‹ Œuvres complètes. tome quatorzième, Les Drames modernes (suite)Chapitre 102 sur 169 · L. — Ne mettez jamais d'enfants au monde, H · texte numérisé non relu

L. — Ne mettez jamais d'enfants au monde, H

Lorsque Brack parle d'un état « triangulaire », Hedda pense à ce qui est en perspective, et en parle à mots couverts. Brack ne le comprend pas.

Brack ne supporte pas d'aller dans des maisons où il y a de petits enfants. « Les enfants ne devraient pas exister avant d'avoir 14 à 15 ans. » C'est à-dire les filles. Mais les garçons? Ils ne devraient pas exister du tout... ou, en tout cas, devraient être élevés hors de la maison.

H. dit que, pour elle aussi, les enfants ont toujours été une horreur.

Hedda s’oppose fortement, bien que peu clairement, contre l'opinion que l'on doit [sic !] ou aimer « par familles ». Les tantes ne sont rien pour elle.

Le fait d'être comme un confesseur pour E. L. a été pour Hedda une libération. Sa sympathie allait secrètement vers lui... Mais quel dégoût que tout cela ait été livré à la publicité î Alors elle s'en est retirée.

Points principaux :

1) Elles ne sont pas toutes faites pour être mères.

2) L'attraction sensuelle est en elles, mais elles ont peur du scandale.

3) Elles sentent que l'époque offre des tâches à la vie, mais ne peuvent y prendre prise.

Et puis, Tesman n'est pas vraiment homme de métier, il est spécialiste. Le moyen âge est mort...

T. — Non, tu vois là encore un grand avantage de mes études. Je peux perdre des manuscrits et les récrire. . . pas d'inspiration.

Hedda est très occupée de l'enfant qui va venir, mais quand il sera venu, elle a peur de ce qui suivra...

Il faut introduire dans la pièce que Hedda dit ne pas aimer descendre d'un wagon. Pourquoi pas. Non, je ne montre pas volontiers mes jambes... Ah! Mme H., elles se laissent voir, pourtant. Oui, mais je n’aime pas quand même.

Elle s'est tirée ! Tirée.

Brack (s’affaisse dans le fauteuil). — Mais, bon Dieu !... on ne fait pas de ces choses-là !

NB!!

L’idée d'Ejlert Lœvborg est qu'il faut réaliser des relations de camaraderie entre homme et femme, d'où peut résulter l'être vraiment intellectuel. Le reste de ce qui se passe entre les deux est en dehors de la question, comme accessoire. C’est cela que l’entourage ne comprend pas. Il passe pour un débauché. Dans son for intérieur, il ne l'est pas.

Un homme ne peut-il avoir plusieurs amis, pourquoi pas aussi plusieurs amies?

C'est précisément la sensualité accumulée dans la fréquentation d’ « amis » ou « camarades » féminins qui chez lui trouve expression dans ses excès.

Maintenant je m'en vais. Vous n'avez pas quelque petite chose à me donner... ? Vous avez des fleurs... tant d'autres choses... (L’histoire du pistolet d'autrefois)... Vous ne vous en servirez tout de même pas...

Et lorsque Hedda, au 4e acte, apprend qu'il s'est tué, elle exulte... Il a eu le courage.

Voici le reste du manuscrit.

Fin.

La vie n'est pas lamentable... La vie est ridicule... Et on ne peut la supporter.

Avez-vous lu dans les romans? Tous ceux qui périssent... dans la tête... pas dans le ventre... Le ridicule... le grotesque...

Hedda déclare dans la conversation avec Thea au premier acte : Je ne comprends pas que l'on puisse tomber amoureux d'un homme non marié... ou non fiancé... ou qui n'est pas amoureux... d'une autre... *

*) Mais, grand Dieu, Tesm. n'était pas marié. H. — Non, il ne l'était pas. Th. — [Biffé : Mais comment peux-tu dire qu'on] tu l'as pourtant pris. H. — Oui je l'ai pris. Th. — Alors comment peux-tu dire que... Peuh...

2) Mais maintenant il est un homme marié. H. — Oui, mais pas avec une autre.

Brack comprend bien que c’est ce que H. renferme en elle, son hystérie, qui est vraiment ce qui provoque toute sa façon d’agir.

H., de son côté, a le sentiment qu’il la devine, mais ne croit pas le comprendre.

H. — Prendre quelque chose à un autre, il me semble que ce doit être délicieux.

Lorsque H. parle avec B., au cinquième acte, des deux qui sont assis à rapiécer le manuscrit sans que l’esprit soit présent, elle éclate de rire... Puis le jeu de piano... puis... la m...

Les hommes,... dans les situations les plus indescriptibles, ils sont ridicules.

NB!

C’est à proprement parler toute la vie de Vhomme qu’elle veut vivre. Mais surviennent les scrupules. Hérités et inculqués.

