EN AUTOMNE
Les chanteurs de l’été quittent les bois où leurs refrains résonnaient dans les branches, déjà le vent d’automne gémit son chant mélancolique à travers les feuilles jaunies.
Ici, où, si riche, le tapis de fleurs parait les champs vert-clair pleins de senteurs, frémit parmi l’éteule, comme sur des cordes, l’adieu de l’été,... poème éploré !
Lis, pourquoi as-tu laissé ta tige inclinée Sans feuilles,... où donc t’es-tu enfui ?
Oh, tu reviendras au printemps, en compagnie de l’ange aimable de l’été !...
Rose, dont le langage de joie si doux
murmure dans ton calice fragile,
tu n’as laissé qu’un souvenir plein d’épines,
... qui blesse,... hélas,... mais je t’aime quand même !...
Bien des semences du jardin printanier nous avons vu mûrir et devenir fruits ;... oh, mais que de projets ont été bel et bien enfouis sous la tombe des espoirs brisés.
Eté ! Trop tôt tu t’es envolé vers le Sud, l’Espoir a promptement fini son existence,... et qui le pleure, hélas, n’a aucune fleur pour orner pieusement le tertre sacré !...
Si, parmi ces tombes il reste encore une fleur unique dans toute sa splendeur,... le vent d’automne ne l’a pas encore tuée,... oh, pourquoi le cœur se plaindrait-il davantage ... Son nom est : le souvenir,.., elle peut même réveiller l’espoir d’un sommeil profond,... tressez la en couronnes sur la fosse du passé, consolatrice elle annoncera un printemps !...