‹ Œuvres complètes (volume 4)Chapitre 100 sur 100 · Livre et prêtre sont morts. Et la foi maintonanli · texte numérisé non relu

Livre et prêtre sont morts. Et la foi maintonanli

Cette braise allumée à ton foyer toniianl»

Qui, marquant pour ton Christ ceux qu*il préfi^ro luu aulro".

Jadis purifiait la lèvre des apôtren,

N*est qu'un charbon éteint dont Iom poliU oiiriiiiiM

Souillent ton mur avec dcH riren trioinphiuiUl m

076 LES RAYOxNS ET LES OMBRES.

L'autre voix dit : — « Pardonne ! aime! Dieu qu'on révère.

Dieu pour rhomme indulgent ne sera point sévère.

Respecte la fourmi non moins que le lion.

Rêveur! rien n'est petit dans la création.

De l'être universel l'atome se compose ;

Dieu vit un peu dans tout, et rien n'est peu de chose.

Cultive en toi l'amour, la pitié, les regrets.

Si le sort te contraint d'examiner de près

L'homme souvent frivole, aveugle et téméraire,

Tempère l'œil du juge avec les pleurs du frère.

Et que tout ici-bas, l'air, la fleur, le gazon ;

Le groupe heureux qui joue au seuil de ta maison ;

Un mendiant assis à côté d'une gerbe ;

Un oiseau qui regarde une mouche dans l'herbe ;

Les vieux livres du quai, feuilletés par le vent,

D'où l'esprit des anciens, subtil, libre et vivant.

S'envole, et, souffle errant, se mêle à tes pensées ;

La contemplation de ces femmes froissées

Qui vivent dans les pleurs comme l'algue dans l'eau ;

L'homme, ce spectateur ; le monde, ce tableau ;

Que cet ensemble auguste oii Tinsensé se blase

Tourne de plus en plus ta vie et ton extase

Vers l'œil mystérieux qui nous regarde tous,

Invisible veilleur, témoin intime et doux.

Principe! but! milieu! clarté! chaleur! dictame!

Secret de toute chose entrevu par toute âme !

« N'allume aucun enfer au tison d'aucun feu. N'aggrave aucun fardeau. Démontre l'âme et Dieu,

SAGESSE. >rr

L'impérissah-Ie eïC ri:. !;& tccii:!? îmêvocallK^: Et rends dôij.^? à n-:»? fn:cis, j-ie soavt'nt elle acvarCc. La grande main qai srave en signes initoortoU Jamais! sur les loinfceaax: Ttcx-ots! sur les autels. •

La troisième voix dit : — € Aimer? haïr? qu*im|H^rie!

Qu*on chante ou qu'on maudisse^ et qu'où entre ou qu*ou sorU\

Le mal, le bien, la mort, les \iees, les faux dieux*

Qu'est-^e que tout cela fait au ciel radieux?

La végétation, vivante, aveugle et sombre.

En couvre-t-elle moins de feuillages sans nombre.

D'arbres et de lichens, d'herbe et de goémons.

Les prés, les champs, les eaux, les rochers et les mont

L'onde est-elle moins bleue et le bois moins sonore?

L'air promène-t-il moins, dans l'ombre et dans Tauroiv,

Sur les clairs horizons, sur les flots décevants,

Ces nuages heureux qui vont aux quatre vents?

Le soleil qui sourit aux fleurs dans les campAgnoH,

Aux rois dans les palais, aux forçats dans les bagnes,

Perd-il, dans la splendeur dont il est révolu,

Un rayon quand la terre oublie une vertu?

Non, Pan n'a pas besoin qu'on le prie et qu*on roiine.

0 sagesse ! esprit pur I sérénité suprâmo I

Zeus ! Irmensul ! Wishnou ! Jupiter ! Jéhovn t

Dieu que cherchait Socrate et que JéHUH trouva I

Unique Dieu! vrai Dieu! seul myst^^rc! houIo Aino I

Toi qui, laissant tomber ce que in mort rMnnw,

Fis les cieux infmis pour les tcmpH él(*.nw\n \

Toi qui mis dans l'éther plein de hruUM mAmwU,

voéscE. — ni. «17

Tente dont ton haleine émeut les sombres toiles, Des millions d'oiseaux, des millions d'étoiles ! Que te font, ô Très-Haut ! les hommes insensés, Vers la nuit au hasard l'un par l'autre poussés, Fantômes dont jamais tes yeux ne se souviennent, Devant ta face immense ombres qui vont et viennent ! »

Dans ma retraite obscure où, sous un rideau vert, Luit comme un œil ami maint vieux livre entr'ouvert, Oii ma Bible sourit dans l'ombre à mon Virgile, J'écoute ces trois voix. Si mon cerveau fragile S'étonne, je persiste; et, sans peur, sans effroi. Je les laisse accomplir ce qu'elles font en moi. Car les hommes, troublés de ces métamorphoses. Composent leur sagesse avec trop peu de choses. Tous ont la déraison de voir la vérité Chacun de sa fenêtre et rien que d'un côté, Sans qu'aucun d'eux, tenté par ce rocher sublime. Aille en faire le tour et monter sur sa cime.

Et de ce triple aspect des cho ses d'ici-bas, De ce triple conseil que l'homme n'entend pas.

SAGESSE. jT9

Pour mon cœur où Dieu vit, où la haine s'émousse. Sort une bienveillance universelle et douce Qui dore comme une aube et d'avance allcndrit Le vers qu'à moitié fait j'emporte en mon esprit Pour l'achever aux champs avec l'odeur des plaines Et l'ombre du nuage et le bruit des fontaines.

DE

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