‹ Œuvres complètes. tome treizième, Les Drames modernes (suite)Chapitre 44 sur 300 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

GREGERS

Il paraît que vous ne voulez pas de moi dans la maison, madame Ekdal.

GINA

Non, bon Dieu ! comment pouvez- vous le croire?

HJALMAR

Oui, c'est vraiment singulier de ta part, Gina.

( A Gregers.)

Mais, dis-moi, penses-tu donc à rester en ville pour le moment?

GREGERS, mettant son pardessus.

Oui, je pense maintenant rester ici.

HJALMAR

Mais pas chez ton père? Que comptes-tu faire, alors? *

GREGERS

Oui, si je le savais,... je ne serais pas si mal en point. Mais quand on porte cette croix de s'appeler Gregers... « Gregers »... et de plus, « Werle » ; as-tu rien entendu de plus vilain?

HJALMAR

Oh ! je ne trouve pas du tout.

GREGERS

Fi ! Puh ! J'aurais envie de cracher à la figure de qui s'appelle ainsi. Mais quand on porte cette croix d'être Gregers... Werle en ce monde, comme je le suis...

HJALMAR, riant.

Ha-ha ! si tu n’étais pas Gregers Werle, que voudrais-tu être?

GREGERS

Si je pouvais choisir, je voudrais être un bon chien de chasse.

GINA

Un chien !

HEDVIG, malgré elle.

Oh ! non, alors !

GREGERS

Oui, un vrai chien extrêmement habile ; un qui plonge au fond pour prendre des canards sauvages qui vont mordre le varech dans la vase.

HJALMAR

Non, vrai, Gregers,... je ne comprends pas un mot de ce que tu dis là.

GREGERS

Oh ! non, ça n'a guère de sens non plus. Mais demain matin,... je déménage donc ici.

(A Gina.)

Je ne vous embarrasserai pas, car je fais tout moi-même.

(A Hjalmar.)

Pour le reste, nous en parlerons demain. Bonne nuit, madame Ekdal.

(Avec un signe de tête à Hedvig.)

Bonne nuit !

GINA

Bonne nuit, monsieur Werle.

Bonne nuit.

HJALMAR, qui vient d'allumer une bougie.

Attends un peu ; il faut que je t’éclaire ; il fait sûrement noir dans l’escalier.

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