PROMENADE DU SOIR
Vois comme le sommet du mont abrupt s’enveloppe de nuages ;...
une tempête d’automne se forme, déjà souffle le vent de la nuit !...
... c’est beau je sens, comme une haleine, l’orage mugissant qui m’entoure, dans ma course de nuit !...
Marchons, marchons, au fond des bois !
Oh, plus loin encore,
jusqu’à ce que l’âme soit toute en proie
à cette morne horreur,..,
et que tu ne doutes pas que les esprits nocturnes poursuivent tes traces rapides, si vite que soit ta hâte !...
Chut, voici l’endroit;... silence maintenant!... Ici, en pleine forêt,
écoute hululer la chouette,... entends-tu ?...
Ah, quel accord splendide !
C’est une joyeuse mélodie,...
qu’aucune note n’échappe à ton oreille ;... oh, c’est beau !...
Ici se dresse le sapin haut et noir au bord de l’étang lugubre ;...
... l’orage a fui, traversant l’air, vois s’épaissir la brume,...
elle glisse en bas, elle glisse en haut, tantôt se porte aux cimes des arbres, tantôt sur l’abîme noir...
Ici le cœur se trouve à l’aise
en plein vacarme d’orage ;
ici l’aspect de la nature n’est
qu’un reflet de moi-même,
une image des présents du destin :
sans repos dans la vie, sans repos dans la tombe,
sans repos dans l’éternité !...