L’amour de la tante. La plupart des gens nés de tantes masculines et féminines.

C’est des « forces et puissances souterraines qu’il s’agit. La femme comme ouvrier mineur. Nihilisme. Père et mère appartenant à des âges différents. La révolution féminine souterraine dans la façon de penser. La crainte d’être esclave des circonstances.

NB ! !

Pourquoi suivrais-je une morale sociale que je sais ne pas devoir durer plus de la moitié d’une génération? Quand je me livre à des excès, comme on dit, c’est une fuite hors du temps présent. Ce n’est pas que je trouve aucun plaisir aux excès. Pour cela je suis trop plongé dans l’actuel...

Thea, la petite sotte, ne comprend rien à cela. Mais elle est tout de même charmante. Il y a en elle un côté de l’avenir inconscient.

A quoi est-ce que Tesman travaille?

T. XIV

Hedda. — C'est un livre sur l’industrie familiale au Brabant pendant le moyen âge.

Il faut que je joue l’imbécile pour être compris. Faire semblant de vouloir me réhabiliter aux yeux de la foule... de la foule d’aujourd’hui.

Lorsque j’ai été quitte de ce nouveau livre, un nouveau grand ouvrage magnifique m’est apparu. Là, il faut que vous m’aidiez, vous. J’ai besoin de femmes, Hedda... ! Au moyen âge la conscience des femmes était ainsi faite qu’une femme éprouvait du remords si elle découvrait qu’elle était mariée avec son ne vçu . . .

L’avenir ne doit-il pas se diriger vers le grand, le bon, le beau? comme dit Tesman.

Certes ! Mais le grand, le bon, le beau, ne seront pastels dans l’avenir que nous l’imaginons aujourd’hui...

Il y avait surtout une rousse, que j’ai vue dans la rue. Br. — Je sais qui vous voulez dire... H. — On l’appelait... C’était un joli nom... Br. — Ce nom, je le connais aussi. Mais comment pouvez-vous savoir qu’il était si joli. H. — Ah ! vous êtes bête, monsieur le conseiller.

Le passager et la malle à la gare. Le p. indique où il veut aller, prend son billet. La malle est enregistrée.

Hedda. Mince, taille moyenne. Visage distingué, d’un galbe noble, avec une peau délicate, couleur de cire. Les yeux ont une expression voilée. Les cheveux châtain clair. Chevelure pas très abondante. Vêtue d’une robe du matin ample, blanche avec garniture bleue. Calme dans ses gestes.

Les yeux couleur d’acier, d’un faible éclat.

Mme Elfsted, grêle de corps. Les yeux ronds, un peu saillants, presque bleu de mer. Visage grêle aux traits doux. Contractions nerveuses, mine effarouchée...

Voir plus haut dans le carnet. L’idée de E. L. sur les relations de camaraderie entre homme et femme... Idée du salut !

Si, à cause de la société, il ne nous est pas permis de vivre chastement avec elles (les femmes?) nous vivons licencieusement...

Tesman. — Ce qu’il y a de nouveau dans le livre de E. L., c’est la doctrine du développement sur la base de la camaraderie entre homme et femme.

L’exigence fondamentale de Hedda est : Je veux tout savoir, mais me garder pure !

Je veux tout savoir... savoir... savoir...

H. — Si j’avais pu vivre comme lui !

Est-ce quelque chose sur le Brabant. B. qu’est -ce que c’est?...

Le pari sur l’emploi des deux pistolets.

Mlle T. — Oui, oui, c’est ici la maison de la santé et de la vie. Je vais rentrer dans la maison de la maladie et de la mort. Dieu vous bénisse tous les deux. Désormais je viendrai ici tous les jours demander à Berte comment ça va.

C’est au 3e acte que H. dit à E. L. qu’elle ne se soucie pas de grandes situations... de grandes idées non plus... mais de la grande liberté humaine... Et elle n’a pas le courage

Les deux idéals ! Tesman — Qu’entend-il par là, au nom du ciel. Hein? Qu’avons-nous à faire avec des idéals?

Le nouveau livre traite des « deux idéals ». Thea ne peut donner aucun renseignement.

Elle a du respect pour son savoir, apprécie la noblesse de son caractère, mais a honte de sa manière d’être insignifiante et ridicule, se moque de ses façons et de ses propos.

NB!

Brack avait toujours cru que les brèves fiançailles de Hedda avec Tesman ne tiendraient pas.

Hedda parle du sentiment qu’elle avait d’être de plus en plus négligée, lorsque son père n’était plus en faveur, puis prit sa retraite, et mourut sans rien laisser après lui... A sa grande amertume, il semblait que c’était à cause de lui qu’elle avait été fêtée... Et elle avait déjà entre 25 et 26 ans. Bien près de décliner comme fille non mariée.

