‹ Œuvres complètes. tome septièmeChapitre 101 sur 135 · DES FEMMES · texte numérisé non relu

DES FEMMES

Ils sont aimables et gentils !

D'AUTRES

Si simples et bien populaires !

LE SACRISTAIN Ils n’exigent pas de victimes.

L'INSTITUTEUR Ils savent plus que le Pater!

(La troupe s’éloigne vers le bas.)

LE DOYEN, au bailli.

Ceci va réformer le ton.

Un changement complet est proche ; car il existe. Dieu merci, ce qu’on appelle réaction.

T. VII

ŒUVRES D’ITALIE

LE BAILLI

Ce fut mon œuvre, d’étouffer tout désordre au moment critique.

LE DOYEN

Hé, c’est surtout à ce miracle...

LE BAILLI

Miracle?

LE DOYEN Le banc de poissons.

LE BAILLI, siffle .

Un mensonge, bien entendu !

LE DOYEN Ah, bah? mensonge?

LE BAILLI

J’ai lancé

la première idée que j’ai eue;...

est-ce à blâmer, dans une affaire aussi grave?

LE DOYEN Non, certes non ;

quand il faut, c’est très défendable.

LE BAILLI

D'ailleurs, après un jour passé, quand les gens auront réfléchi, qu’importe si l’on a gagné par vérité ou par mensonge?

BRAND

LE DOYEN

Non, je ne suis pas rigoriste.

(Il regarde vers les hauteurs .)

Hé, mais, n’est-ce pas Brand, là-bas, qui se traîne?

LE BAILLI Oui, parfaitement !

Guerrier qui fait seul sa croisade !

LE DOYEN

Non ; attendez, j’en vois une autre...

loin derrière lui !

LE BAILLI

Hein c’est Gerd !

La compagne est digne de lui.

LE DOYEN, amusé.

Après sacrifice accompli, on inscrira cette épitaphe :

Ci-gît Brand ; sa victoire est mince ; une seule âme,... qui est folle !

LE BAILLI, un doigt appuyé contre son nez.

Mais en y réfléchissant bien, le jugement du peuple était un peu inhumain, tout de même.

LE DOYEN, hausse les épaules.

Bah, vox pofuli, vox Dei !

( Ils sortent.)

5oo

ŒUVRES D’iTALIE

(Sur les hauteurs désertes. L'orage augmente et chasse les nuages, par lourdes masses, sur le plateau neigeux ; des cimes et pics noirs se dressent çà et là, puis sont de nouveau cachés par le brouillard.)

BRAND, sanglant et meurtri , arrive sur le fjeld .

BRAND, s’arrête et regarde en arrière.

Mille m'ont suivi d’en bas ; nul n’est parvenu en haut.

Tous les cœurs sont pénétrés du désir d’un temps plus grand ; sur toutes les âmes plane l’appel à un haut combat.

Mais le sacrifice effraye ; lâche et mou, le vouloir tombe puisqu’^ homme est mort pour tous,... lâcheté n’est plus un crime !

(Il s’affaisse sur une pierre et regarde timidement autour de lui.)

J’ai senti souvent l'effroi ; mes cheveux perlaient de peur quand j’allais, petit enfant, au milieu des aboiements, dans la sombre chambre au spectre.

Mais j’ai comprimé mon cœur, m’exhortant par la pensée :

la lumière luit dehors, l’ombre n’est pas nuit, ni soir,...

ce n’est que buée sur la vitre.

Et l’éclat du jour, pensais-je, flamme claire de l’été, soudain, par la porte ouverte.

BRAND

va, superbe, se répandre

dans la sombre chambre au spectre.

Oh, r amère déception.

La nuit noire me saisit,...

et dehors, des hommes mornes, çà et là, le long du fjord, massent des souvenirs morts, et les gardent, tel le roi qui, des années, a veillé sur le corps de sa Snefrid, écoutant si le cœur bat, soulevant le bout du suaire, se flattant d’un faible espoir, croyant voir les roses rouges du sang jaillir de la morte.

