‹ Œuvres complètes. tome treizième, Les Drames modernes (suite)Chapitre 259 sur 300 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

nant tu présentes cela, qui est nouveau. S'il y a quelque intention là-dessous,... dis-le-moi franchement. Y a-t-il peut-être une chose ou une autre que tu désires par là obtenir? Je ferai volontiers pour toi tout ce que je pourrai.

REBEKKA, se tord les mains .

Oh! ce doute mortel!... Rosmer,... Rosmer!...

ROSMER

Oui, c'est affreux, n'est-ce pas? Mais je n'y peux rien. Je ne me libérerai jamais du doute. Jamais je ne saurai avec certitude que tu es à moi d'un amour entier et pur.

REBEKKA

Mais n’y a-t-il rien, au fond de toi-même, qui atteste qu'en moi s'est produite une transformation? Et que cette transformation s'est produite par toi,... par toi seul!

ROSMER

Oh ! tu sais,... je ne crois plus à mon pouvoir de transformer les gens. Je n'ai plus de foi en moi-même pour rien. Je n'ai foi ni en moi, ni en toi.

REBEKKA, le regarde d'un air sombre.

Comment, alors, pourras- tu vivre la vie?

ROSMER

Oui, je ne le comprends pas moi-même. Je ne sais pas. Je ne crois pas pouvoir la vivre. Et je ne sais rien au monde non plus pour quoi il vaudrait la peine de vivre.

REBEKKA

Oh ! la vie,... elle renferme la rénovation. Tenons-nous y ferme... Nous en sortirons assez tôt.

T. XIII

ROSMER

Alors, rends-moi la foi ! La foi en toi, Rebekka ! La foi en ton amour! Des preuves ! Je veux des preuves !

REBEKKA

Des preuves? Comment puis-je te donner des preuves?... ROSMER

Il faut que tu m'en donnes !

(Il arpente la salle.)

Je ne supporte pas ce vide,... cet effrayant désert, ce... ce...

(On frappe fort à la porte du vestibule.) REBEKKA, se lève brusquement .

Ah !... as-tu entendu !

(La porte s'ouvre. Ulrik Brendel entre. Il porte une chemise à manchettes , une redingote noire et des bottes en bon état par-dessus son pantalon . Pour le restet il est tel que la fois précédente . Il a l'air égaré.)

ROSMER

Oh ! c’est vous, monsieur Brendel !

BRENDEL

Johannes, mon garçon,... je te fais... mes adieux. ROSMER

Où allez-vous si tard?

BRENDEL

Je descends la côte.

Comment?...

ROSMER

Page 1