‹ Œuvres complètes. tome quinzièmeChapitre 49 sur 98 · DISCOURS · texte numérisé non relu

DISCOURS

à propos de tout, s’en allait constamment vers le Nord ; il était aux aguets pour voir si les murs du théâtre n’allaient pas s’élever. On avait un emplacement superbe, si bon (Applaudissements) que si l’on n’avait pas un théâtre à y mettre, il faudrait trouver quelque autre édifice à bâtir. Pour lui et pour tous ceux qui étaient ce soir au théâtre, il était triste de penser que tout ce qu’il se trouve d’intelligence sur la scène, et que nous tous, ne participerons pas au nouveau théâtre. Le projet actuellement proposé n’indiquait que décadence.

Telle qu’était actuellement la situation, cela pouvait durer toute une génération, ou la moitié, mais il n’y avait aucune nécessité d’attendre.

L’orateur voulait dire que s’il avait été à la place du comité pour la construction, s’il avait eu le pouvoir et l’autorité du comité de construction, il se serait engagé à fournir un million de marks dans un délai d’un mois ; s’il avait eu l’affaire en mains, il aurait pris l’engagement de construire en deux ans. (Hilarité.) « Oui, je ne sais pas si vous riez parce que vous doutez? » mais l’orateur ne voulait pas attendre les dons de gens riches, car ces dons-là n'affluaient pas en abondance. L’orateur irait à la compagnie de l’alcool, et lorsqu’il aurait une garantie formelle et que les actes seraient en règle, il ferait ses malles et se chargerait de procurer à telles et telles conditions un million à 4 ou 4 et demi pour 100. L’orateur était homme d’affaires... Il l’avait bien montré. Les gens voudraient spéculer sur les actions et former un consortium. On devrait donc exiger un contrôle sur la façon dont l’affaire serait menée, et dont le théâtre serait aménagé. L’orateur demanderait à Oscar Blumenthal comment, au cours d’une année, il avait eu son charmant Théâtre Lessing, il irait trouver Barnay et lui demanderait comment il avait mis sur pied son magnifique Théâtre de Berlin, puis, à Vienne, le directeur du Volkstheater lui dirait comment il s’était procuré deux à trois millions en un an et demi, puis à Zurich, où le théâtre a brûlé il y a dix-

ŒUVRES DE KRISTIANIA

huit ou dix-neuf mois, et où Ton n'a pas attendu seize à dixsept ans pour poser la première pierre. Bref..., ceci était certain : comme l'affaire était engagée, elle ne pouvait pas marcher. Il fallait s'y mettre sérieusement, et alors, ça irait.

L'orateur avait eu un rêve, où il s'agissait d'une nouvelle fête. On avait fêté ce soir la centième de sa pièce, c'était une fête pour le 18 octobre 1869, mais s'il y avait un progrès européen dans notre ville, il devrait y avoir aussi une fête si la première pierre du nouveau théâtre pouvait être posée cette année le 18 octobre. (Applaudissements frénétiques.) Bjôrn Bjôrnson : Oui, ce sera fait. Le 18 octobre deviendra un de nos jours les plus mémorables.

L’orateur a finalement renouvelé ses remerciements pour la sympathie qui lui était témoignée ce soir, et a exprimé le vœu que l’on se retrouverait à la fête d’inauguration du nouveau théâtre dans deux ans jour pour jour !

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