Après cette ligne est écrit
Molvik. — Oui, on veut affirmer cela de moi.
1. 20. — P. 176, 1. 4. — Et les natures démoniaques ne peuvent pas marcher droit dans le monde, voyez-vous. Il faut à ces gens-là faire des crochets de temps en temps. Vous avez vécu bien longtemps là-haut à l'usine, monsieur Werle.
Gregers. — J'y ai vécu pas mal d'années.
Relling. — Comment diable avez-vous pu le supporter?
Gregers. — Oh, quand on a des livres, on...
Relling. — Des livres ! Ils ne sont bons qu'à vous rendre fous.
Gregers. — Mais il y a des gens aussi.
Relling. — Oui, la population ouvrière. Écoutez, je jurerais que vous avez une mission dans la vie.
Gregers. — Je le crois aussi.
Hjalmar. — Et c'est une foi qui fortifie, Relling.
Relling. — Oui, tu as bien ton mot à dire là-dessus.
Hjalmar. — Oh, oui.
(On frappe à la porte du grenier.)
Gina. — Hedvig, ouvre à grand-père.
(Hedvig entr' ouvre la porte ; le vieil Ekdal entre en se baissant sous le filet.)
Ekdal marmonne. — Bonjour, messieurs. Bon appétit ! Hm !... (Il entre dans sa chambre.)
Relling. — Buvons un verre pour lui, Ekdal. Et puisse-t-il reprendre bientôt l'équipement.
Hjalmar. — Merci.
Gregers. — L'équipement?
Relling. — L'uniforme de lieutenant, naturellement.
Gregers regarde* Hjalmar. — N’est-ce qu'à cela que tu penses?
Hjalmar. — Hé, cela comporte réparation d'honneur. Mais la question d'uniforme, c'est le plus important pour père. Un vieux militaire...
Gregers. — Oui, mais toi ! Toi-même, Hjalmar ! tu ne te contentes pas de ça.
Relling. — Que diable lui faut-il vouloir de plus?
Gregers. — C'est donc seulement le signe extérieur que tu veux effacer !
Relling. — Ma foi, je trouve que ce serait fort bien.
Gregers. — Et moi qui croyais que c'était la faute même dont tu voulais le soulager.
Relling. — Écoutons ça !
Hjalmar. — Ce qui est fait ne peut pas être changé.
Gregers. — Crois-tu qu'il ait été aussi coupable qu'il a semblé?
Hjalmar. — Je ne crois pas qu’il se soit rendu compte de ce qu’il faisait.
Gregers se lève. — Et pourtant tu as vécu ici toutes ces années, tu as mené une vie indolente et tu as attendu, attendu... ou peut-être même pas cela...
Relling. — Vous êtes resté trop longtemps à rêvasser làhaut dans les forêts, monsieur Werle.
Gregers. — Si j'avais eu le bonheur d'avoir un père comme le tien...
Hjalmar. — Le bonheur... !
Gregers. — ... j'aurais été un fils pour lui autrement que ça... Mais c'est ton entourage qui t’a entraîné dans la fange.
Relling. — Non, par exemple !
Molvik. — Est-ce moi qui suis visé?
Hjalmar. — Qu'as-tu à redire à mon entourage?
Gina. — Chut, chut, Ekdal. Ne parle plus de ça.
Gregers. — J'ai ceci à dire, qu’un homme qui mène sa vie, sa vie familiale intime, dans un marais de mensonge, de tromperie et de dissimulation...
Hjalmar. — Es-tu devenu fou !
Relling bondit. — Taisez-vous, maintenant, monsieur Werle !
Hjalmar. — Sa vie familiale intime... !
(On frappe à la porte de droite.)
Gina. — Chut, silence ; quelqu'un vient. (Elle se dirige vers la porte.)
Hjalmar. — Es-tu devenu tout à fait fou, Gregers.
Gina ouvre la porte et recule, — Oh... qu'est-ce que c'est !
P. 176, 1. 11. — prendre la peine] Manque .