P. 179, 1. 3. — Dans ma - enfance] Moi, pour
ma part, je préfère avoir des témoins.
Werle. — Ce que j’ai à te dire n'est pas de telle nature que...
Gregers. - — Je ne suis pas disposé, pour le moment, à parler d’autre chose que des affaires Ekdal.
Werle. — Les affaires Ekdal?
Gregers. — • Et ces deux messieurs font presque partie de la maison.
Werle. — Ce que j'ai à te dire ne concerne que toi et moi.
Gregers. — Depuis que ma mère n'est plus là, il me semble que rien d’autre ne me concerne plus au monde, sauf les affaires Ekdal.
Hjalmar. — Je ne sais pas ce qu’il y a encore à dire sur nos affaires.
Werle. — Moi non plus.
Gregers. — Mais je le sais, moi, et je compte le crier à tous les coins de rue. Tout le monde saura dans le pays que le coupable n’était pas le lieutenant Ekdal ; mais c’était un homme qui circule aujourd’hui en liberté.
Werle. — Et tu oses, insensé... i Car ce doit être moi que tu vises.
Gregers. — Non, c’est surtout moi-même que je vise.
Werle. — A quoi penses-tu? Tu ne savais rien...
Gregers. ■ — J’avais mes doutes au temps où tout cela se passait là-haut ; si j’avais parlé à Ekdal alors, quand il en était encore temps...
Werle. — Eh bien, pourquoi n'as-tu pas parlé?
Gregers. - — Je n’ai pas osé à cause de toi.
Werle. — Prétextes, inventions, imaginations. Toi-même as déclaré au tribunal...
Gregers. — Oui, j’ai été lâche. J’avais peur de prendre sur moi ma part de la faute.
Werle. — Oh, c’est cette navrante conscience malade que tu as.
Gregers. — C'est toi qui as rendu ma conscience malade.
Werle. — Tu te trompes ; c’est un héritage de ta mère, Gregers. Le seul qu’elle t’ait laissé.
P. 179, 1. 6. — digérer] oublier
1. 9-17. — N’entrons — — inutile de] Ne parlons pas de cela. Je viens te demander si tu veux rentrer chez moi.