‹ Œuvres complètes. tome premier, Œuvres de GrimstadChapitre 97 sur 103 · Nor , personnification poétique de la Norvège · texte numérisé non relu

Nor , personnification poétique de la Norvège

109. — Aux poètes de la Norvège. — Strophe de huit vers anapestiques réguliers de quatre pieds, rimés, tous féminins, sauf le cinquième et le septième.

Simple variante de la strophe du poème “ Promenade au clair de lune sur la mer ” (p. 85).

111. — Souvenirs de bal. — Vers trochaïques réguliers de quatre pieds, à entrecroisements de rimes capricieux, avec, parfois, des vers de deux pieds.

Rythme caractéristique de plusieurs grands poèmes de Wergeland.

120. — Le gars meunier. — Strophe de neuf vers ïambiques presque réguliers, les quatre premiers de quatre pieds, a rimes alternées, masculines et féminines, les deux suivants de cinq pieds, masculins, et rimés, les deux suivants de deux pieds, masculins, et rimés, et le dernier de quatre pieds, rimant avec les vers féminins du premier quatrain. En réalité les petits vers de deux pieds sont souvent composés d’un dactyle plus une syllabe accentuée.

Ce poème à strophe compliquée est le seul spécimen qui reste des poésies qu’Ibsen faisait prévoir dans “Aux poètes de la Norvège” (p. 109), et qu’il annonçait à son ami Schulerud dans la lettre du 5 janvier 1850 (V. Notice, p. 59). Elles devaient être composées “sur des mélodies populaires connues”. Et, en effet, “Le Gars Meunier ” diffère à peine de A a kjcere ve , aa kjcere vann, chanson populaire en dialecte du Gulbrandsdal, publiée en 1840 par Jœrgen Moe dans Sam/ing af sange , foîkeviser og stev i norske almuedialekter (n° 34, p. 1 1 3 du recueil), où seulement les cinq derniers vers constituent un refrain, et sont réduits à quatre, par la réunion des des deux vers courts. Mais est-ce là qu’Ibsen a pris sa strophe ? M. Hans Eitrem ( Maal og Minne , 1910, p. 39) incline à croire que c’est plutôt chez H. Wergeland, qui a composé cinq poèmes en langue populaire et les avait publiés en 1842 sous le titre Langeleïken. Dans celui qui est imité de Aa kjaere ve, aa kjcere vann , le refrain est décomposé en cinq vers, mais reste un refrain, et le dernier vers ne rime pas avec les rimes féminines du commencement. Ne serait-il pas possible qu’Ibsen ait simplement entendu la mélodie ? Elle devait être fort répandue, puisque, avant la publication de Jœrgen Moe,

en 1834, Oehlenschlüger, ayant passé quelques semaines en Norvège, publia une suite de poèmes inspirés par son voyage, parmi lesquels “ La paysanne norvégienne” ( Poetiske Skrifter , Tome XI, p. 223), dont la strophe de neuf vers, sans refrain, serait exactement celle d’Ibsen, si le poète danois n’avait réduit à quatre pieds les cinquième et sixième vers. Ce n’est sans doute pas là, toutefois, qu’Ibsen a pris sa strophe, car Oehlenschlager n’indique pas qu’il a écrit d’après une une chanson populaire. — On peut enfin noter que Jœrgen Moe lui-même a aussi composé d’après la même chanson un poème en norvégien des villes, “ Les femmes du Nord ”, qui avait paru dans Beretnïng ont studenternes nordiske hceitid. d. 13 jan . 1846.

