BIEN LOIN
Upsal verra bientôt réunis tous les jeunes ; on aura des torrents de discours et de chants.
J'ai, pour la réunion, composé un poème,
je me sentais, de corps et d'esprit, plein d’ardeur.
Profitant d'un instant de foi parmi les doutes, mon pied partait déjà rejoindre la jeunesse.
Mais c'est passé. Ma porte est décidément close à tout revirement. Je reste seul, bien loin.
Bonne chance à vous tous, insouciante troupe !
Bonne chance à vous tous, à qui jouer suffit !
Puisse l'été puissant écarter les nuages, la forêt embaumer vos âmes altérées !
Beau temps, pour que le vent emporte vos chansons ! Brise dans les drapeaux, et soleil dans les cœurs !
T. xi. — 17 2
Que les journées soient radieuses, les nuits claires, partout où vous irez au cours de cette fête !
Et moi qui suis bien loin, je vous vois défiler ; je vous vois et j’entends les airs familiers.
Pourtant, combien me semble étranger et lointain ce cortège joyeux à travers le pays.
Des fantômes de temps et d’hommes disparus reviennent dans la troupe de nos jeunes gens.
Dans la brume des mots et dans l’encens des fêtes prend forme un revenant d’histoire universelle.
Tout pareil à celui d’aujourd’hui dans le nord, un cortège a grondé dans toute l’Italie.
Le long des Apennins la jeunesse en colonne a secoué le sommeil des ruines populaires.
Cela se passait à l’aube embrumée du siècle. Aujourd’hui le drapeau flotte au château Saint-Ange.
Tout pareil à celui d’aujourd’hui dans le nord, un cortège a grondé dans toute l’Allemagne.
On rêvait de s’unir par des voies divergentes ; on rêvait de bannières rouge, noir et or.