Nul ne s’est relevé pour donner son dû à la tombe.

Nul d’entre eux ne sait ceci :

rêver ne rend pas la vie, le cadavre est pour la terre, tout son rôle est de donner pâture au germe nouveau...

Nuit, rien que nuit,... nuit toujours sur femmes, enfants et hommes !

Que ne puis-je, éclair en main, les sauver de cette angoisse que la mort du corps leur cause !

(Il se lève brusquement.)

Je vois des ombres qui passent, chevauchée d’enfer nocturne.

ŒUVRES D'iTALIE

Notre temps, vêtu d'orage, exige une action vitale, elle veut l'acier brandi, au côté, le fourreau vide je vois des parents en lutte,...

frères tapis, bien tranquilles, coiffés du chapeau d’oubli.

Et j’observe plus encore,.. „ la hideur de la bassesse,., plaintes, cris de femmes, d’hommes, sourds à l'ordre et aux prières,...

se gravant au front leur titre d’indigents des bords de mer, gens que Dieu frappa billon.

Blêmes au fracas d’orage, ils croient être protégés par leur inertie voulue...

Arc-en-ciel du mât de mai, drapeau, qu’es-tu devenu?

Et où sont les trois couleurs frémissantes à la hampe quand tonnaient les chants du peuple, si bien qu’un roi exalté y tailla et dents et langue?

Tu hâblas avec la langue ; à dragon qui n’ose mordre aiguiser les dents est vain ;...

les gens auraient pu se taire, les ciseaux royaux, attendre ; le drapeau de paix carré suffit comme appel d’alarme

BRAND

quand un choc perd un navire !

L'avenir, percé d'éclairs, montre temps et visions pires !

Noir s'étend sur le pays l'épais nuage de charbon des Anglais, et toute fraîche frondaison en est salie, tout beau germe est étouffé, ce poison rase la terre, obscurcit partout le jour, ainsi que la pluie de cendres sur la ville condamnée...

Et la race s'enlaidit ;...

le chant des gouttes qui tombent bruit aux circuits de la mine ; affairée, l'armée de gnomes, libérant le minerai, âme et dos bossus, chemine, nains à l’œil qui fixe, avide, l'or luisant et son mensonge.

Ames muettes, sans sourire, cœurs froids à la mort des frères, qu'émeut peu leur propre chute ils martèlent, frappent, liment ; la lumière est oubliée ; tous ces gens ne savent plus que l'on doit vouloir encore, quand la force est épuisée !

L'avenir, percé d'éclairs, montre temps et visions pires !

Le loup Ruse aboie après

ŒUVRES D'iTALIE

la Raison, soleil terrestre ; des cris d'appel vers le Nord ordonnent qu'on parte en guerre ; couards, grognons, les gnomes sifflent,... non, ce n'est pas mon affaire.

C'est aux peuples forts d'agir ; d'autres pourront s'en charger ; nous n'avons nul sang à perdre,...

nous sommes petits, sans force pour un duel de vérité ; nous ne pouvons sacrifier le peuple pour avoir part médiocre au salut du monde.

Non pour nous fut bue l’éponge, ni la couronne d’épines ceinte sur le front sanglant, ni le flanc du crucifié percé par l’épieu romain, non plus qu’enfoncés les clous dans ses pieds et dans ses mains.

Nous venons en queue, petits, nous narguons l’appel aux armes.

Non pour nous la croix fut prise !

Seul le coup de tire-pied, coup d’Ahasvérus, cinglant l'épaule du condamné, dans son affre est notre part !

( Il se jette par terre dans la neige et se couvre le visage, au bout d'un instant il regarde en l'air.)

J’ai rêvé? Suis-je éveillé?

Tout est gris, voilé de brume.

BRAND

N’est-ce que visions malsaines, ce que jusqu’ici j’ai vu?

L’image est-elle effacée, où fut créée l’âme humaine?

L’esprit de notre origine serait-il donc aboli?

