‹ Œuvres complètes. tome treizième, Les Drames modernes (suite)Chapitre 200 sur 300 · JOHANNES ROSMER · texte numérisé non relu

JOHANNES ROSMER

Madame Helseth me l’a dit.

(Kroll s’est levé. Rosmer lui serre les mains> et dit d'une voix douce et contenue :)

Sois le bienvenu à ton retour dans cette maison, cher Kroll.

(Il pose les mains sur ses épaules et le regarde dans les yeux.)

Cher vieil ami ! Je savais bien qu’un jour ce serait de nouveau comme autrefois entre nous.

KROLL

Mais, mon bon ami,... as-tu follement imaginé aussi qu'il y avait quelque difficulté !

REBEKKA, à Rosmer .

Oui, pensez donc,... comme c'est bien, que ce n’ait été qu’une imagination.

ROSMER

N’était-ce vraiment que cela, Kroll? Mais pourquoi t'es-tu si complètement tenu loin de nous?

KROLL, d’une voix grave et contenue.

Parce que je ne voulais pas être ici comme un vivant souvenir de tes années malheureuses,... et de celle qui a fini dans la cascade du moulin.

ROSMER

C’était une aimable pensée de ta part. Tu es toujours plein de prévenances. Mais ce n’était pas du tout une raison pour rester à l’écart... Allons, viens; asseyons-nous sur le canapé.

(Ils s'asseyent.)

Non, ce n’est vraiment pas pour moi un tourment de penser à Beate. Nous parlons d’elle tous les jours. Il nous semble qu’elle fait encore comme partie de la maison.

KROLL

Réellement, vous parlez d’elle?

REBEKKA, allume la lampe.

Oui, certes, nous en parlons.

ROSMER

C’est bien naturel. Nous avions tous deux une profonde affection pour elle. Et tous les deux, Rebek... mademoiselle West et moi, nous avons conscience d’avoir fait tout ce que nous pouvions pour la pauvre éprouvée. Nous n’avons rien à nous reprocher... C’est pourquoi j’éprouve maintenant une douceur délicate à penser à Beate.

KROLL

Braves cœurs que vous êtes! Désormais, je viendrai vous voir tous les jours.

REBEKKA, s'assied dans un fauteuil.

Bon, nous verrons si vous tenez parole.

ROSMER, avec quelque hésitation.

Oui, Kroll,... j’aurais hautement souhaité que nos relations n’eussent jamais été interrompues. Car tu as été

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