A LA HONGRIE
Les combats ne grondent plus sourdement du pays magyar !
Du champ de bataille, des soupirs étouffés, mêlés aux plaintes des mourants,
à travers la nuit calme, apportent le message douloureux, à voix basse :
le Magyar n’est plus, il a livré sa dernière grande journée !...
La troupe des héros de la liberté a plié devant les hordes sauvages des barbares !...
sur la ruine demeure la tyrannie meurtrière de la liberté.
Réjouissez-vous, monarques ornés de pourpre ! La force a encore
célébré son triomphe,... la flamme de liberté est de nouveau vaincue !
Pauvre pays ! Oh, le meilleur sang de tes fils a coulé, mais les nobles héros tombés ont gagné une couronne de martyrs.
Vois, les cadavres de tes fiers champions emportent l’espoir de l’Europe ;...
... bientôt, peut-être, ce pays abattu sera une seconde Pologne !
Mais par delà la nuit d’esclavage nous percevons une aube radieuse,...
alors tes héros de liberté se lèveront d’entre les morts, s’uniront à ceux qui périrent aux bords de la Vistule, et à ceux qui, de l’échafaud, tachent de sang le sol allemand !
Oui, quand hardiment les jeunes générations se dresseront, vengeresses, contre le trône, comme un orage d’automne, et ébranleront les piliers de la tyrannie,...
alors le nom magyar, fier de la gloire de ses héros, tonnera, mot de ralliement superbe, des rangs triomphants !...