(Il écoule.)

Il y a des chants dans T air !

LE CHŒUR DES INVISIBLES, mugit dans l'orage.

Tel que lui jamais, jamais tu ne pourras devenir,... car en chair tu fus créé ; fais son œuvre ou trompe-le, aussi bien tu es perdu !

BRAND, répète les paroles et dit à voix basse :

Ah, malheur ; je le crois presque !

Dans l’église il rejeta Ma prière avec colère.

Tout mon bien, il me Ta pris, il a barré tout chemin qui menait vers la lumière, il m’a fait lutter à mort et essuyer la défaite !

LE CHŒUR, résonne plus fort au-dessus de lui.

Ver de terre, tel que lui, tu ne deviendras jamais, vide est ta coupe de mort ; suis-le ou trahis sa cause, ton œuvre est damnée de même !

ŒUVRES D’ITALIE

BRAND, calme.

Alf, Agnès, et jours heureux, vie en paix et en repos, contre lutte douloureuse je vous ai troqués, brisant mon cœur par ce sacrifice,...

mais le monstre, plaie du peuple, je ne l'ai pas abattu.

LE CHŒUR, avec douceur et séduction.

Tel que lui, rêveur, jamais tu ne pourras devenir ; si tu as perdu tes biens,...

tu ne Tas pas fait plus riche ;...

tu es créé pour la terre !

BRAND, se met à pleurer tout doucement .

Alf, Agnès, oh, revenez;

je suis seul sur cette cime,

transi par le vent du nord,

proie des spectres mous et moites... !

(Il regarde en Vair ; une lueur paraît et s'étend dans le brouillard ; une femme est là , en costume clair , un manteau sur les épaules . C'est Agnès.)

L'APPARITION, sourit et tend les bras vers lui .

Brand, me voici revenue !

BRAND, sursaute t éperdu.

Oh, Agnès ! Que signifie... !

L'APPARITION

Cher, c'était un rêve en fièvre !

Ces vapeurs vont disparaître !

BRAND

BRAND

Oh, Agnès !

f 11 veut courir vers elle.) L’APPARITION CRIE :

Ne passe pas !

Vois, ce gouffre est entre nous !

Les eaux du fjeld s’y déversent.

(Avec douceur.)

Tu ne rêves, ni ne dors,

tu n’es plus en proie aux spectres.

Cher, tu as été malade,...

bu la folie, philtre amer, rêvé la mort de ta femme...

BRAND

Oh, tu vis ! Ah, loué soit... !

L’APPARITION, vite.

Chut, cela viendra plus tard !

Suis-moi, suis-moi ; le temps presse.

BRAND

Oh, mais Alf?

L’APPARITION

Pas mort non plus. .

BRAND

Il vit !

L’APPARITION Il est sain et rose !

ŒUVRES D’ITALIE

Tes chagrins n’étaient que rêves, ton combat, une illusion.

Alt est chez ta vieille mère ;

elle va bien ; il est grand ;

l’église existe toujours ;

démolis-la, si tu veux ;...

les gens du canton travaillent

tous les jours, comme au bon temps.

BRAND

Bon?

L'APPARITION

Oui... quand régnait la paix.

BRAND

Paix !

L'APPARITION

• Oh, hâte-toi, Brand ; viens !

BRAND

Je rêve !

L’APPARITION Plus maintenant.

Mais tu as besoin de soins...

Je suis fort.

L’APPARITION

Non, pas encore ; l’horreur du rêve te guette.

Tu iras, voilé de brume, loin de moi et de l’enfant, ton esprit s’obscurcira,...

si tu n’essaies le remède.

BRAND 509

BRAND

Donne !

L'APPARITION

A toi de l'appliquer.

Tu le peux, toi seul, nul autre.

BRAND

Quel est-il?

L'APPARITION

Le vieux docteur, qui a lu maint et maint livre, savant jusqu'au bout des ongles, a compris ta maladie.

