‹ Œuvres complètes. tome quatorzième, Les Drames modernes (suite)Chapitre 164 sur 169 · Ajouté : Pensez donc · texte numérisé non relu

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Les brouillons qui suivent sont tous écrits , seuls ou groupés , sur des feuilles ou des petits cahiers. Ils sont tous postérieurs au brouillon complet IX-XI , et forment un complément aux corrections XII. Les divers cahiers sont ici séparés par un trait. En tête de chaque passage est indiqué V endroit de Vœuvre définitive auquel il se réfère .

P. 385, 1. 24-30. — Hedda arrive de la gauche par la pièce du fond. C’est une dame de 29 ans. Visage et corps de forme noble et distinguée. La couleur de la peau est pâle et mate. Les yeux gris d’acier expriment un calme froid [Ajouté: et lucide]. Les cheveux sont châtains et pas très fournis. Elle porte une robe du matin élégante, où le bleu et le rouge sont les couleurs dominantes.

P. 387, 1. 2. — P. 388, 1. 17. — ... Une telle abondance de fleurs. Mais... ne voulez-vous pas vous asseoir, Mlle T.?

Mlle T. — Non, merci. Je voulais seulement m’informer si l’on va bien ici. Et, c’est vrai, je t’ai apporté quelque chose.

(Elle sort de sa poche un [Biffé : papier] paquet enveloppé de papier.)

T. — Non, qu’est-ce que c’est (il ouvre) Non, vraiment... tu les as mises de côté pour moi. Hedda, c’est vraiment touchant, hein.

H. — Oui, qu’est-ce que c’est

T. — Mes vieilles pantoufles pour le matin.

H. — Ah oui. Je me rappelle que tu en parlais souvent pendant le voyage.

T. — Oui, elles me manquaient terriblement. Il faut que tu les voies.

H. — Non, merci, je ne m’en soucie vraiment pas.

T. — Tu ne peux t’imaginer combien de souvenirs y sont attachés.

T. xiv. 41

H. — Pas pour moi.

Mlle T. — Non, en cela H. a raison. Range tes pantoufles, mon cher garçon.

T. — Oui, pour sûr, je vais le faire. (H. de mauvaise humeur, près de la table.)

P. 389, 1. 21. — P. 392, 1. 17. — T. — Oui, et il est superbe [Ajouté : tout à fait] magnifique.

Mlle. — Oh, il ne faut pas exagérer, mon cher Jorgen. L’ombrelle? La voilà. Car elle est aussi à moi, pas à Berte.

T. — Elle est [Ajouté : sûrement] neuve aussi, tante J.

H. — Et [Ajouté : certes] elle est jolie aussi, élégante.

T. — Mais regarde bien, H. [Ajouté : avant de t’en aller], tante. Vois comme elle est jolie et charmante, elle.

Mlle T. — Oui, ce n’est pas nouveau. H. a toujours été charmante. (Elle se dirige vers la droite.)

T. — Oui, mais n’as-tu pas remarqué comme [Ajouté : elle s’est épanouie] elle a engraissé pendant le voyage [Ajouté : H. — Oh, laisse donc !]

Mlle T. s’arrête. — De l’embonpoint.

T, — Oui, tu ne peux pas bien voir avec cette robe-là. Mais moi qui ai l’occasion

H. — Oh, tu n’as l’occasion de rien du tout.

T. — C’est tout à fait étonnant comme elle a repris là-bas dans l’air des montagnes...

H. — Ce n’est pas vrai. Je suis absolument la même qu’à mon départ.

T. — Oui, tu le dis. Mais tu ne l’es certes pas. Ne trouves-tu pas aussi, tante.

Mlle T. — Charmante, charmante, charmante...

T. — Si tu voyais...

H. — Oh...

T. — Elle prend positivement de l’embonpoint, tante Julie.

H. — Je ne veux pas en entendre davantage... ! [ Ajouté r sur moi-même]

Mlle T. lui prend la tête et lui donne un baiser. — Dieu garde et bénisse Hedda Tesman. Tous les jours je viendrai vous trouver tous les deux.

T. — Oui, fais-le [Ajouté : Ça nous fera plaisir.]

Mlle T. — Adieu, adieu.

(Elle sort par le vestibule. T. la reconduit. La porte reste ouverte. On entend T. renouveler ses amitiés pour la tante Rina et ses remerciements pour les pantoufles.)

(Hedda [Écrit au-dessus : En même temps] arpente le salon, lève les bras, ferme les poings, comme en fureur. Elle écarte les portières de la porte vitrée et regarde dehors.)

Un peu après T. rentre et ferme la porte du vestibule derrière lui.) Puis il prend les pantoufles, les enveloppe et les pose sur la table.)

T. — Tu ne trouves pas que tante J. était singulière, dis donc? Peux-tu comprendre ce qui lui a pris? Hein?

H. — Je la connais bien peu. N'est-elle pas souvent ainsi.

T. — Non, je ne l'ai pas remarqué.

Non. De qui donc? Hein?

Il y a ; « Madame Elvsted. »

Non, vraiment. Mme E. Mlle R., comme elle s'appelait autrefois.

