P. II7, 1 . II. - P. I
P. 173.1. 7. — P. 174,1. 14 - P. 174, 1 . 21. Vers réduit à :
« Les cloches au fjeld ! »
ŒUVRES D’ITALIE
P. 282, 1 . i-rr.
P. 325, 1 . 7-17 et 1 . 22.
P- 344. 1 - 5 - 12 . et 1. 18-25.
P. 346. 1 . 4-5, et 1 . 10-23.
NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS
Abréviations usitées dans ces notes :
H. Ev. — P. Chr. Asbjômsen, Norske Huldre-Eventyr og Folkesagn^ 187c.
F.Ev.yl, —P. Chr. Asbjômsen et JôrgenMoe, Norske F olke-Eventyy^ 1867.
F. Ev,y II. —P. Chr. Asbjômsen, Norske Folke-EveniyVy ny Samlingy 1871,
Log. — H. Logeman, A Commentary, critical and explanaiory on tke norwegian text of Henrik Ibsen’s Peer Gynt^ its language^ liierary assodations and folklore^ 1917. (Les références à d'autres travaux du même auteur seront indiquées sans abréviations.)
P. P<?, 1 . 13. — A Vouest de Gendin. — La crête de Gendin (i 800 mètres au-dessus de la mer) est située dans le Jotunheim entre le lac de Bess (i 380 mètres) et le lac de Gjende (i 010 mètres), et ses escarpements sont presque à pic des deux côtés. Ibsen n'y est jamais allé, et sa description n’est pas du tout exacte, en sorte que, pour qui connaît l'endroit, le mensonge de Peer est évident (Henrik Jseger, Henrik Ibsen^ p. 206). Le récit qui suit est emprunté à Asbjômsen (V. Appendice 2, p. J 32), où Thistoire est attribuée à Gudbrand Glesne, nommé plus loin par Ibsen.
P. 102y 1. 20. — effrontéy littéralement : forgeur de contes. C'est l'expression même dont se sert Asbjômsen pour caractériser Peer Gynt à la fin de son récit (V. p. 432).
P. /07, 1 . 7. — boisseaux : mesure ancienne de 17 litres environ.
L. 18. — Oü sont les neiges d’antan? Ibsen a sans doute pris l'expression dans Ivar Aasen, Norske Ordsprogy p. 8.
P. loSy 1 . 2. — Son sol est semé de sel. On répand du sel dans les jar-
ŒUVRES d'iTALIE
dins pour empêcher la croissance des mauvaises herbes (V. Log.> pp. 16-18).
P. 106^ 1 . I. — Chez woMs, tu t’assieds dans Vôtre. Aase caractérise ici son fils comme un Cendrillon (Askelad)^ personnage masculin, fréquent dans les contes populaires norvégiens, et qui finit souvent par obtenir a la fille du roi et la moitié du royaume ».
L. 13. — A Lunde. Le nom, qui signifie petit bois, bocage, est assez commun ; A. Paye, dans ses Norske Sagn (p. 161), parle d'un forgeron qui vit à Lunde, et Asbjômsen {Huldre Ev., p. 68) parle d'une famille Lunde, où il y avait autrefois une femme qui s'appelait Aase. Mais comme l'observe Logeman (p, 23) ce sont là sans doute de simples coïncidences.
P. ^^5, 1 . 23. — lui jetant une motte d’herhe. Le toit est couvert d'herbe qui pousse dans la terre étalée sur des couches d'écorce de bouleau; la terre y est maintenue à la fois par l'herbe et les pierres que Per, cinq vers plus loin, recommande de ne pas arracher. Les toits ainsi construits étaient d'un usage courant, et l'on en construit encore.
P. 7 /d, 1 . 12. — disparu...^ littéralement : « soufflé hors du monde comme un enfant-substitué » (bytting). L'expression (qui ne se trouve pas dans le manuscrit de travail) est empruntée par mère Aase au folklore. Les trolds avaient le plus souvent des enfants très laids, dont ils ne demandaient qu'à se débarrasser, ce pourquoi ils les échangeaient contre de beaux enfants d’hommes qu'ils volaient (H. Ev., p. 15).
