‹ Œuvres complètes. tome treizième, Les Drames modernes (suite)Chapitre 137 sur 300 · Mais — — Je] Oui, je · texte numérisé non relu

Mais — — Je] Oui, je

P. 231, L 1. — fasse - gentille] fasse le ménage

1. 4. — P. 240, 1. 14. — Gregers. — Pouvez-vous m’expliquer la crise qui se produit en ce moment dans l’âme d’Ekdal.

Relling. — Ma foi, je ne crois pas qu’il se produise aucune crise dans son âme.

Gregers. — Mais pouvez- vous imaginer qu’une personnalité comme la sienne... !

Relling. — Oh, personnalité, personnalité ! Je ne sais pas ce que c’est que la personnalité. Hjalmar Ekdal est un bon garçon, aimable, bien élevé, qui désire surtout vivre bien, à son aise, avec aussi peu de soucis que possible.

Gregers. — Lui,... qui a le nom et l’honneur de sa famille à réhabiliter.

Relling. — Oui, oui, je connais ces fadaises ; il a radoté un peu là-dessus cette nuit. Mais comment pourrait-il réparer ce qui est arrivé? Pouvez- vous me le dire?

Gregers. — Mais oubliez-vous la belle invention à laquelle il travaille?

Relling. — Croyez- vous donc sérieusement à cette invention?

Gregers. — Oui, certes, j'y crois. Et vous y croyez vousmême aussi.

Relling. — Non, vous savez, monsieur Werle,... il se peut que je sois un peu salaud ; mais imbécile, je ne le suis pas.

Gregers. — Hier, pourtant, vous avez loué hautement son effort.

Relling. — Oui, que diable, ne pouvez-vous le comprendre. Cette histoire de belle invention, c'est le mensonge vital sur lequel il vit.

Gregers. — Mensonge vital?

Relling. — Oui, naturellement. La plupart des gens cultivent un mensonge qui les aide à vivre.

Gregers. — Ce serait triste.

Relling. — Qui vous dit que c'est réjouissant? C'est ainsi, voilà tout. La belle découverte est pour Ekdal la même chose que le démonisme pour Molvik.

Gregers. — Ce n'est pas vrai pour lui non plus?

Relling. — Un pareil idiot... démoniaque? Comment diable pouvez-vous le croire. Et d’ailleurs, cela n'existe pas. Mais si je ne lui avais pas fourré ça dans la tête, il y a longtemps qu'il aurait lamentablement sombré dans le mépris de luimême.

Gregers. — Et c'est peut-être vous qui le lui avez fourré dans la tête?

Relling. — Oui, je suis son médecin; le guérir, je ne le peux pas ; mais un peu de mensonge injecté de temps en temps... ça soulage.

Gregers. * — • Soit ; mais il n'en est pas ainsi pour Hjalmar Ekdal.

Relling. — Non? Si vous enlevez le mensonge à Hjalmar Ekdal, vous lui enlevez le bonheur du même coup.

Gregers. — Oui, le mensonge, le mensonge, je le crois volontiers. Mais l’aspiration idéale?

Relling. — Voyons, bon Dieu, ce ne sont là que deux noms différents pour une même chose. (A Hedvig, qui entre.) Eh bien, Hedvig, maintenant je descends voir à ton père. (Il sort à droite.)

Gregers. — Avez-vous courage et volonté aujourd’hui?

Hedvig. — Je ne sais pas trop ; il ne me semble guère que je puisse croire à ça.

Gregers. — Alors renoncez-y ; sans vraie volonté c’est sans intérêt.

(Il sort à droite.)

(Hedvig sort dans la cuisine ; à ce moment, on frappe à la porte du grenier ; elle va ouvrir ; le vieil Ekdal sort ; elle ferme derrière lui.)

Ekdal. — Aller seul là-dedans, ce n’est rien. Que devient donc Hjalmar?

Hedvig. — Avais-tu envie de tirer le canard sauvage aujourd’hui, grand-père?

Ekdal. — Chut, chut, ne dis pas ça. Rien qu’une idée qui me passe par la tête. Vieux chasseur, vois-tu.

Hedvig. — N’est-ce pas sous la poitrine qu’il faut le tirer?

Ekdal. — Sous l’aile, quand on peut y arriver. Et un peu par derrière, de préférence.

Hedvig. — As-tu souvent envie de le tirer?

Ekdal. — Crains rien. Je peux me rabattre sur un lapin. (Il entre dans sa chambre.)

(Gina, venant du salon, commence à ranger l’atelier.)

(Au bout d’un instant la porte s’ouvre lentement [Ajouté après coup : Hjalmar apparaît ;] il est sans chapeau ni manteau ; il n’est ni lavé ni peigné.)

Gina. — Non, te voilà enfin ! [Corrigé en : Oh, non, E., te voilà tout de même !]

Hjalmar entre [Ajouté après coup : et dit d’une voix sourde :

— Je m’en vais tout de suite. La réplique est corrigée en : Je viens pour disparaître aussitôt.

Gina. — Oui, oui, je peux bien [Corrigé en : je pourrais presque] le penser. [Ajouté après coup : Mais, mon Dieu, quelle mine tu as ! Et les deux répliques, p. 239, 1. 29-p. 240, 1. 2.]

Hedvig, venant de la cuisine. — Oh, père !

Hjalmar se détourne et fait un geste de la main pour l’éloigner. — Va-t’en, va-t’en, va-t’en !

Gina. — Va dans le salon, Hedvig. (Hedvig y va.)

P. 240, 1. 15. — Uindication scénique manque .

P. 241, 1. 3. — Manque.

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