C'est cela même. Cette femme aux cheveux irritants, qu'elle promenait avec ostentation. Ton ancienne flamme, à ce que j'ai entendu dire.

Oh, ça n'a pas duré longtemps. Et c était avant que je t'aie connue, Hedda. Mais, pense donc,... elle est en ville...

Mme E. est une personne grêle, jolie, aux traits délicats. Ses yeux sont bleu-clair, grands, ronds et un peu saillants, avec une expression un peu effrayée, comme chez un oiseau. Ses

cheveux sont étonnamment clairs, presque d'un blanc doré, d’une abondance exceptionnelle et ondulés. Elle est de deux ans plus jeune que H. Son costume est une robe de visite sombre, qui est élégante, mais non tout à lait [Biffé : neuve ni] à la [Biffé : toute] dernière mode.)

Oui, mais vous étiez une classe au-dessus de moi. Oh, comme j'avais peur de vous dans ce temps-là. — Peur de moi. — Oui, car lorsque nous nous rencontrions dans les escaliers [Biffé : ou dans les couloirs] vous me tiriez toujours par les cheveux. — Non, vraiment. — Oui, et un jour vous avez dit que vous vouliez me les arracher. — Oh, paroles en l'air. — Oui, j'étais si bête dans ce temps-là... Et depuis, Mme T., nous avons vécu P. 412, 1.20. — P. 414, 1. 15.

Et puis, ce grand bonheur que j’ai pris part à son travail. Qu'il m’a été donné de l'aider. — Tu l'as aidé? — Oui, comme deux bons camarades enfin — Camarades! Imagine-toi, H., c'est ce qu’il disait aussi ! Ah, je devrais éprouver une grande joie intérieure. Mais je ne le peux pas non plus. Car je ne sais si cela durera. — Quoi ! Que veux-tu dire par là. — Une femme qu'il n’a jamais pu oublier. • — Sais-tu qui c’est. — Non, il n'y a fait allusion qu'une fois. — Qu’a-t-il dit? — Qu' [Biffé : un jour elle] elle a voulu, quand ils se sont séparés, tirer sur lui un coup de pistolet. — N'as-tu aucun soupçon... — Si. Oui, je crois que ce doit être cette chanteuse rousse qu'un certain temps il... Oui, oui, ce doit être ça. — Et pense donc, H. J'entends dire qu'elle est revenue en ville !

(Le c. Br, est un homme [Corrigé en : monsieur] de 45 ans. Trapu, mais bien bâti, les mouvements souples. Visage rond au profil noble. Les cheveux [Biffé : presque no] coupés court, encore presque noirs. [Ajouté : soigneusement frisés.] Les sourcils épais. La moustache également, avec les pointes écourtées. Il est vêtu d'un élégant costume de promenade,

mais un peu trop jeune pour son âge. Il porte un binocle qu’il laisse tomber de temps en temps.)

Oh laisse-moi en dehors. Remercie plutôt le conseiller de s’être dérangé comme il l’a fait. — Ah bah; ce n’est rien. — Si vous êtes un fidèle conseiller. Mais mon amie est là, impatiente de s’en aller... Au revoir, conseiller. Je reviens tout de suite. (Salutations. Mme E. et Hedda sortent par le vest

Hm,... ça pourrait bien arriver tout de même...

Non, mais, conseiller B. ce serait agir avec une incroyable désinvolture envers moi ! Oui, car songez,... je suis un homme marié. Je me suis marié en comptant là-dessus. J’ai contracté une lourde dette [Biffé: ainsi garantie]... Oui, car, mon Dieu...

Sur une feuille contenant le manuscrit II ( p . 548 J , se trouvent les passages suivants :

Eh bien, on descend... et on prend un peu de mouvement.

Je ne descends jamais. [Biffé : Car il y a]

Vraiment non.

Non, car il y a toujours là quelqu’un pour regarder vos jambes.

Ah oui, parbleu.

Je n'aime pas cela. Alors je reste assise... Où je me trouve

T. me reconduisait l’été dernier après les soirées... Ah oui, il était entreprenant... Et vous n’étiez pas disponible.

Mais c’est [Ajouté : donc] le [Corrigé en : cet] enthousiasme pour la villa de Mme P. Sur quoi nous nous sommes accordés, J. T... et moi.

Hedda,... E. L. n'a pas fait dire qu'il ne viendrait pas. Hein. Non. Eh bien, tu vas voir, il ne va pas tarder. Croyezvous vraiment qu'il va venir. Oui j'en suis presque sûr. [Ajouté : Car ce ne sont sans doute que des on-dit, ce que vous racontiez.] Vraiment. Oui, tante Julie a dit que jamais au monde elle ne croira qu'il me barrerait la route. Songez...

Mais, mon Dieu, vous avez assez souvent daubé sur mes petits dîners de garçon. Ils ne pouvaient convenir, disiezvous, qu'à des hommes à principes rigides.

Mais M. L... doit être suffisamment à principes maintenant...

Sur la même feuille où se trouve le manuscrit V (p. 550J on a aussi ces notes :

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