P. 777, 1 . 18. — si haut située? Littéralement : « si haut sur paille? » L'expression (( être haut sur paille » est courante pour dire familièrement : 0 être dans une haute situation ».
P. 7/9,1. 10. —• chargés^ et 1 . 23, avec des paniers de provisions, — Les paysans invités à une noce apportent en cadeau des victuailles.
P. 720 , 1. 16. — montée sur un balai. La sorcière à cheval sur un balai est rare dans le folklore norvégien. Ibsen en a rencontré pourtant chez Asbjômsen (Huîdre-Ev.^ « les récits du fossoyeur ») une série d'exemples.
P. 72 7 ,1 , 9. — Le prince d’Angleterre, Dans F. Ev.^ I, p. 132, la petite Aase, gardeuse d'oies, est bien sûre qu'elle aura le fils du roi d'Angleterre, et finit, enTeffet, par l'avoir.
L. 29. — Ensorcelé. Littéralement : « pris dans la montagne » (en un
NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS
seul mot). Expression du folklore norvégien. C*est ce qui arrive à Per Gynt au second acte lorsque la femme en vert Tentraîne chez le roi de Dovre. Ibsen avait lui-même publié, d’après Peter Fylling, l’histoire d*un paysan ainsi ensorcelé (t. V, p. 523).
P. 123^ 1. 19. — Le halling^ danse paysanne du Hallingdal, fort violente (décrite dans le roman de Johan Bojer, Liv^ traduit sous le titre Les nuits claires^ pp. 60-62).
P. J 24^ 1 . I. — Vintendant. Homme chargé, dans une noce, de recevoir les invités et de veiller au bon ordre. Ses fonctions sont décrites dans le roman de Johan Bojer, Dyrendal^ 3e partie, chap. iv.
L. 21. — Haut est le plafond... Les danseurs de halling s’efîorçaient de sauter assez haut pour toucher du pied aux solives. Mais on est ici en plein air.
P. ^27, 1 . 12. — Hedal. Ibsen ne paraît avoir eu aucune raison pour prendre ce nom, que portent deux vallées.
P. 128^ 1. 3. — dans un mouchoir. Porter ainsi le psautier en allant à Téglise était autrefois Tusage (Log., p. 48).
P. i32y 1 . 11-12. — Je sais évoquer le diable. Il y a toute une série d’histoires d’exorcisme dans « Les charretiers de charpente » (H. Ev.y p. 200). Mais Ibsen a surtout pensé au conte « Le gamin et le diable », dont Per se souvient trois vers plus loin. Ce conte est dans Asbjômsen et Moe, Folke-Ev.y I, p. 135, et Ton en trouvera la traduction dans l’appendice, p. 438.
P. i35y 1 . 27. — le vêtement qui vous rend invisible. Il est question du chapeau qui rend invisible dans le conte « Le Compagnon 1, qui est traduit dans Chr. Asbjômsen et Jôrgen Moe, Contes norvégiens. 11 en est aussi question dans l’un des récits groupés sous le titre : Une soirée dans la cuisine du propriétaire », {H. Ev.y pp. 45-46).
P. ^Jé*, 1. 8-13. — c*est un homme pieux! Il va^ penchant la tête... Est-il piétiste. Les piétistes, ennemis de tous les plaisirs qu'ils estimaient inspirés par le Malin, étaient désignés par divers sobriquets, par exemple de stillCy littéralement les gens placides; un bigot était un IcBser^ littéralement un liseur, ce qui vient sans doute de l’expression « lire avec le prêtre », pour dire qu’on suit les leçons préparatoires à la confirmation ; et les piétistes allaient volontiers la tête penchée. Asbjômsen, par
ŒUVRES D'ITALIE
exemple, parle (H. Ev,, p. 330) d'un « Per-liseur », qui avait « Talluife et les gestes habituels des têtes penchées ».
