ACTE III
Adieu.
GREGERS
(Le négociant Werle sort.)
HJALMAR, jetant un coup d’œil.
Il est parti?
Oui.
GREGERS
(Hjalmar et Relling entrent. Gina et Hedvig aussi, venant de la cuisine.)
RELLING
Voilà un déjeuner qui s’en est allé en eau de boudin.
GREGERS
Habille-toi, Hjalmar ; tu vas faire avec moi une longue promenade.
Volontiers. Qu’est-ce qu’il voulait, ton père? S’agissait-il de moi?
GREGERS
Viens toujours. Il faut que nous causions un peu. Je vais mettre mon pardessus.
(Il sort par la porte d’entrée.)
GINA
Tu ne devrais pas sortir avec lui, Ekdal.
RELLING
Non, n’y va pas ; reste où tu es.
HJALMAR, prenant son chapeau et son manteau .
Comment ! Quand un ami de jeunesse éprouve le besoin de s’ouvrir à moi seul à seul... !
RELLING
Mais, que diable,... ne comprends-tu pas que cet homme est fou, timbré, détraqué !
GINA
Oui, tu entends. Sa mère avait aussi de pareilles crises physiques parfois.
HJALMAR
Il a d'autant plus besoin de l’œil vigilant d’un ami.
( A Gina.)
Que le dîner soit prêt de bonne heure. Adieu jusque-là.
(Il sort par la porte d'entrée.)
RELLING
Quel malheur que cet homme-là ne soit pas descendu en enfer dans une des mines de Hôydal !
GINA
Bon Dieu,... pourquoi dites- vous ça?
RELLING, grommelant .
Ah ! oui, j’ai mes idées là-dessus.
GINA
Croyez-vous que le jeune monsieur Werle est vraiment fou?
RELLING
Non, malheureusement; il n’est pas plus fou que ne le sont les gens, d’habitude. Mais il a sûrement une maladie dans le corps.
GINA
Qu’est-ce qu’il a, qui ne va pas?