‹ Œuvres complètes. tome treizième, Les Drames modernes (suite)Chapitre 129 sur 300 · attire - et] Manque · texte numérisé non relu

attire - et] Manque

P. 149, 1. 1. — tourne] regardant

1. 18. — P. 153, 1. 23. — Bon, alors vous avez du temps un peu pour tout ; et là-dedans, ce doit être un monde à part, î’imagine. [La réplique était d'abord : Je pense bien : ce doit être là un monde à part.]

Hedvig. — Tout à fait à part. Et il y a tant de choses merveilleuses.

Gregers. — Vraiment?

Hedvig. — Oui, il y a de grandes caisses avec des livres, et dans beaucoup des livres il y a des images.

Gregers. — Aha !

Hedvig. — Et puis il y a un vieux secrétaire avec des pupitres et des tiroirs, et une grande pendule avec des personnages qui s’avancent. Mais elle ne marche plus.

Gregers. — Alors le temps s’est arrêté là-dedans... chez le canard sauvage.

Hedvig. — Oui. Et puis il y a de vieilles boîtes de couleurs ; et puis tous les livres.

Gregers. — Et vous les lisez ces livres, n’est -ce pas?

Hedvig. — Oh 1 oui ; mais la plupart sont en anglais, que je

ne comprends pas. Mais alors je regarde les images. Il y a un très grand livre qui s'appelle Harryson s History of London , [Ajouté après coup : il a sûrement cent ans] et il contient énormément d'images. En tête est représentée la mort avec un sablier, et d’autres personnages. Ça, c'est vilain, je trouve. Mais il y a d’autres images avec des églises et des châteaux et des rues et de grands vaisseaux qui vont sur la mer.

Gregers. — Et quand vous regardez toutes ces images, vous avez sans doute envie d’aller à Londres.

Hedvig. — Y aller, je ne le peux pas ; mais ce n’est pas nécessaire non plus.

Gregers. — Non, non, car vous le connaissez. Et puis, vous ne pourriez vous arracher au canard sauvage.

Hedvig. — Il me manquerait, c'est sûr. Car il est si singulier. Personne ne le connaît, et personne ne sait d’où il est [Biffé : venu]...

P. 153, 1. 26. — jette - d’œil] le regarde

P. 155> 1* 5* — se tait et] Manque.

1. 10. — P. 167, 1. 5. — Oh ! non, ce sera bientôt prêt. Débarrasse la table, Hedvig.

(Elle débarrasse la table; elle et Gina mettent le couvert pendant ce qui suit. Gregers s’assied et feuillette un album.)

Gregers. — J’entends dire que vous savez retoucher, madame Ekdal.

Gina, avec un regard de côté. — Oui, je sais.

Gregers. — Ça s’est vraiment bien trouvé.

Gina. — Comment cela?

Gregers. — Que Hjalmar soit devenu photographe.

Gina. — Je sais aussi photographier; je l’ai appris.

Gregers. — Alors, c'est vous, peut-être, qui dirigez les affaires?

Gina. — Oui, quand Ekdal n’a pas le temps lui-même, je...

(Un coup de feu est tiré dans le grenier.)

Gregers, sursautant. — Qu’est-ce que c’est?

Gina. — Aïe, voilà qu’ils tirent encore !

Gregers, allant à l'ouverture de la porte. — Ils tirent aussi !

[Ajouté après coup : Hdv. — Ils vont à la chasse.

Gr. — Comment ! Tu vas à la chasse, Hjalmar?]

Hjalmar, de l’autre côté du filet. — Tu es arrivé? Je ne savais pas. [Ajouté après coup : (à Hedvig :) Et toi, qui ne nous préviens pas.]

Gregers. — Tu tires là-dedans [Ajouté après coup : dans le grenier.]?

Hjalmar montre un pistolet [Écrit d'abord : revolver] à deux coups. — C’est seulement avec ça. [Introduit après coup : (il entre dans l’atelier.)]

Gina. — Oui, tu finiras par faire un malheur avec ce pissolet.

Hjalmar [Ajouté après coup : vexé.] — Je t’ai [Écrit d'abord : Je crois t’avoir] dit souvent que cette arme à feu s’appelle un pistolet !

Gina. — Oh ! [Biffé : l’un ne vaut pas mieux que l’autre] ce n’est pas beaucoup mieux, je trouve.

Gregers. — Alors, tu te livres à la chasse, ici.

[Biffé : Hjalmar. — Rien qu’un peu de tir à la cible. C’est surtout pour père, tu comprends. Et c’est une chance que personne ne peut l’entendre au-dessous.

Gregers. — Tu as aussi un fusil de chasse, je vois.]

Hjalmar. — C’est celui de père. On ne peut pas tirer avec, il y a quelque chose de détraqué au chien. Mais c’est amusant tout de même de l’avoir, car nous pouvons le prendre de temps en temps, le nettoyer, le graisser avec du suif et le revisser.

Hedvig, qui s’est approchée. — Maintenant vous pouvez bien voir le canard sauvage.

Gregers. — Je suis justement en train de le regarder. Il traîne un peu l’aile, il me semble.

Hjalmar. — Ce n'est pas étonnant ; il a été blessé.

Gregers. — Et il traîne un peu la patte aussi, n’est-ce pas?

Hjalmar. — Peut-être un tout petit peu.