L. 21. — Je sautai me transformer en troîd. Les métamorphoses sont nombreuses dans la mythologie et le folklore Scandinaves. Chez Asbjômsen on voit un trold se transformer en un notable de Kristiania (H. Ev.y p. 15), ou bien un homme se changer en toute sorte d’animaux ou même en bague (Bonde Veirskjæg, dans F. Ev,, II). Mais je ne connais pas d’exemple d’homme qui se fait trold,
P. 1. 5. — Aase et moi. Les exemples de cette façon de se désigner soi-même ne sont pas rares chez Holberg.
P. 142^ 1. 10, — Une histoire d’enlèvement de mariée se trouve dans « Un samedi soir au chalet » {H. Ev,^ pp. 151-162), et Ibsen s’est sans doute souvenu qu’un tel enlèvement était projeté, quoique non réalisé, dans « Les Noces de la Houldre » de Botten Hansen {Andhrimmer^ 3« trim., col. 130).
P. 152^ l. 18. — Trois filles de chalet!, — C’est ici l’unique épisode précis emprunté ou conte d’Asbjôrnsen sur Peer Gynt pour le plan primitif de la pièce, — la rencontre avec le Grand Courbe n’ayant été introduite que plus tard. Encore cet épisode est-il beaucoup plus proche d’un autre récit d’Asbjômsen, dont la traduction est donnée dans l'appendice, p. 433.
Il est clair, d’ailleurs, que l’histoire des trois vachères a été ajoutée arbitrairement à la légende de Peer Gynt. Elle provient des chalets de Hôvringen, à l’est des Rondanes, comme le montrent les noms des troids et le croquis pris par Asbjôrnsen sur son carnet (V. Frik Hougen, a Autour du voyage d’Asbjôrnsen dans le Gudbrandsdal en 1842 » dans Edda, xxxv).
P. 154y 1 . 14. — Ce samedi soir. L'isolement des chalets de pacage offrait de grandes facilités aux jeunes paysans pour faire la cour aux vachères, et c’était surtout le samedi soir qu’avaient lieu les rencontres (lôrdagskveldsfrieri ).
P, iS7y 1 . 24. — Une femme en vert. Dans les contes norvégiens, les femmes, parmi les » êtres souterrains » (unterjordiske) sont souvent habillées en vert. Dans le récit qui suit immédiatement l'histoire de Peer Gynt, on en voit quatorze qui viennent trouver Jens Klomsrud dans son chalet (H. Ev.^ p. 196).
NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS
Diaprés Andréas Faye, Nofske Sagn^ 1833, p. 42, cette couleur est particulière aux houldres du Hardanger, tandis qu'ailleurs elles seraient en bleu.
P. 1 . 5* — jamais je ne te tirerai les cheveux. — Log. (p. 85) pense que Peer Gynt se doute de la vraie nature de la femme qu’il a rencontrée ; c’est pourquoi, fort instruit dans les contes, et sachant qu’une telle femme-trold peut être une épouse très soumise, mais peut aussi montrer une dangereuse force de résistance, si elle est mal traitée, promet d’en user avec elle avec douceur.
L. 17. — Le roi de Dovre. Sa fille l’appelle roi parce que le titre lui paraît flatteur. Il sera ensuite appelé le Vieux de Dovre, ce qui correspond mieux à son allure débonnaire. D’ailleurs d’autres grands trolds sont appelés rois : ainsi le roi d’Ekeberg {H, Ev,, p. ii). — Le nom de Dovre désigne une région montagneuse située au nord des Rondanes, qui sont elles-mêmes au nord de la région habitée par Peer Gynt. Ibsen n’y était pas allé, il en avait tout au plus aperçu les cimes de très loin, et il a rapproché Dovre de Peer Gynt en prenant au sens large ce nom qui désigne parfois une région plus étendue, englobant les Rondanes, où il place la demeure du Vieux de Dovre. La raison qui a fait choisir à Ibsen le nom de Dovre est évidente, sans que l’on ait besoin de recourir à la légende d’un géant (jotun) qui le portait, et qui fut le père nourricier de Harald Haarfager. Il est probable qu’Ibsen ne connaissait cette légende que sous la forme que lui a donnée Snorre (Halvdan Svartes Saga, 8 ), où le géant Dovre est remplacé par un Finnois anonyme. Les monts de Dovre, ou Dovre tout court, avaient toujours joué un grand rôle dans la littérature norvégienne, sans doute à cause de leur situation centrale et de leur importance comme carrefour des grandes voies de communication. Dovre était devenu un symbole de la Norvège, et vers le commencement du siècle, ce symbole s’était précisé par les épithètes fréquentes de « inébranlable », « fier », « fidèle ». Il est clair que le nom de Dovre s’imposait à Ibsen, car il résumait pour lui précisément les vertus qu'il déniait à la Norvège, et c’est pourquoi, dans ses brouillons, il voulait d’abord placer au commencement de sa grande scène une parodie du poème patriotique de J. Nordal Bruun For Norge^ kjampers fôdeîand^ dont lui-même avait si souvent employé le rythme. On peut lire l’étude que Francis Bull a publiée sur c Dovre dans la légende et la littérature » dans son livre Studier og Streiftog i norsk literatur^ et l’on verra qu’Ibsen
ŒUVRES D’ITALIE
devait naturellement placer dans les monts de Dovre le père de la femme en vert, La valeur symbolique de ce nom était si bien connue que le Danois H. C. Andersen, dans son conte ironique « La Colline des Elfes », publié en 1845 (H. C, Andersens Eventyr^ éd. Hans Brix et Anker Jensen, II, p. 165), avait fait inviter par le roi des Elfes danois le « Vieux trold de Dovre » comme représentant typique de la Norvège.
