LE GARÇON ET LE DIABLE
[Folke-Ev., II, p. 135).
Il y avait une fois un garçon qui marchait sur une route et cassait des noisettes ; il en trouva une pourrie, et à ce moment il rencontra le diable.
— Est-ce vrai, ce qu’on dit, demanda le garçon, que le diable peut se faire aussi petit qu’il veut, et passer par le trou d’une aiguille?
— Oui, dit le diable.
— Oh, fais-moi voir ça, et fourre-toi dans cette noisette, dit le garçon.
Et le diable le fit. Lorsqu’il se fut bien recroquevillé et fut entré par le trou de ver, le garçon y mit un bout de bois.
— Je te tiens maintenant, dit-il, et il le mit dans sa poche.
Plus loin sur la route il arriva devant une forge ; il y entra,
et pria le forgeron de bien vouloir lui casser la noisette.
— Ce sera vite fait, répondit le forgeron, qui prit son plus petit marteau, posa la noisette sur l’enclume et frappa, mais la noisette résista.
Il prit alors un marteau un peu plus grand, mais celui-là non plus n’était pas assez lourd ; il en prit donc un encore plus gros, mais qui ne suffit pas davantage, et le forgeron se mit en colère et saisit le grand martinet.
-Jet’ écraserai bien tout de même, dit-il, et il frappa de toutes ses forces ; et la noisette fut en miettes, si bien que la moitié du toit de la forge fut emportée, et il y eut un fracas à croire que la maison allait s’écrouler.
— Il faut que le diable ait été dans la noisette, dit le forgeron.
— C’est bien ça, il y était, dit le garçon.