Hedvig. ■ — Oui, c'est la patte où le chien V a mordu.

Hjalmar. — Mais il n’en pâtit pas du tout ; et c'est vraiment curieux pour une bête qui a reçu dans le corps une charge de plombs, et qui a été prise entre les dents d’un chien...

Gregers. — ... et qui a été au fond des mers... si longtemps.

Hedvig, souriant. — Oui.

Gina, près de la table. — Hedvig, il faut venir m’aider.

(Gina et Hedvig sortent dans la cuisine.)

Hjalmar se baisse sous le filet et entre dans l’atelier. — Je ne te demanderai pas d’entrer auprès de père ; car il n’aime pas ça. Je ferai bien de fermer avant que les autres arrivent. (Il remonte le filet et ferme les parties supérieures des demiportes.) Tous ces agencements sont nécessaires, vois-tu, car Gina ne voudrait pas avoir des lapins et des poules dans l’atelier.

Gregers. — Bien entendu ; une bonne maîtresse de maison, comme ta femme...

Hjalmar. — Ce filet de pêche est de mon invention. Et c’est vraiment très amusant d’avoir à s’occuper de ça et à le réparer quand parfois ça se détraque.

Gregers. — Nous avons fait beaucoup de chemin dans le monde, nous deux, Hjalmar.

Hjalmar. — Comment l’entends-tu?

Gregers. — C’est moi qui ai été le plus loin ; car j’en suis venu à ce point que je ne serai bientôt plus bon à aucune œuvre de Dieu.

Hjalmar. — Tu n’as pas non plus besoin d’être bon à rien. Tu peux très bien vivre sans cela.

Gregers. — Tu crois ça?

Hjalmar. — Oui, tu n’as, il me semble, rien à craindre.

Gregers. — Bon, mais toi-même?

Hjalmar, plus 'bas. — Que puis-je y faire si tout s'est passé comme ça s'est passé,... si j'ai été jeté hors de ma voie...

Gregers. — Ce n’est pas ça que je veux dire...

Hjalmar. — Alors tu veux dire peut-être que je ne me pousse pas assez par mon travail;... tu trouves peut-être que je ne peine et trime pas assez.

Gregers. — Je ne sais pas du tout combien tu peines et trimes.

Hjalmar. — Oui, tu trouves naturellement qu’il y a trop de temps gaspillé à des choses inutiles.

Gregers. — Pas du temps, mais de la volonté.

Hjalmar. — Mais puis-je laisser mon pauvre vieux père tellement seul? N’est-il pas naturel que j'aie quelque attention aux menues occupations qui l'amusent?

Gregers. — Est-ce uniquement pour ton père...?

Hjalmar. — Oh ! non, peut-être pour moi aussi. J’ai besoin de quelque chose qui vous transporte hors de la réalité.

Gregers. — Alors tu n’es donc tout de même pas heureux?

Hjalmar. — Heureux,... heureux? Si, en un sens, je le suis. Je vis très bien... on peut dire. Mais tu peux bien penser qu’une situation de photographe,... pour un homme comme moi, ce n'est que provisoire.

Gregers. — Ah oui !

Hjalmar. — Naturellement. Aussi,... franchement, Gregers, j’ai besoin de quelque chose qui puisse combler [Biffé : la réal...] l’intervalle...

Gregers. — Le travail ne pourrait -il pas le faire?

Hjalmar. — Non, non, non, pas seulement le travail; j’ai besoin de chasser l'intervalle par le rêve,... de sauter pardessus l’intervalle.

Gregers. — Et quand l'intervalle aura passé,... qu'est-ce qui viendra?

Hjalmar. — Oui, alors viendra l'instant, il faut l'espérer.

Gregers. — Quel instant?

Hjalmar. — Hé, j’ai bien une mission.

Gregers. — Oui, qu'entends-tu par là?

Hjalmar. — Une mission,... un but dans la vie. C’est moi qui restaurerai l’honneur du nom de notre famille. Quel autre pourrait le faire?

Gregers. — Alors c’est là ta mission.

Hjalmar. — Oui, naturellement.

Gregers. — Et quelle voie penses-tu suivre?

Hjalmar. — Mon cher, comment veux-tu que je te le dise d’avance? Cela dépend tellement de la façon dont se combinent les circonstances au moment où l’instant se présente.

Gregers. — Et tu ne doutes pas du tout de l’instant?

Hjalmar. — Ce serait douter de ma destination dans la vie.

Gregers. — Es-tu bien sûr d’avoir une destination?

Hjalmar. — Es-tu fou?

Gregers. — Écoute, Hjalmar, il y a un peu du canard sauvage en toi. Tu as un jour été blessé, tu as plongé et tu t’es accroché aux varechs du fond.

Hjalmar. — C’est drôle.

Gregers. - — Mais maintenant je veux voir si je ne pourrai pas te relever. Car il me semble que j’ai aussi une sorte de tâche dans la vie, tu sais. Pas à la façon dont tu le comprends . pas parce que je le sens comme une destination ou comme un devoir envers les autres, mais parce que je le sens comme une nécessité pour moi.

Hjalmar. — Non, cher Gregers, je ne comprends pas un mot de tout cela... Ah, nous allons bientôt avoir le déjeuner.

P. 167, 1. 9-10. — ils sont - en noir] Manque.

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