Les visions vilaines, blêmes, trois mots les ont évoquées,...

qu’il faut hardiment rayer, effacer de ta mémoire, biffer de la loi suprême.

Par ces mots, le mal t’a pris en rafale de folie;...

oh, oublie-les, si tu veux purifier du mal ton âme !

BRAND

Dis-les donc !

L’APPARITION C’est : « Tout ou rien, »

BRAND, recule.

Non?

L’APPARITION

Aussi vrai que je vis et que tu mourras un jour !

ŒUVRES D ITALIE

BRAND

Malheur à nous deux ! L'épée reste suspendue sur nous !

L’APPARITION

Brand, sois bon ; viens dans mes bras ; prends-moi dans ta forte étreinte cherchons le soleil, l'été...

BRAND

Le mal ne reviendra plus.

L’APPARITION Oh, il reviendra, sois sûr.

BRAND, hoche la tête.

J'en suis quitte, et sans retour.

Plus d'horreur de rêves fous,...

c'est l'affreuse vie qui vient !

L’APPARITION

La vie?

BRAND

Suis-moi, Agnès !

L’APPARITION

Reste !

Que veux-tu?

BRAND

Ce que je dois :

vivre ce qui jusqu'ici est rêvé ,... ce qui encore est vision , le rendre vrai .

BRAND

L’APPARITION Impossible ! Où cela mène,

Tu le sais !

Je recommence !

L’APPARITION

Le sinistre cauchemar, tu le veux libre, éveillé?

BRAND

L’esprit clair.

L’APPARITION

Perdre l’enfant?

BRAND

Perdre l’enfant.

L’APPARITION Brand !

BRAND

Il faut.

L'APPARITION

M’arracher vive au filet?

Me frapper à mort des verges du sacrifice?

BRAND

Il le faut.

L’APPARITION

Dans la nuit, lueurs éteintes, condamné, l’éclat du jour,

ŒUVRES D’ITALIE

interdits, fruits de la vie, et chants doux qui vous élèvent?

Dire que j'en connais tant!

BRAND

Il faut. Ta prière est vaine.

L’APPARITION

Oublies-tu donc de quel prix fut payé ton sacrifice?

Déçu, ton espoir d'éveil ; tous t'ont quitté, t'ont frappé !

BRAND

Ce n'est pas pour un salaire que je veux souffrir ; ni pour mon triomphe que je lutte.

L’APPARITION

Pour ces gens dans leur puits sombre !

BRAND

Un peut éclairer beaucoup.

L'APPARITION

Mais leur race est condamnée !

Vouloir d'un seul peut beaucoup.

L’APPARITION

Le porteur du glaive ardent chassa du paradis l'homme !

D'un gouffre il barra la porte;...

Tu ne la franchiras pas !

BRAND

BRAND

Le désir y tend du moins !

L'APPARITION, disparaît dans un fracas; le brouillard a un remous à V endroit où elle était , et Von entend un cri aigu , perçant , comme d'une personne qui s'enfuit.

Meurs ! De toi on n'a que faire !

BRAND, demeuye un instant interdit.

Disparu dans le brouillard,...

porté par de grandes ailes sur le fjeld, comme un autour.

On voulait un petit doigt pour avoir ma main entière... !

C’est l’esprit de compromis !

GE RD, arrive avec un fusil.

L’autour ! As-tu vu l’autour?

BRAND

Cette fois, oui, je l’ai vu.

Dis vite où il est allé ; nous irons, nous l’atteindrons !

BRAND

Sur lui, nulle arme n’a prise ; on dirait parfois qu’il fuit, atteint par le plomb mortel;.., tu envoies le coup de grâce,...

et il est derrière toi, aussi fier, qui rit encore.

t. vu.

ŒUVRES D'ITALIE

GERD

C'est l'arme au chasseur de rennes, chargée d'argent et d'acier ; je ne suis pas aussi folle qu'on dit !

BRAND

Poursuis donc ton but !

(Il va pour sortir.)

GERD

Mais tu boites d’un pied, prêtre.

Dis?