Le garçon meunier Thorgeir Audunsœn, renommé dans le Telemark comme violoniste, était depuis longtemps connu du célèbre virtuose Ole Bull, lorsque celui-ci eut l’idée de l’envoyer chercher dans sa cabane du Haukelifjeld, et d’organiser avec lui un concert à Kristiania, pour faire connaître le vrai jeu de violon national. Le concert eut lieu en janvier 1849. Un poème de J. S. Welhaven sur cette séance parut en décembre 1 849 dans Norsk folke-kalender for 1850, et ce fut peut-être ce poème qui donna l’idée à Ibsen d’en composer un à son tour sur le paysan prodige, à moins que son attention ait été attirée vers Thorgeir Audunsœn par le voyage de celui-ci, en mars 1850, lorsqu'il se rendit à Bergen pour donner des concerts dans le “ théâtre norvégien ” que venait d’y fonder Ole Bull.

Jeudi-soir. — Ondin. — “ Analogue au nixe ( nœkk ) est le musical ondin (jgrim ou fossegrim ), personnage qui se tient près des cascades et des moulins. Il joue surtout par les soirs calmes et sombres pour attirer les gens, et il apprend à jouer du violon et d’autres instruments à cordes à ceux qui, un jeudi soir, en détournant la tête, lui sacrifient un chevreau blanc, que l’on jette dans une chute d’eau orientée vers le nord. Si la victime est maigre, l’élève ne saura rien de plus qu’accorder son violon ; mais si elle est grasse, l’ondin saisit la main droite du musicien, et la fait aller si longtemps que le sang jaillit au bout de chaque doigt. Alors l’élève est parfait et peut jouer si incom-

parablement que les arbres dansent et les cascades s’arrêtent dans leur chute. ” (Andréas Faye ; Norske Sagn , 1833, p. 57).

122. — C’en est fait ! — Strophe de huit vers trochaïques réguliers de cinq pieds à rimes alternées, féminines et masculines.

Strophe peu commune, dont on trouve pourtant plusieurs exemples chez Andréas Munch. C’est presque celle qu’a employée Welhaven pour son poème “ Le gars meunier

124. — Logement vacant. — Strophe de huit vers trochaïques réguliers de quatre pieds ; rimes alternées, masculines et féminines, dans le premier quatrain, puis deux rimes masculines, et deux rimes féminines.

Rythme assez fréquent.

126. — Le Skalde au Valhal. — Strophe de six vers dactyliques réguliers comprenant deux tercets dans chacun desquels les deux premiers vers, féminins, ont deux pieds, et riment ensemble ; les troisièmes vers des deux tercets, masculins, ont trois pieds, et riment ensemble.

Cette strophe, en vers d’un emploi rare, paraît avoir été inventée par Ibsen.

Sur Adam Gottlob Oehlenschlager, voir l’introduction (p. XLIX- LIV). Il est mort le 20 janvier 1850. Le 10 février, Ibsen adressa un court billet à Schulerud, avec ce “ poème, que j’ai écrit en un accès de tristesse enthousiaste à la nouvelle de la mort d’ Oehlenschlager, et que je te prie de faire insérer dans Christiania-Posten le plus vite possible.” (J. B. Hfalvorsen], dans Ringeren, 1898, n° 52-53). Le poème parut dans le journal indiqué, sous la signature Brynjolf Bjarme, le 16 février. Ce fut le second poème d’Ibsen imprimé. Les mots suivants y étaient composés en caractères gras : Odin, les dieux sacrés du Nord, Brage, Hermod, Frigga et Balder, Stærkodder, Ingild, Olaf et Helga, Hakon, Hagbart et Signe. On peut remarquer qu’Ibsen ne fait allusion qu’aux œuvres relatives à l’époque païenne, et, parmi

celles-ci, à celles qui ne sont pas spécifiquement danoises (comme Palnatoke ).

Les Ases sont les dieux de la mythologie Scandinave. Ils descendent du géant Ymer. Odin est le plus grand d’entre eux, antérieur aux autres, créateur du monde vivant. On l’appelle “père des Ases”. Alfader “ père de tout ”, est un de ses surnoms. Valfader , autre surnom d’Odin, signifie “père des prédestinés”, c’est à dire des héros tombés dans les combats, et qui, devenus des Einkèriers , sont transportés dans la demeure des Ases, Idavold. Pour parvenir à cette demeure il faut franchir Bifrost , le pont aux trois couleurs qui unit le ciel à la terre (l’arc en ciel). Dans Idavold se trouve le Valhal , salle des fêtes des Ases, et ’Ltdskjalfy le trône d’Odin, d’où son regard embrasse tout l’univers et toutes les actions des hommes.

