‹ Œuvres complètes. tome treizième, Les Drames modernes (suite)Chapitre 66 sur 300 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

WERLE

Elle ne guérira jamais. Ta conscience a été maladive dès le temps de ton enfance. C’est un héritage de ta mère, Gregers c’est le seul héritage qu’elle t’ait laissé.

GREGERS, avec un demi-sourire de mépris.

Tu n’as pas encore pu digérer ton erreur de calcul, quand tu as cru que tu aurais une fortune avec elle.

WERLE

N’entrons pas dans des questions à côté... Tu as donc la ferme intention d’amener le photographe Ekdal sur une voie que tu crois la bonne?

GREGERS

J’ai cette ferme intention.

Alors j’aurais pu me dispenser de monter ici. Car il est sans doute inutile de te demander si tu veux rentrer chez moi?

GREGERS

Non.

WERLE

Et tu n’entres sans doute pas non plus dans la firme?

Non.

GREGERS

WERLE

Bien. Mais comme je vais me remarier, l’avoir sera partagé entre nous.

GREGERS, vite.

Non, je ne veux rien.

WERLE

Tu ne veux pas?

GREGERS

Non, je n'ose pas pour ma conscience.

WERLE, au bout d'un moment.

Retourneras-tu à t'usine?

GREGERS

Non, je me considère comme ayant quitté ton service.

WERLE

Mais qu’est-ce que tu vas faire, alors?

GREGERS

Remplir la tâche de ma vie ; rien d'autre.

WERLE

Bon, mais ensuite? De quoi vivras-tu?

GREGERS

J’ai mis un peu d’argent de côté sur mes appointements.

WERLE

Jusqu'où cela te mènera-t-il !

GREGERS

Je pense que cela mènera jusqu'au bout de mon temps.

WERLE

Que veux-tu dire?

Je ne réponds plus.

GREGERS

Adieu donc, Gregers.

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