l'empire sera consolidé.
Basil. — L'empire de Dieu?
Pr. J. — L'empire de l’empereur.
Basil. — Est-ce cet empire-là que tu avais en vue...
Pr. J. — L'autre reste derrière moi comme un rêve...
Basil. — Le paradis que tu voulais chercher...? la race tombée, que tu voulais relever... Julian, écoute,... elle, je te l'offre...
Pr. J. — Makrina!
Basil. — Elle acceptera ; elle le fera, car elle est bien disposée pour toi...
Pr. J. — Oh, Basilius, si je pouvais...
Basil. — Pouvais? Un homme peut ce qu'il veut...
Pr. J. — Mais il veut ce qu'il doit... adieu... adieu... allons chez le préfet... messieurs...
Cris a l'entrée. — Place, place pour le César Julian î
LES MANUSCRITS
Notes prises presque sûrement en janvier 1871, au moment de commencer la rédaction de la seconde partie ( Notice , p. 458 J .