Alfred] Manque
1 . 12-24. — Car c’est ici que nous sommes chez nous,... jusqu’à nouvel ordre.
Mme Allmers. — Oui, c’est ici qu’est le bonheur, [corrigé plus tard en la réplique définitive.)
Allmers. — Le bonheur?
Mme Allmers. — Oui, il nous faut retrouver le bonheur. Sans bonheur je ne peux pas vivre.
Allmers. — Où le trouverions-nous maintenant?
Mme Allmers branle la tête. — Non, non, non,... tu as raison. Nous ne le trouverons jamais, nous qui sommes ici à pleurer le petit Eyolf. (elle jette sur lui un regard interrogateur.) Mais...?
LE GRAND BROUILLON
Allmers. — Mais...?
Mme Allmers, vite, comme effrayée.
P. 373 » 1 - 4- — Oublier le chagrin, je veux dire.
1 . io-ii. — Car cette situation, je ne la supporterai pas, à la longue !
Allmers. — Mais le souvenir, Rita? Nous n'y échapperons pas. Et le souvenir, ça ronge.
Mme Allmers. — Le souvenir du petit Eyolf s'adoucira avec le temps. Oh ! ne le crois-tu pas, Alfred?
Allmers. — C'est possible... un jour, peut-être. Mais le vide qu'il laisse... restera sûrement toujours sensible.
Mme Allmers, le regard perdu. — Non, il y a cela [D'abord écrit : le vide.] Le vide, le vide. Chaque jour, à toute heure,... au moindre détail, on s'en apercevra. [Le commencement de la réplique suivante , jusqu'au mot manteau, a d'abord fait partie de celle-ci .]
Allmers. — Rien que la chaise vide à table. Rien que l'absence de son manteau dans l'antichambre...
Mme Allmers. — Et dans le vide ne pousse pas le bonheur. Ni toi ni moi ne sommes capables de supporter cela, Alfred. [D'abord écrit : Aimer.] Il faut que nous trouvions de quoi nous procurer l'oubli.