Baldur le bon , “ tragédie mythologique ”, parut en 1907.

Oehlenschlager l’avait écrite à l’imitation des tragédies grecques, et en trimètres ïambiques. C’est l’histoire de la mort de Balder, fils d’Odin, et de Frigga, “ le meilleur des Ases ”, le plus clément, et dont les arrêts sont irrévocables. B rage est, parmi les Ases, le plus intimement lié avec Balder, Hermod “ le rapide ” est l’Ase qui va dans l’enfer vainement essayer d’obtenir que Balder soit rendu aux dieux.

§tœrkoddery “tragédie” d’Oehlenschlâger, publiée en 1812. Le sujet est un épisode de la vie de Starkad, héros Scandinave légendaire, dont le cycle est le plus important après celui de Sigurd vainqueur de Fafner. L’humeur paisible du roi îngild y contraste avec l’ardeur juvénile du viking Eigil, qui finit par épouser Helga , sœur d’Ingild, et tuer Stærkodder, son protecteur : fin doublement heureuse, car le vieux héros craignait de ne pouvoir mourir en combat, ce qui l’aurait exclu du Valhal. Il semble qu’Ibsen, en écrivant la strophe consacrée à cette pièce, ait écrit Olaf pour Eigil, par une confusion de souvenir. Le nom d’Olaf intervient seulement comme celui du père d’Eigil, qui est mort depuis longtemps. — Nor est une personnification de la Norvège. D’après une légende, les deux frères Nor et Gor s’étaient

soumis ce pays, où, de Finlande, ils allaient à la recherche de leur sœur, Goe, qui avait été enlevée. — Dana est une personnification poétique du Danemark qui ne paraît se fonder sur aucune légende.

Hakon Jarl le puissant , “drame ” d’Oehlenschlâger, publié en 1807, montre les efforts du dernier souverain de la Norvège qui ait soutenu le paganisme. Hakon Jarl est mort en 995. Oehlenschlager a aussi écrit en 1802 un poème sur La Mort de Hakon Jarl.

Hagbarth et Signe , “tragédie” d’Oehlenschlager, publiée en 1815, est tirée du cycle de Starkad : histoire d’amour qui se termine par un double suicide. Freya , l’asynie ou déesse qu’invoquent les amoureux : la moitié des héros tombés dans les combats lui revient, et elle les emmène dans son palais de Folkvang.

Les nornes, qui président aux destinées, sont : Urd, nome du passé, Verdandiy norne du présent, Skuld ou Skulda , nome de l’avenir.

130. — Dans la nuit. — Strophes de huit vers ïambiques de trois pieds ; rimes alternées, féminines et masculines, dans le premier quatrain, puis deux rimes masculines et deux rimes féminines.

Strophe d’un type très fréquent.

Ce poème est le seul du cahier de Grimstad qu’Ibsen ait publié (mais non fait imprimer) après avoir quitté la petite ville, dans le journal manuscrit de la Société des étudiants, 1850, n° 6 (25 octobre).

132. — Impression de clair de lune. — Sonnet en vers trochaïques réguliers de quatre pieds.

Ce sonnet fut u présenté ” (l’expression norvégienne n’est pas plus habituelle) à Mlle Cathrine Martini, probablement pour la remercier des leçons de danse qu’elle avait données à Ibsen (F. Ording, Oplysninger til Henrik Ibsens biografi , dans For kirke og kultury 1910).

133. — Promenade au clair de lune après un bal. — Distiques de vers trochaïques réguliers de huit pieds, féminins, rimés.

Mêmes vers que dans “ A la Hongrie ”.

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