L. 25. — Le roi Brose, Paraît être un nom inventé par Ibsen, pour rimer avec Aase (aa se peononçant comme notre au).
P. ^ 59 , 1 . 22-23. — point de te croire... L'idée que
les belles apparences, chez les trolds, cachent les réalités les plus vulgaires, est essentielle dans la grande scène de Dovre. Elle se trouve à maintes reprises dans les contes. Particulièrement les victuailles appétissantes qu'ils apportent dans les chalets, lorsque l'un d'eux veut épouser une vachère, se révèlent dégoûtantes, après qu'ils ont été chassés. Ce n’est que bouse de vache, crapauds, etc. (H. Ev.^ p. 32, p. 34, etc.). Un jeune dragon s’éprend d'une houldre qu'il trouve ravissante, mais aussitôt qu'il a tiré le coup de feu rituel au-dessus de sa tête, « elle devient aussi laide qu'elle avait été jolie, et a un nez long comme la crosse du pistolet » (i/. Et;., p. 51). Déjà, dans Olaf Liljekrans (t. IV, p. 276), Ibsen avait parlé du superbe trésor d’un « roi du coteau », qui n'est plus que paille et gravier, dès qu'on le touche.
P. /do, 1. 13. — un énorme cochon. — Ce cochon paraît être une invention d'Ibsen. La Société des Étudiants avait créé un ordre de chevalerie qui s'appelait l'ordre du cochon. Hans Eitrem voit dans cet épisode une parodie du poème de Welhaven, «Ejvind Boit», où la houldre entre dans le roc sur un renne blanc comme neige, et cela encore marquerait combien Ibsen s'est éloigné du romantisme, et de Welhaven, à qui, peu d'années plus tôt, il rendait hommage (Samtideny xix, p. 619,)
P. 161 J 1 . I. — La salle royale du Vieux de Dovre. — On ne peut guère douter qu'Ibsen a pensé, en écrivant cette scène, à celle que Botten Hansen a située dans « une salle de la montagne du Jutul ». Je ne pense pas que celle-ci ait suggéré celle-là, car Ibsen était trop logiquement amené à faire comparaître Peer Gynt devant le Vieux de Dovre, bien qu'il n'y eût pas pensé dans son plan primitif, mais aussitôt l'idée de la scène acquise, le rapprochement a dû se faire dans son esprit. La scène
NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS
de Botten Hansen s'imposait beaucoup moins dans Les Noces de la Houldre^ où elle a été introduite surtout par imitation de « la nuit de Walpürgis », tandis que tous les détails de la cour de Dovre se réfèrent beaucoup plus exclusivement au folklore norvégien. H. Logeman (p. 94) observe avec raison que, dans les représentations de Peer Gynt, on ne marque pas sufi&samment, en général, le double caractère des personnages de la cour de Dovre, dont les uns sont d’énormes trolds, et les autres des gnomes (tomteguhber^ kougfolk)^ et il annonce (en 1917) une étude sur la portée que pouvait avoir dans Tesprit d’Ibsen la réunion de ces deux catégories d’êtres. Malheureusement je ne connais pas son étude, si elle a paru, et cette réunion me paraît toute naturelle, sans que l’on ait besoin d’y voir des intentions déterminées. Quant au terme de Œ Vieux de Dovre » (Dovre