‹ Œuvres complètes. tome treizième, Les Drames modernes (suite)Chapitre 260 sur 300 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

BRENDEL

Je retourne chez moi, mon très cher disciple. La nostalgie m’est venue du grand néant.

Il vous est arrivé quelque chose, monsieur Brendel. Qu’est-ce?

BRENDEL

Ah! tu t’aperçois de la transformation? Oui,... c’est naturel. La dernière fois que je suis entré dans cette salle,... j’étais devant toi comme un homme à son aise, et je frappais sur mon gousset.

ROSMER

Vraiment ! Je ne comprends pas très bien...

BRENDEL

Mais tel que tu me vois cette nuit, je suis un roi détrôné sur le tas de cendres de mon palais incendié.

ROSMER

Si je peux vous apporter une aide...

BRENDEL

Tu as conservé ton cœur d’enfant, Johannes. Peux-tu me concéder un prêt?

ROSMER

Oui, oui, très volontiers.

BRENDEL

Peux-tu me donner un idéal ou deux?

Vous dites?

ROSMER

BRENDEL

Une paire d'idéals usés. Tu feras une bonne action. Car je suis maintenant à sec, mon cher garçon. Complètement décavé.

REBEKKA

N'avez-vous pas fait votre conférence?

BRENDEL

Non, séduisante dame. Qu'en pensez-vous ! Juste au moment où me voilà prêt à vider la corne d'abondance, je fais la pénible découverte que je suis en faillite.

REBEKKA

Mais toutes vos œuvres non écrites?

BRENDEL

* Pendant vingt-cinq ans je suis resté comme l'avare, assis sur sa cassette fermée à clef. Et hier,... lorsque je l'ouvre et veux sortir le trésor,... il n'y a rien. Le temps avait tout réduit en poussière. Il n'y avait rien, nichts , dans tout le tas.

ROSMER

Mais en êtes- vous si sûr?

BRENDEL

Il n'y a pas à en douter, mon très cher. Le président m'en a convaincu.

ROSMER

Le président?

Oui, enfin,... Son Excellence. Ganz nach Beheben .

ROSMER

Oui, mais qui voulez-vous dire?

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