‹ Œuvres complètes. tome treizième, Les Drames modernes (suite)Chapitre 128 sur 300 · P. 147, 1. 12. — C’est ça ; c’est ça · texte numérisé non relu

P. 147, 1. 12. — C’est ça ; c’est ça

(Hjalmar et Ekdal ouvrent la partie supérieure des demiportes du grenier. Le soleil y luit par les lucarnes ; des pigeons volent dans tous les sens ; plusieurs marchent et roucoulent sur les poutres ; les poules caquètent par moments.)

Hjalmar entrouvre la partie inférieure de l’une des demiportes. — Fais-toi mince, maintenant, père.

Ekdal se faufile dans l’ouverture. — Tu ne viens pas avec moi?

Hjalmar. — Si, je crois presque... (Il aperçoit Gina à la porte de la cuisine.) Non, je n’ai pas le temps ; il faut que je travaille. Voyons, le filet... (Il tire une corde ; un morceau de filet de pêche tendu descend devant l’ouverture de la porte.) Voilà. (Il retourne à la table.)

Gina. — Il est de nouveau là-dedans?

Hjalmar. — Valait-il mieux, peut-être, qu’il courût en bas chez madame Eriksen? Tu veux quelque chose? Tu disais..,

Gina. — Je voulais seulement demander si tu crois que nous pouvons mettre le couvert ici?

Hjalmar. — Oui, personne de plus ne s’est sans doute annoncé pour aujourd’hui?

Gina. — Non.

Hjalmar. — Eh bien, j’espère que personne ne s’annoncera, et nous mangerons ici.

Gina. * — Bien, bien ; mais ce n'est pas pressé ; tu peux bien te servir encore de la table.

Hjalmar se rassied. — Hé, parbleu, je m'en servirai, de la table. (Gina sort dans la cuisine.)

Ekdal paraît derrière le filet. — J'ai peur qu'il faille déplacer le baquet tout de même, Hjalmar.

Hjalmar. — Oui, c'est ce que j'ai dit tout le temps.

Ekdal. — Hm-hm-hm. (On ne le voit plus.)

(Hjalmar travaille un peu, guigne l'ouverture de la porte et se lève à demi. Hedvig entre, venant de la cuisine.)

Hjalmar se rassied vivement. — Qu'est-ce que tu veux? Viens-tu me surveiller peut-être?

Hedvig. — Non pas du tout. N'y a-t-il rien à quoi je puisse t'aider?

Hjalmar. — Oh! non, il vaut mieux que je fasse ça tout seul... tant que mes forces y suffiront. (Hedvig va à l'ouverture de la porte et regarde un moment dans le grenier.) A quoi est-ce qu'il s'occupe, dis?

Hedvig. — Il y aura sûrement un nouveau chemin pour monter au baquet.

HjALMARse lève. — Jamais il ne s'en tirera tout seul. Écoute, Hedvig,... tu es adroite, toi; prends ce pinceau...

Hedvig. — Bien, père.

Hjalmar. — Rien qu'un instant, tu comprends. C'est la retouche, là...; en voici une comme modèle.

Hedvig. — Oui, je sais bien; j'ai fait ça avec les autres.

(Il écarte un peu la partie inférieure de l’une des demi-portes, entre dans le grenier en se baissant et referme la porte derrière lui. Hedvig travaille à la retouche. On entend Hjalmar et Ekdal se disputer.)

P. 147, 1. 13. — apparaissant] Manque.

Page 1