guhhen)^ il exprime parfois « le vieux », dans un sens familier et plutôt sympathique, et dans certaines provinces il désigne le propriétaire d’une ferme, « le patron ». Dans Edda^ xiv, p. 159, Moltke Moe donne de son emploi dans ce sens particulier quelques exemples, et en ajoute un en note, qui ne provient pas de ces provinces, et qui doit être pris, par conséquent, dans le premier sens. C’est une légende où il est question d’un Jutul^ c’est-à-dire d’un trold de Skul, « qu’on appelait Skulguhhen », Or, Ibsen connaissait bien cette histoire, qui se trouve dans Asbjômsen (H, Ev., p. 251). Avec ou sans souvenir de ce détail, il lui était, d’ailleurs, plus naturel d’employer le mot gubbe dans un sens général qu’avec une acception répandue dans des régions (Ôsterdal et Trôndelag) où il n’avait pas circulé. H. Logeman et Moltke Moe et P. L. Stavnem (Sproglige og historiske Afhandlinger viede Sophus Bugges MindCy p. 100) pensent qu’Ibsen a surtout pensé au conte d’Andersen cité plus haut (note pour la p. 34), où Thôte du roi des elfes danois est appelé troldgubben fra Dovre. Ibsen connaissait sûrement ce conte, écrit avec une intention satirique analogue à la sienne, mais beaucoup plus souriante, et il a dû se le rappeler en écrivant sa scène. Or, Andersen a certainement employé le mot gubben dans le sens passablement rendu par le « Vieux ». Je ne crois pourtant pas qu’Ibsen ait eu besoin de la suggestion d’Andersen pour désigner ainsi son trold, pas plus que pour le situer à Dovre. Les deux lui étaient trop naturels.
P. 162^ 1. II. — et le royaume comme dot. — La formule courante à propos de tous les Cendrillons ou autres héros que Ton rencontre dans
T. VIII
ŒUVRES D'ITALIE
les contes est : « la fille du roi et la moitié du royaume. » V. par exemple, dans les Contes norvégiens, trad. Pineau, pp. 8i, 130, 162 et 163.
P. J 63, 1. 12. — C*est comme chez nous. — C'est littéralement la phrase que Chilian répète seize fois dans Ulysses von ïihacia de Ludvig Holberg (acte II, scène 2).
P. 164, l. 9. — Us mœurs simpUs... — Ce passage est une critique du nationalisme économique étroit des paysans norvégiens (V. Tlntroduction, t. I, p. xxvi). Ibsen visait là Wergeland, et Vinje, et des députés paysans, comme Jaabæk, qui n'avait pas voté sa pension de poète.
L. 10. — à boire et à manger. — Faire boire une boisson enchantée était pour le trold un moyen constant de fixer chez lui l'hôte humain dans les chansons populaires dont Ibsen s'était beaucoup occupé. V. par exemple, la chanson « Sire Byrting et la femme-elfe » dans le recueil de Landstad, p. 456. Mais ici l'acte prend un sens assez différent.
L. 24. — CUst écrit. — Écrit par Holberg [Jeppe du Mont, I, 5).
P. 16s y 1 . 10. — le nœud de soie de la queue. -— La queue de la houldrc avait déjà été mentionnée par Ibsen dans La Nuit de la Saint-Jean (t. III, p. 304, et aussi dans le conte « Lars Medlid » qu'il avait publié en 1862 (t. V, p. 523).
