‹ Œuvres complètes. tome huitièmeChapitre 53 sur 148 · UN TROISIÈME · texte numérisé non relu

UN TROISIÈME

Hâbleur !

UN QUATRIÈME Menteur !

PEER GYNT, les menaçant.

Attendez, vous verrez !

UN HOMME, un peu ivre.

Ce qui t’attend? Oui, c’est une raclée !

PLUSIEURS

Les reins endoloris ! L’œil peint en bleu !

(Le groupe se disperse^ les plus âgés m coUn, les jeunes ironiques et riant.)

LE MARIÉ, tout près de lui,

Peer, c'est vrai que tu peux voler dans Fair?

PEER GYNT, bref.

Tout, Mads ! Tu sais, je suis un gaillard, moi.

LE MARIÉ

Alors, tu dois avoir sans doute aussi le vêtement qui vous rend invisible?

ŒUVRES D’iTALIE

Le chapeau, tu veux dire? Hé oui, je l’ai.

(Il s'éloigne. Solvejg traverse la cour^tenani Helga par la main.)

PEER GYNT, se dirige vers elles; sa figure s'éclaire,

Solvejg ! Oh toi, tu fais bien d’arriver !

(Il lui prend le poignet.)

On va danser un tour alerte et vif !

SOLVEJG

Laisse !

PEER GYNT

Pourquoi?

SOLVEJG

Tu es trop violent,

PEER GYNT

Le renne Test aussi, quand point Tété.

Allons, viens, fillette, et ne sois pas revêche.

Je n'ose pas.

SOLVEJG, se dégage.

PEER GYNT Pourquoi?

Non, tu as bu.

(EUe remonte avec Helga.) PEER GYNT

Si Ton avait sa lame de couteau enfoncée à travers ces gens-là,... tous !

PEER GYNT, ACTE I

LE MARIÉ, le pousse du coude.

Ne peux-tu pas m'aider à pénétrer jusqu'à la mariée?

PEER GYNT, distrait.

La mariée,

où donc est-elle?

LE MARIÉ Dans le stabbur.

Ah.

LE MARIÉ

Oh, toi, Peer Gynt, ü faut que tu l'essayes.

PEER GYNT

Non, il faudra te passer de mon aide.

(Une idée lui vient soudain; il dit à voix basse et tranchante.)

Ingrid au Stabbur !

(Il s'approche de Solvejg.)

As-tu réfléchi?

(Solvejg veut s'éloigjier; il lui barre le chemin.)

J'ai Tair d'un gueux, c'est pourquoi tu as honte. SOLVEJG, vite.

Non, tu n'en as pas l'air, ce n'est pas vrai ! PEER GYNT

Mais si ! Et puis, je suis un peu pompette ;

Mais par dépit, car tu m'avais blessé.

Viens donc !

ŒUVRES D'ITALIE

Je n'ose, quand je le voudrais !

PEER GYNT De qui as-tu peur?

SOLVEJG

De père, surtout.

PEER GYNT

Ton père? Ah oui, c'est un homme pieux !

Il va, penchant la tête, hein?... Réponds donc?

SOLVEJG

Que pourrais-je répondre?

PEER GYNT

Est-il piétiste?

Ne l'es-tu pas, toi, ainsi que ta mère?

Vas-tu répondre?

SOLVEJG

Laisse-moi tranquille,

PEER GYNT

Non.

(A voix basse, mais tranchante et menaçante.)

Je saurai me transformer en trold !

Je serai à minuit devant ton lit.

Si tu entends quelqu'un qui siffle et jure, ne t'imagine pas que c’est le chat.

C'est moi ! Je tire ton sang dans un bol ; et je mangerai ta petite sœur ;

PEER GYNT, ACTE I

car je suis loup-garou, tu sais, la nuit;,., je te mordrai les cuisses et le dos...

(Change brusquement et supplie comme avec angoisse :)

Danse avec moi, Solvejg !

SOL VE JG, le regarde tristement.

Ça, c'est vilain !

(Elle entre dans la salle,)

LE MARIÉ, revient à la charge.

Un taureau pour toi, si tu m'aides !

PEER GYNT

Viens !

(Ils vont derrière la maison. A ce moment arrive un nombreux groupe du lieu oü Von danse. La plupart des gens sont ivres. Bruit et désordre, Solvejg^ Helga et leurs parents sortent sur la porte avec quelques personnes plus âgées.)

LTNTENDANT, au forgeron qui est en tête du groupe.

Reste en paix !

LE FORGERON, ôte sa veste.

Non, il faut qu'on règle ça.

Peer Gynt ou moi sera cloué par terre.

PLUSIEURS

Oui, un combat !

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