‹ Œuvres complètes. tome treizième, Les Drames modernes (suite)Chapitre 46 sur 300 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

peut-être va-t-il perdre le pauvre petit salaire qu’il a chez Graaberg?

HJALMAR

J’étais sur le point de dire : tant mieux ! N’est-ce pas humiliant pour un homme comme moi de voir son père blanchi par les ans travailler comme une bête de somme? Mais les temps seront bientôt révolus, je pense.

(Il prend encore une tartine.)

Si j’ai une tâche dans la vie, je la remplirai !

HEDVIG

Oh ! oui, père ! Fais-le !

GINA

Chut ! ne le réveille pas !

HJALMAR, plus bas.

Je la remplirai, dis-je. Le jour finira bien par venir, où... Et c’est pourquoi il est bon que nous ayons loué la chambre ; car ma position est ainsi plus indépendante. Et c’est ce qu’il faut, quand on a une tâche dans la vie.

(Il s’avance vers le fauteuil avec émotion .)

Pauvre vieux père aux cheveux blancs... Compte sur ton Hjalmar, va... Il a les épaules larges, lui;... solides, en tout cas... Tu te réveilleras un beau jour pour voir...

(A Gina.)

Tu ne le crois peut-être pas?

GINA, se lève.

Si fait, je le crois ; mais tâchons d’abord de le mettre au lit.

HJALMAR

Oui, allons.

(Ils emportent le vieux avec précaution.)

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