p. i6Sy 1 . 19-20. — Je t'égratignerai à l'œil gauche, un peu. — Cette idée provient directement d'un passage d'Asbjôrnsen (H. Ev., p. 36), où un trold appelé le roi Haaken va épouser une fille de pacage. Loisqu'elle est parée pour la noce et que tout est prêt, une des demoiselles d'honneur dit : « Eh bien, il ne reste plus qu'à lui gauchir les yeux » {vftsnge, littéralement : tordre). Malheureusement l'opération n'est pas décrite, parce que le vrai fiancé de la fille intervient à ce moment,
P. 16g, 1. 16. — Si ton œil te scandalise, arrache-le. (Évangile selon S. Mathieu, V, 29).
P. 171,1. 14. — qu'elle était l’objet de ton ardent désir. — H. Logemû® (p. 9 - raison de citer ici l'évangile (Mathieu, V, 28) : « Mais moi je
vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter, il a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur. » Il cite ensuite deux exemples, dans les contes, de femmes engrossées par un simple désir, mais ce sont des exemples qu'Ibsen n'a pas connus. L’idée de cette forme de cofl* ception paraît bien être de son invention.
NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS
P. 1. 2-3. — •Au grand duc et à V aigle! Jeu du loup!,.. — Avec toute sa science folklorique et l’aide de ses correspondants, H. Logeman n’a pu trouver trace de ces jeux de trolds, qu’Ibsen a évidemment inventés.
L. 9. — Il veut monter dans la cheminée. — V. entre autres, l'histoire de Peer Gynt, p. 430.
P. 174^ 1. 19. — cloches d'église. — Faire sonner les cloches était le moyen constant auquel avaient recours les paysans, lorsqu'ils voulaient rappeler une personne disparue qu’ils croyaient retenue par les trolds dans leurs montagnes. Les exemples sont très nombreux. Ce sont les cloches qui font revenir Margit Hjuxe dans une chanson de Landstad que j’ai traduite (t. IV, p. 536). Welhaven s’était servi de ce motif dans « Eyvind Boit », et c’est, naturellement « avec des chants pieux et jeux de cloches » qu’Ibsen avait fait partir la mère d’Olaf Liljekrans à la recherche de son fils (t. IV, p. 200).
L. 23. — tout disparaît. Il suffit d’invoquer le nom du Christ pour que les trolds disparaissent soudain, par exemple, sous forme de pelotes de fil qui roulent (Asbjôrnsen, Huldre-Ev.^ p. 34). Ou bien un coup de feu tiré au-dessus de la tête du trold principal produit le même effet; il arrive même que le roi trold soit tué, mais dans ce cas, les autres emportent le corps {ibid.^ p. 36). Je ne crois pas, toutefois, qu'il y ait d’exemple de pareille disparition au simple bruit des cloches.
B. ^ 75 , l. 28. — Le Grand Courbe. Le mot norvégien est Bôjgen^ où l’on reconnaît le même radical que dans le verbe allemand beugen. Ibsen a pris ce personnage dans le conte d’Asbjôrnsen sur Peer Gynt
P. /7<?, 1 . 4. — Bruit d’ailes de grands oiseaux. Les femmes-trolds prennent volontiers la forme de grands oiseaux, et ce sont parfois des femmes dont personne ne soupçonnait la vraie nature, comme on le voit chez AsbjÔmsen (Huldre-Ev.y pp. 115-116 et 355-359).
P. ^^5, 1 . — le prêtre. — Log., p. 147, fait observer qu’il s’agit
d’un pasteur protestant, et dit qu’il ne faut pas le désigner par un mot qui s’applique à un ministre catholique. Mais le terme norvégien cérémonieux est pastoVy et Ibsen emploie naturellement ici l'expression plus courante, qui est prest. Comme d’ailleurs, « prêtre », en français, peut
ŒUVRES ©‘ITALIE
désigner un ministre de n’importe quelle religion, je Tai cru préférable au trop officiel « pasteur w.
P. iS6^ 1 . 9. — la monnaie du roi. — Le texte a : « la monnaie de Kristian ». Il s’agit de Kristian VII, roi de 1766 à 1808, sous le règne de qui, en effet, a dû s’écouler l’enfance du Peer Gynt d’Ibsen. Le vrai Peer Gynt est antérieur.
P. 1. 6-7. — Cornes de renne sur la porte. V. le conte de Peer Gynt, p. 429.
L. 13. — boucs de nisses. — Le texte a nissebukke^ nisses-boucs. Je croirais volontiers, avec un correspondant de H. Logeman (p. 149) que l’apposition bukke indique simplement qu’il s’agit de nisses mâles, cette apposition ayant souvent ce sens.
