‹ Œuvres complètes. tome septièmeChapitre 95 sur 135 · VOIX · texte numérisé non relu

VOIX

Le ciel a donné la manne quand les élus avaient faim !

LE DOYEN

Derrière vous, crient vos femmes !

LES VOIX, très éloignées .

Fi de ceux qui se dérobent !

LE DOYEN

L'enfant geint : père est parti !

TOUTE LA TROUPE Avec nous ou contre nous !

LE DOYEN, les regarde un moment , les mains j ointes , et dit , découragé :

Sans troupeau, la perte est lourde pour le vieux berger qui reste dépouillé, et presque nu !

LE BAILLI, avec un geste de menace vers Br and.

C'est sa chute, sa déroute !

A nous, bientôt, la victoire !

BRAND

LE DOYEN, prêt à pleurer .

Victoire? Us nous sont ravis... !

Nous ne sommes pas battus, si je connais mes moutons !

(Il suit la foule.)

LE DOYEN

Où donc s'en va le bailli?

Il les suit, par ma parole !

Ah, bien, je reprends courage.

Moi aussi, j'irai là-haut,...

je ferai des prisonniers !

Oui, qu'on selle mon coursier qu’on me donne jument sûre, habituée à la montagne !

(Ils sortent.)

(Près du plus haut chalet du canton. Le paysage s’élève au fond iuaqu’à de vastes espaces déserts. Temps pluvieux.)

BRAND, suivi par la foule , — hommes , femmes et enfants , — gravit les coteaux.

BRAND

En avant vole la victoire !

Au fond, le canton est fermé, le temps, sur lui, de fjeld en fjeld, a tendu son voile de brume.

Oubliez que l'endroit est morne ; hommes de Dieu, volez haut, libres !

ŒUVRES D’iTALIE

UN HOMME

Attends ; mon père est vieux et las.

UN AUTRE

Je n'ai rien mangé depuis hier...

PLUSIEURS Apaise la faim et la soif !

BRAND

En avant sur le fjeld, d'abord !

L’INSTITUTEUR

Par où?

BRAND

Tous les chemins se valent, pourvu qu'ils tendent vers le but.

Venez par là...

UN HOMME

Non, c'est abrupt ; nous n'y serons pas à la nuit !

LE SACRISTAIN L'église de glace est par là.

BRAND

La route abrupte est la plus courte.

UNE FEMME Mon fils a mal !

UNE AUTRE

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