L. 28. — Vous-même - semble] N’avez-vous pas déjà
commencé.
P. 502, 1. 2-P. 509, 1. 31. — N. — Ah! c’est ça; vous êtes jaloux de Kristine...
R. — Oui, je le suis; je prévois qu’elle me succédera ici dans la maison ; quand je ne serai plus là, cette femme va...
N. — Chut ! ne parlez pas si haut ; elle est là...
R. — Vous voyez, vous voyez.
N. — Seulement pour coudre mon costume. Ne vous fâchez pas, cher docteur R. Fi ! vous avez été si revêche avec elle hier soir. Soyez gentil maintenant ; vous êtes notre premier et notre meilleur ami, vous le savez bien. . . Demain, vous verrez comme je serai jolie au bal... R. je vais vous montrer quelque chose. Regardez.
R. — Qu’est-ce que c’est?
N. — Voyez.
R. — Des bas.
N. — Couleur chair... Non, non, non, vous ne verrez que la plante des pieds. .. Oh si ! vous pouvez bien voir aussi plus haut.
R. — Croyez- vous que ces bas vous iront?
N. — Pourquoi pas...
R. — Non, je ne savais pas...
On a, sur une feuille détachée, un brouillon correspondant à p. 500, 1. 15-p. 501, 1. 12. Les différences avec le texte définitif sont insignifiantes .
ÉBAUCHES ET VARIANTES
N. (lui frappe légèrement la joue avec les bas). * — Fi donc !
R. — Nora... Madame Helmer... quand on va mourir.
N. — Vous n’allez pas du tout mourir et nous quitter ; vous continuerez à être notre meilleur et plus cher ami, à Torvald et à moi...
R. — Oh ! je n’ai jamais eu l’occasion de vous prouver mon amitié. J’ai seulement pris ce que vous avez répandu pour moi à pleines mains, cordialité, bien-être... j’allais presque dire : bonheur...
N. — Et si maintenant je vous demandais... non...
R. — Quoi?
N. — Une grande preuve de votre amitié?
R. — Oh ! faites-le, N. ; vous ne savez pas quel plaisir j’aurais à laisser après moi... un souvenir; quelque chose qui pourrait me garder contre l’oubli. Mais qu’est-ce que c’est?
N. — Oh ! non, je ne peux pas... Maintenant, au moment de le dire, ça me paraît impossible... c’est que je ne sais pas comment vous me jugerez...
R. — Alors je vais vous dire une chose, vous allez savoir ce dont vous ne vous êtes jamais doutée; dont vous n’avez jamais pu vous douter... Un mourant, comme moi, peut parler; jusqu’ici je me suis tu.
N. — Docteur R. taisez-vous aussi maintenant.
R, — Non, vous le saurez ; je vous ai aimée, N., aimée depuis que je vous ai connue. Tout instant que j’ai passé avec vous a été comme un grand, indescriptible bonheur, le seul que j'aie éprouvé.
N. — Parlez bas,,., quelqu’un pourrait vous entendre.
R. — Helmer lui-même pourra bien connaître tous les sentiments que j’ai eus pour vous; quand je serai parti, il saura tout ; mais vous saurez tout maintenant, afin que vous puissiez vous adresser à moi avec pleine confiance. Je ne vous dirai rien de plus. Personne ne vous a aimée plus haut que moi.
Nora (va vers la porte). — Hélène, apporte la lampe.
R. — Nora...
Nora. — Hélas! cher docteur R... c'est vilain de votre part...
R. — Quoi? vous dites?
N. — Pourquoi m'avez- vous dit cela? Tout allait si bien ; il n’était pas du tout nécessaire...
R. — Que voulez-vous dire? Avez-vous su...?
(La bonne entre avec ]a lampe.)
Nora. — Merci. Mettez-la sur la table. (La bonne sort.)
R. — Nora, je vous demande, avez-vous su...
N. — Oh ! je ne sais pas ce que j'ai su ; on a bien quelque idée, ou bien... non, je ne sais pas du tout...
R. — Enfin, vous savez aussi que vous pouvez compter sur moi... Dites maintenant ce que vous voulez...
N. — Après cela?
R. — Oh ! faites-moi faire pour vous tout ce qu'il est au pouvoir d'un homme de faire.
N. — Vous ne pouvez plus rien faire pour moi...
R. — Plus? Maintenant que vous savez...
N. — - Justement, plus maintenant. Mon Dieu ! dire qu'un homme ne peut comprendre...
R. — Oui, N., j’aurais dû le comprendre.
N. — Trop tard.
R. — Faut-il que je m'en aille... pour toujours?
N. — Non, il ne faut pas. Vous viendrez ici comme auparavant ; Torvald ne peut pas se passer de vous.
R. — Mais vous...
N. — Oh! moi, moi... mais vous allez entrer chez Torvald en attendant...
R. — Vous êtes fâchée?
N. — Non ; mais allez le trouver maintenant. Il vous attend dans son bureau.
R. — Quand vous vous rappellerez ce que je vous ai dit.
ÉBAUCHES ET VARIANTES 637
vous penserez aussi que je suis un mourant. (Il entre dans la chambre de Helmer.)
N. — Ça vaut mieux ainsi. Je ne suis liée à personne. Il ne viendra pas. Rien n’arrivera... (Elle veut entrer dans la chambre à gauche ; à ce moment la bonne ouvre la porte de r antichambre.)
La bonne (à voix basse). — Madame.
N. — Qu’est-ce qu’il y a?
La b. — Le monsieur qui a été hier ici chez M. le directeur...
N. — Quel monsieur ; il y en a eu tant...
La b. — Il a donné sa carte...
N. — Ah !... où est-il?...
La b. — Il est monté par l’escalier de service, il voulait parler seulement avec madame.
N. — Mon Dieu ! maintenant ; je ne peux pas...
La b. — Il a dit qu’il ne s’en irait pas avant d’avoir parlé à madame.
N. — Eh bien ! qu’il entre ; Hélène, ne dis rien ; c’est une surprise pour mon mari...
La b. — Oui, oui, je comprends bien...
N. — Oh! c’est l'effroyable... (Elle ferme le verrou de la porte de Helmer.)
{La bonne ouvre à K. et referme la porte.)
Le manuscrit se termine par un remaniement de ce qui correspond à p. 508, 1. 14-p. 509, 1. 6, mais en diffère encore de p. 508, 1. 23 à p. 509, 1. 5 :
Mais la voilà...
N. — Oui... c’est une autre...
R. — Aha ! des secrets derrière le dos du mari. Alors je comprends la p
N. — Entrez chez T... qu’il ne vienne pas... ; allez; il est dans son bureau...
R. — Je ne le lâcherai pas.
Nouvelle rédaction de la fin du second acte , à partir d'une réplique identique à celle de la p . 510, l. 20, et où Von voit les différences suivantes avec le texte définitif :
P. 510. L. 23-25. — Kr. — Donc, n’a pas su. Je trouvais aussi que ça ne ressemblait pas à mon bon T. H. de montrer tant de courage.