L. 24. — Tu m'as appelé. — Peer avait dit seulement à Helga : « priela de ne pas m’oublier », et le manuscrit de travail a ici : « Je viens non priée ».
P. /p2, 1. 4. — Offre à boire à ton père. — V. le conte traduit p, 437. {H. Ev.y pp. 31-33). Une autre histoire d’enfant ainsi engendré se trouve dans le même recueil, pp. 97-98.
P. 163^ 1. 1-2. — le diable m'a tenu le dos. — De même dans H. Ev.y p. 121. Mais, comme l'observe Log., p. 155, l’idée que c’est l’intervention du diable qui a rendu laide la femme en vert est d’Ibsen.
P. 201^ l. 17-19. — Château à l'ouest de la lune... — Il existe un conte « A l’est du soleil et à l'ouest de la lune » (jF. Eu., II, p. 203), qui est une forme norvégienne de l’histoire de Psyché ou de « la Belle et la Bête », et un autre conte « Le château de Soria Moria » (ibid., p. 117), où un Cendrillon délivre trois sœurs tenues captives par trois trolds. Mais aucun de ces deux contes n’a de rapport avec le récit que Peer Gynt va inventer, sinon le fait qu’ils renferment tous deux la description de chevauchées fantastiques. Peer Gynt a l'idée de dire un conte, et en cite un au hasard : c’est « A l’est du soleil et à l’ouest de la lune » qui Im vient à l’esprit, sans doute parce que le titre lui plaît, et il ajoute « Le château de Soria Moria », peut-être parce qu’il y est question d’un château, comme dans le premier ; puis il commence à raconter une course éperdue, en voiture, — puisqu’il emmène sa mère ; et comme il pense à la mort prochaine, la course finit par les conduire à la porte du Paradis.
NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS
P. 204^ 1 . 10. — Saint Pierre est là sur le pas, — Les contes montrent parfois saint Pierre circulant sur la terre, accompagnant Notre-Seigneur (F. Fv., II, p, 6 et p, 92). Mais Taccueil de Saint Pierre à la porte du Paradis provient presque sûrement du premier acte de la « comédie apocalyptique » de J. L. Heiberg, Une âme après la mort.
L. 21. — feue la doyenne. Ibsen avait d'abord écrit : « la Vierge Marie », qu'il a corrigé déjà sur son manuscrit de travail. H. Logeman observe (p. 166) qu'il pouvait s'autoriser des contes (« La Vierge Marie sagefemme », F. Ev.y I, p. 34), mais que k évidemment il ne voulait pas risquer l'expérience un peu audacieuse de lui faire ofîrir à un mortel du café et des gâteaux ».
P. 208^ 1, 8-g. — V. Eberkopf et Trumpeterstraale. « Tête de cochon » et « éclat de trompettes ». Master Cotton (sic). On trouvera d'autres bévues d’Ibsen, fort ignorant en anglais, telles que Werry welî (1, 21) et Sir Gynt, qu'il n'a pas corrigé. Celle-ci est une double bévue, parce que le prénom manque et parce que le titre serait américain.
P. 2oç^ 1. 20. — Ej wass, — C'est l'exclamation allemande A ch wass à demi traduite en norvégien, ou plutôt en danois, comme l’observe Ix)g.
P. 2/0,1. 20. — Ces diantres de nobles! — Le texte est :Dîssg adelstroll! mais j'ai cru devoir éviter dans la traduction le mot troll^ employé ici dans un sens figuré, en sorte qu'il ne s’agit pas de folklore.