BRAND

Le peuple m’a chassé.

GERD, plus près.

Rouge comme sang du cœur est ton front.

BRAND Il m'a frappé.

GERD

Ta voix, qui était chantante,...

craque comme feuille sèche !

BRAND

Tout et tous...

GERD

Quoi?

BRAND

M’ont trahi.

BRAND

GE RD, le regarde en ouvrant de grands yeux.

Ha,... je te connais enfin !

J’ai cru voir en toi le prêtre ;...

fi pour lui et tous les autres !

Tu es l’homme, le plus grand.

BRAND

Follement je l’ai cru presque.

GERD

Tes mains, montre, que je voie !

BRAND

Mes mains?

GERD

Trouées par les clous !

Je vois tes cheveux sanglants,...

la morsure des épines

fut profonde dans tes tempes.

Tu as été crucifié I

Père, à moi, enfant, disait

que c’est une histoire ancienne,

bien loin, qu’un autre a subie ;...

mais je vois qu’il m’a trompée;..

c’est toi qui es le sauveur !

BRAND

Arrière !

GERD

Faut-il que je tombe à tes pieds et que je prie?

Va-t’en !

BRAND

ŒUVRES D ITALIE

GERD

C'est ton sang versé qui peut sauver tout le monde !

BRAND

Je n'ai planche de salut même pas pour ma pauvre âme !

GERD

Tue-les donc ! Prends mon fusil !

BRAND, branle la tête.

Il faut lutter, et tomber.

GERD

Pas toi ; tu marches en tête !

Tes mains ont les trous de clous;...

tu es élu... le plus grand.

BRAND

Le plus humble ver de terre.

GERD, regarde en . V air , où les nuages se dissipent .

Sais-tu où tu es?

BRAND, les yeux fixes devant lui.

Je suis

tout en bas de l'escalier ; il est haut ; j'ai mal au pied.

GERD, plus violemment.

Réponds ! Sais-tu où tu es?

BRAND

Le manteau de brume tombe...

BRAND

GERD

Oui, il tombe ; et le Pic Noir jusqu'au ciel dresse sa cime !

BRAND, regarde.

Pic Noir? L'église de glace !

GERD

Oui ! T'y voilà donc quand même !

BRAND

Oh, à mille lieues d’ici !...

Quel désir, au fond de moi, de soleil, douceur, lumière, de silence et paix d’église, de vie estivale et belle !

(Il se met à pleurer.)

Jésus, j’ai crié ton nom ; tes bras ne m’ont pas étreint ; tu glissais tout contre moi, tel un vieux mot sur la langue ; du drap de salut, que mouille le vrai vin de pénitence, laisse-moi toucher un pan !

GERD, pâle.

Qu’y a-t-il? Tu pleures, toi,

des pleurs chauds dont ta joue fume,...

chauds à fondre le linceul

qui recouvre le névé,...

si chauds qu’ici ma mémoire

glacée se résout en larmes,...

ŒUVRES D’ITALIE

chauds à répandre à ses pieds l'aube du prêtre du Pic... !

(La voix tremblante.)

Que n'as-tu pleuré plus tôt !

BR AND, clair , rayonnant et comme rajeuni.

Par la loi, on est glacé,...

puis, soleil d'été là-haut !

Jusqu'ici je voulais être table où Dieu pouvait écrire ;...

désormais ma vie de rêve s'humiliera chaude et riche.

Plus de gel. Je peux pleurer, tomber à genoux,... prier!

(Il tombe à genoux.)

GE RD, regarde en l’air et dit à voix basse , peureuse :

Le voilà, fi, le vilain !

C'est lui qui projette l'ombre quand il bat les flancs du Pic du bout de ses larges ailes.

L'heure du salut approche...

pourvu que l'argent ait prise !

(Elle porte le fusil à sa joue et tire. Un sourd vacarme, comme d'un coup de tonnerre, résonne en haut de la paroi de rocher.)

BRAND, se levant en sursaut.

Que fais-tu?

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