H. — Oh
Ar. — Mais ceci m’apparaît vraiment surprenant.
Oh, voyez-vous, monsieur A... Comme nous le disions hier [Biffé : nous sommes devenus] je suis devenue une créature de terre ferme, et je ne retrouve pas le chemin de la mer. Et de la vie marine
DISCOURS
DISCOURS
A Berlin, le il janvier 1887.
N'attendez de moi, mesdames et messieurs, aucun discours. Je ne sais surtout pas trouver expression pour ma gratitude : car ce qui m'est arrivé ici est plus que ce que je pourrais épuiser par un remerciement. Grâce à vous j'ai reçu de Berlin les plus grandes impulsions. C'est ici que j'ai trouvé le premier éditeur. C'est d'ici que m’est venue la joie de la première représentation d’une de mes pièces. J’ai reçu de la presse, des revues et des milieux littéraires de Berlin une constante impulsion. Je n'aurais vraiment pas cru que j'étais ici tellement apprécié, et lorsque je regarde autour de moi ici, dans ce cercle d'écrivains et d'artistes, c'est comme un conte. Mais je sens, malgré cet accueil magnifique, ou précisément à cause de lui, que je suis un hôte, un étranger, car jamais on ne fait ainsi honneur aux enfants de sa propre maison. Aussi je souhaite que puisse venir le jour où je serai ici en réalité chez moi, où je ne serai pas étranger dans la grande maison germanique. Je n'oublierai jamais l’amitié et la cordialité que j’ai rencontrées aujourd'hui. C'est pour moi une impression non seulement de joie, mais aussi un sentiment mélancolique, et je crois que cette impression se manifestera aussi dans mes œuvres à venir. Jamais je n'oublierai cette soirée !
DISCOURS
A Stockholm, le 24 septembre 1887.
Mesdames et Messieurs,
Cordialement merci pour toute la bonne grâce, toute l’obligeance et toute la sympathie dont, cette fois encore, j’ai reçu ici les témoignages. Le sentiment de posséder une plus grande patrie renferme un grand bonheur.
Mais répondre en détail à toutes les appréciations si élogieuses,... cela dépasse mes moyens.
Elles comprennent toutefois un point spécial sur lequel je me permettrai d’insister brièvement.
On a dit que, moi aussi, et dans un poste avancé, j’ai contribué à créer une époque nouvelle dans les pays.
Je crois, au contraire, que l’époque où nous sommes pourrait à aussi bon droit être désignée comme un terme, d’où quelque nouveauté est en train de naître.
Je crois, en effet, que la doctrine des sciences naturelles sur l’évolution vaut aussi dans l’ordre de la vie spirituelle.
Je crois que nous avons devant nous une époque très prochaine où le concept politique et le concept social cesseront d’exister dans les formes actuelles, et que tous deux s’élèveront à une unité qui enfermera provisoirement les conditions du bonheur humain.
Je crois que poésie, philosophie et religion se fondront en une catégorie nouvelle et une force vitale nouvelle que nous, les
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vivants d’aujourd’hui, ne pouvons d’ailleurs nous représenter clairement.
On a dit de moi, en diverses occasions, que je suis pessimiste.
Et je le suis, en effet, en ceci, que je ne crois pas à l’éternité des idéals humains.
Mais je suis aussi optimiste, en ceci, que je crois fermement à la capacité de reproduction des idéals et à leur force de développement.
Je crois notamment, pour préciser, que les idéals de notre époque, en même temps qu’ils s’effondrent, tendent vers ce que j’ai désigné dans mon drame Empereur et Galiléen sous le nom de « troisième empire ».
Permettez-moi donc de vider mon verre à l’honneur de ce qui est en germe,... de ce qui vient.
C’est un samedi soir que nous sommes ici réunis.
Après lui viendra le jour de repos, le jour de fête,... comme on voudra.
Pour ma part, je serai satisfait du résultat de la semaine de travail de ma vie, si ce travail peut servir à prédisposer les gens à la journée de demain.
Mais avant tout je serai satisfait s’il peut aider à fortifier les esprits dans la semaine de travail qui, infailliblement, viendra ensuite.
Donc, merci !
DISCOURS
Chez Hegel, le 5 octobre 1887.
Je dois un merci au pays et au peuple dont je suis r hôte ; j'ai un merci à offrir aux côtes du Danemark, qui, cet été, m'ont donné abri avec une douce hospitalité ; et je me rappelle amicalement la petite ville aux bois aimables, aux eaux tranquilles. Longtemps j’ai connu la montagne ; la vieille Norvège est richement pourvue de rochers. Mais une merveille m’est arrivée en Danemark : cet été seulement j’ai découvert la mer. La mer libre sur laquelle aucun fjeld ne projette son ombre, la mer ouverte où le soleil habite, où aucun mur de montagne ne se dresse entouré de brume. Et si je formule de nouveau l'exigence pour mon peuple, si un Dieu me met dans la bouche des paroles enflammées, j'apporte de la mer de bons souvenirs. Je sens que son souffle m’apaise le front, et ces eaux unies, douces, lumineuses, m'attendriront le cœur, adouciront la querelle du jour, et pénétreront toute mon œuvre et ma vie. C'est pourquoi je vous dis : Donnez-moi votre amitié, quand je me dirige vers mon pays ; j'ai moi-même besoin de soleil et de mains tendues.
HEDDA GABLER