P. 2/5, 1. 6. — qui sépare les boucs des brebis. — L'expression a été sans doute suggérée à Ibsen par le souvenir du peintre danois Lars Hansen, qui considérait Thumanité comme composée de deux espèces distinctes, les moutons et les boucs (V. t. VII, p. 76.). Ce doux maniaque a dit plus tard à Mme Ibsen que les boucs avaient des manuels de leur doctrine particulière, et qu'elle devait bien savoir que Peer Gynt était l’un des plus récents de ces manuels (L. Dietrichson, Svundne Tider^
I, p. 346). H. Logeman (p. 181) observe d'ailleurs que la distinction des brebis et des boucs provient de la Bible (Mathieu, xxv, 32-33), où
J. L. Heiberg l’a plus directement empruntée dans Une âme après la mort ( Poetiske Skrifter^ X, p. 249).
P. 220, 1 . 21. — quelque part^ je ne sais plus oü. C’est dans l’Évangile selon S. Luc, IX, 25.
ŒUVRES D’ITALIE
P. 222, l. 15. — c*est pourquoi nous avons mis à Vancre, — H. I^geman (p. 190) observe avec raison qu'Ibsen a mal justifié cette mise à l’ancre, car Peer Gynt n‘a pu se procurer des journaux sur la côte déserte.
L. 25. — La Grèce est soulevée. — Cela précise la date de cette scène : 1820. Ibsen a d’ailleurs probablement pensé dans ce qui suit au Danemark et à l'attitude des grandes puissances à l’égard d’un petit peuple qui défend son indépendance.
P. 223^ 1. 16. — Bender. — C’est près de cette ville de Bessarabie que Charles XII, en 1713, après Pultava, fut attaqué par une force turque écrasante. Obligé de s'enfuir, ses éperons le firent trébucher, et il fut fait prisonnier.
P. 226^ 1. 25. — Je me voyais posséder VOlympe. — P. L. Stavnem, dans une lettre à H. Logeman {A commentary..,, p. 192) a suggéré que ce passage est peut-être une réminiscence de Verkehrte Welt^ de Tieck, où Bajas, le représentant de l’utilitarisme, demande à Apollon combien le Parnasse rapporte par an, et reçoit cette réponse que la fontaine de Castalie est la seule source de revenu. Bajas demande encore si l’eau alimente des usines, etc. Mais Ibsen a transformé la fontaine en rivière et l’a placée sur l'Olympe.
P. 228^ 1, 13. — enfin! — Le mot est en français dans le texte, — et rime avec iflceng^ conformément à la prononciation, fréquente à l’étranger, des nasales françaises. Mais l'emploi si 'ÿ.en en place d'une locution courante qu’Ibsen n’avait guère eu l’occasion de rencontrer dans les livres est curieux.
P. -2J 1 . 2. — dit la Bible. — « Soir peu semblable au matin », dit Brand (t. VII, p. 319), et Ibsen se l'est peut-être rappelé en écrivant le vers précédent. Quant à la Bible, un correspondant de H. Logeman (p. 199) ^ bien trouvé un passage qui présente une vague analogie, mais lui-même dit que Peer Gynt, qui a peu lu, attribue facilement à la Bible ses propres pensées lorsqu’il les en trouve dignes ou veut leur conférer plus d’autorité.
P. 233^ 1 . II. — Qui est le penseur... — C'est Peer Gynt lui-même, devant le Vieux de Dovre (p. 165, 1. 5),
L. 21. — Un voleur et un recéleur. Dans le manuscrit de travail, il y a deux voleurs, et Ibsen, en modifiant son texte dans la mise au net, a oublié de corriger aussi la liste des personnages.
NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS
P. 23sy 1 , 15. — Un crapaud... H. Logeman (p. 206) signale ici une réminiscence possible. Parlant de la « seconde mort », celle qui a lieu au jugement dernier, Paiudan-Müller a dans^t^am Homo, II, p. 416, ces vers; Ne peut-on plus être sauvé de cette mort?
Parfois, à l’intérieur de pierres éclatées, il arrive qu’on trouve un crapaud tout vivant, qui fut peut-être enfermé là pendant des siècles, et qui attendait là, caché aux yeux de tous.
Et il espère que Dieu, un jour, délivrera de sa prison
l’âme dont la vie est tombée en défaillance, et qui, tel le crapaud, ne pouvait rien qu’attendre.
L. 22. — les proverbes de Salomon. Ibsen n’a pas écrit proverbes (ordsprog), mais dictionnaire (ordbog), probablement comme un indice du manque d’instruction de Peer Gynt.
P. 236, 1. 3. — Il faut courber l’orgueil. — (Proverbes, XVI, i8.)