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LES REPRÉSENTATIONS

Les premières eurent lieu à Goteborg le 30 janvier 1895, à Stockholm le 14 mars, à Helsingfors le 21 janvier, à Berlin le 12 janvier, à Chicago au printemps, à Milan le 22 février, à Vienne le 27 février, à Paris le 8 mai, etc. A Budapest et à Londres on attendit jusqu'en 1896.

En France, où Henry Bauer dit que le drame « nous frappe d’étonnement par son originalité grandiose », Le petit Eyolf paraît avoir laissé, en général, une impression assez confuse, et la plupart des critiques estiment que la fable, à la fois bizarre et plutôt banale, ne prend vraiment un sens, d’ailleurs assez clair, que par les symboles h

Par la suite, Le petit Eyolf paraît avoir été assez négligé par les critiques et par l’opinion. Edmund Gosse (1907) y admire la virtuosité technique d’Ibsen, qui a fait là un « exercice sur la corde raide. Nous pouvons imaginer qu’aucun drame ne lui a donné plus de satisfaction à écrire, mais pour son plaisir le lecteur peut préférer une moindre agilité sur le trapèze » *. Et Gerhard Gran estime que, malgré l’habile construction de l’ouvrage et quelques scènes superbes, comme celle de la femme-aux-rats et d’Eyolf, les signes de vieillesse, déjà sensibles, selon lui, dans Le Constructeur Solness, s’accusent fortement ici, d’où il suit qu'Ibsen, devenu moins capable de se renouveler, se répète, et puise, dans le fonds de ses œuvres antérieures, personnages et motifs auxquels il ne sait plus ajouter presque rien 1 * 3 .

Le nouveau drame fut délaissé. Le « Théâtre national », qui succéda en 1900 au vieux « Théâtre de Christiania », et qui

1 A. Dikka Requc, Trois auteurs Scandinaves , Ibsen , Bjôrnson, Strindberg i devant la critique française, pp. 108-124.

Jules Lemaître ayant commis l’erreur de croire que la révélation d’Asta consistait à dire qu’elle était seulement la demi-sœur d’Allmers, William Archer l’avertit discrètement par lettre privée. Jules Lemaître rectifia publiquement aussitôt, et Ibsen remercia William Archer le 27 juin 1895. ( Breve , II, p. 201.)

i Edmund Gosse, Henrik Ibsen , p. 214.

3 Gerhard Gran, Henrik Ibsen, Liv og Verker, II, pp. 314-317.

T. XV

s’empressa, naturellement, de reprendre peu à peu presque toutes les pièces d’Ibsen, parut ignorer Le petit Eyolf. Il y avait trente ans que la pièce n’avait été jouée à Kristiania lorsqu’un théâtre secondaire, CentraLteatret , eut l’idée de tenter une reprise. La représentation fut seulement convenable, avec un bon ensemble. Mais elle produisit grand effet, et ce fut une renaissance du drame, qui parut plus moderne qu'il n’avait semblé autrefois A .

! Compte rendu d'Anton Ronneberg, dans Morgenbladet , 16 octobre 1929.

LE PETIT EYOLF

PERSONNAGES

Alfred Allmers, propriétaire , homme de lettres, autrefois professeur au cachet.

Madame Rita Allmers, sa femme.

Eyolf, leur fils, neuf ans.

Mademoiselle Asta Allmers, demi-sœur cadette d'Alfred. Borgheim, ingénieur.

La femme-aux-rats.

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