Le prisonnier d’Akershus. — Le récit fait par Ibsen
dans sa lettre à Schulerud (p. 50) s’écarte notablement de l’histoire véritable de Lofthus (d’après Wergeland). Il ne fut pas accusé d’avoir conspiré avec le roi de Suède, mais simplement de fomenter des troubles. La fortification de sa ferme et le siège qu’il aurait soutenu sont des transformations légendaires du fait qu’il fut longtemps habile à éviter l’arrestation, tout en continuant d’agiter les paysans.
La source dont se servit Ibsen ne peut être la Lettre de la province de Chrstiansand ( Minerva , avril-juin 1787, pp. 229-257), hypothétiquement indiquée dans Eft. Skr., III, p. 382, car, tout en plaidant les circonstances atténuantes, en faveur des fonctionnaires, elle est, en somme, d’accord avec le récit de Wergeland. — La source ne
pourrait-elle être une chanson d’un certain Tarald Egeland, qui
accompagna Lofthus à Copenhague? Wergeland cite, de cette chanson, un passage qui cadre avec le récit d’Ibsen : “ Il réunit des soldats, etc. ”
Dans l’étude de Wergeland ( SamL Skr., VIII, p. 180), se trouve le passage suivant, où l’auteur raconte comment il s’est fait montrer la tombe de Lofthus (le mot “ esclaves ” y désigne les condamnés aux travaux forcés) :
“ Ici, ce doit être ici, disait la vieille femme tremblante que j’avais prise comme conductrice, dans le voisinage du cimetière du Christ. Là, dans le coin, disait-elle en grattant l’herbe avec son
bâton, mais sans trouver aucun renflement de la terre qui pût
ressembler à une tombe. C’était plutôt un creux. Ici, dans le coin des esclaves, mais on a dû en coucher là bien d’autres, depuis. Je me le rappelle si bien... les pauvres gens aimaient bien Christian. ”
Bien qu’Ibsen n’ait certainement pas lu l’ouvrage de Wergeland, on est tenté de croire que ce passage — un vieux numéro de Christiansands-Posten, où Wergeland avait publié en feuilleton son histoire de Lofthus, lui étant, par hasard, tombé entre les mains — lui a suggéré l’idée de la femme mystérieuse qui se rend chaque jour à la tombe de Christian Lofthus, et peut-être, par là, l’idée de toute la fable à la Maurits Hansen qu’il a, sans doute, imaginée.
140 , — u Chef d’œuvre ”, c’est à dire œuvre principale, plutôt qu’œuvre admirable. Le mot norvégien est composé comme en français, mais u chef” y est le mot habituel pour “ tête ”, en sorte que le calembour se présente plus naturellement.
347. — Souvenirs d’enfance. — Ecrits au cours de l’hiver 1 8B0-1 881.
347. — Les rues de Skien avaient des noms ; par délibération du conseil municipal du 2 oct. 1872, le nom de Henrik Ibsen fut seulement donné à l’une d’elles. — Sur la maison où Ibsen est né, voir p. 15. — Tout ce quartier central de Skien a été détruit par un incendie en 1886.
348. * — L’ancien incendie datait de 1877. La femme qui l’avait causé fut sans doute exécutée en 1879, à la suite d’un nouvel incendie encore causé par elle. (Lœvenskjold, Beskriveîse wer Bradsbjerg Amt , p. 186-187).
350. — La maison plus grande ne fut sans doute pas achetée : c’était celle des grands parents Altenburg. — Hundevadt, “ docteur allemand ”. Ibsen dit exactement : “ de langue allemande ”. En fait, Hundevadt était né danois, et avait habité douze ans la Norvège lorsqu’il était mort en 1824.
353. — Blegebakken : le plateau qui domine la ville à l’ouest. — “ un certain personnage très bien en cour ” : Lœvenskjold.