Elle pense que Tesman, au fond, éprouve seulement une fierté vaniteuse de l’avoir obtenue. Ses soins pour elle sont tels que ceux que l’on a pour un noble cheval ou un chien de chasse précieux... Cela ne la révolte pas, d’ailleurs. Elle observe cela simplement comme un fait.

Hedda dit à Brack qu’elle ne trouve pas que l’on puisse dire Tesman ridicule. Mais, au fond, c’est son avis. Plus tard, elle trouve aussi qu’il est piteux.

Tesman. — Ne pourrais-tu pas m’appeler par mon prénom?

Hedda. — Non, tu sais,... il faudrait vraiment que tu en portes un autre que celui qu’on t’a donné.

Tesman empoche le manuscrit de Lœvborg pour qu’il ne s’égare pas. Ensuite c’est Hedda qui, par un propos lancé en passant, à titre d’essai, lui suggère l’idée de le conserver.

Et il le lit. Un nouveau courant d’idées lui est révélé. Mais la situation se tend. Hedda éveille sa jalousie.

Au troisième acte les renseignements se succèdent au sujet des exploits de Lœvborg au cours de la nuit. Finalement il arrive lui-même, calme et désespéré. « Où est le manuscrit? » « Ne l’ai-je pas laissé ici? » Il sait qu’il ne l’a pas laissé. Mais

à quoi, d'ailleurs, lui sert le manuscrit désormais? Lui, écrire sur « l'éthique de l'avenir » ! Lui, qui vient d'être relâché du poste de police 1

Le désespoir de Hedda est de se dire qu’il existe sûrement tant de possibilités de bonheur dans le monde, mais qu'elle ne peut pas les discerner. C'est le manque d'un but dans la vie qui est son tourment.

Lorsque Hedda incite T. à pousser E. L. à sa perte, elle le fait pour mettre le caractère de T. à l'épreuve.

C'est toujours dans la proximité de Hedda que survient chez E. L. l'impétueux besoin des excès.

Tesman ne peut comprendre que E. L. puisse vouloir fonder son avenir sur le préjudice d’un autre.

Hedda. — Si je déteste T.? Non, pas du tout. Je le trouve seulement ennuyeux.

Brack. — Mais il n’y a personne autre qui le trouve.

Hedda. — Il n’y a personne autre non plus qui soit marié avec lui.

Brack. — ... pas du tout ennuyeux.

Hedda. — Grand Dieu ! vous voulez toujours que je m’exprime si correctement. Eh bien ! soit. T. n’est pas ennuyeux, mais je m’ennuie de vivre avec lui.

Hedda. — ...n’avais aucune perspective d’avenir. Enfin, vous voudriez peut-être me voir dans un couvent de demoiselles (fondation)

Hedda. — ... il est donc très avouable de rendre sa personne productive. Les artistes et d’autres rendent aussi leurs qualités productives. Je n’avais pas d’autre capital. Se marier... il me semblait que c’était comme s’acheter une rente viagère.

Hedda. — Rappelez-vous que je suis fille d’un homme âgé. et de plus d’un homme usé... ou décrépit, enfin... Il se peut que cela ait laissé des traces.

Brack. — Je crois vraiment que vous commencez à méditer sur des problèmes !

Hedda. — Oui, à quoi n'arrive-t-on pas quand on en est venue à se marier?

Mlle R. (circule dans la pièce). — Voilà. Maintenant on voit très bien comme c'est superbe. Oui, oui,... ça a bon air, Berte- Des fleurs ici et là.

Berte. — Elles ont toutes été apportées hier soir. Pour qu’elles puissent rester fraîches, bien entendu. Mais celles-ci, une dame est venue elle-même avec... un instant avant que mademoiselle arrive.

Mlle Rising. — Oui, c’est comme il faut que ce soit. Quand un jeune couple rentre de son voyage de noces,...

Note au crayon sur une carte de visite au nom de Natalie von Eperjesy.

E. L. — Impossible de vous appeler Mme T. Pour moi vous restez toujours H. G.

Mlle T. et B. ont vu tous deux ce qui attend H... T., par contre, s’écrie : « Non, grand Dieu, je ne m’en doutais pas ! »

Lorsque E. L. dit à H. qu’il ne peut pas avouer à Thea où leur livre à tous deux a disparu, H. dit : Je ne crois pas qu’il y ait un mot de vrai là dedans. E. L. — Non, mais je sens avec quel effroi elle verra cela.

HEDDA

P. 370, 1. 5. — Juliane Tesman] Mariane Rysing 1. io-ii. — dans la partie ouest] à l’extrémité

P. 371, 1. 2. — sombres] neutres 1. 4. — petite] petite, située au fond 1. 16. — deux sièges] des sièges autour

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