‹ Œuvres complètes (volume 4)Chapitre 26 sur 100 · AUTRE CHA · texte numérisé non relu

AUTRE CHA

L'aube nait et ta porte e^t th Ma belle, pourquoi scHmmel^rrf?

A l'heure où s'éveille la ro*« Ne vas-la pas te réveiller?

0 ma ehannaDte, Écoute ici L'amant qui chante Et pleure aussi !

Tout frappe à ta porte bénie.

L'aurore dit : Je suis le jour !

\tî LES CHANTS DU CRÉPUSCULE.

L'oiseau dit : Je suis Tharmonie !

Et mon cœur dit : Je suis Tamour!

0 ma charmante, Écoute ici L*amant qui chante Et pleure aussi !

Je t'adore ange et t'aime femme.

Dieu qui par toi m*a complété A fait mon amour pour ton âme Et mon regard pour ta beauté.

0 ma charmante, Écoute ici L'amant qui chante Et pleure aussi !

Février 18..

Oh ! pour remplir de moi ta rêveuse pensée.

Tandis que tu m'attends, par la marche lassée,

Siius Tarbre au bord du lac, loin des veux impoKun^,

Tandis que sous tes pieds Todorante vallée.

Toute pleine de brume au soleil envolée.

Fume comme un beau vase où brûlent des parfu«i<^ ;

yue tout ce que tu vois, les coteaux et h^^ fUJ/i^rv, Les doux buissons de fleurs aux clianxi^rjt*e* L^.'-;:^^.

La vitre au vif éclair.

Le pré vert, le sentier qui se n^,»ue *t;x xlUc^'^^k. El le ravin profond débordant de feu-J-t;:^*

Comme d'ondes la mer.

Que le bois, le jardin, la maiiv:-ii- h ruv>- Dont midi ronge au loin Youjhrt Cjjliuvj*^.

Que tous les points confus qu'on voit là-bas trembler. Que la branche aux fruits mûrs, que la feuille séchée. Que l'automne, déjà par septembre ébauchée, Que tout ce qu'on entend ramper, marcher, voler.

Que ce réseau d'objets qui t'entoure et te presse, Et dont l'arbre amoureux qui sur ton front se dresse

Est le premier chaînon.

Herbe et feuille, onde et terre, ombre, lumière et flamme. Que tout prenne une voix, que tout devienne une âme,

Et te dise mon nom !

Enghien, 14 septembre 1834.

Puisque j'ai mis ma lèvre à ta coupe encor pleine ; Puisque j*ai dans tes mains posé mon front pâli ; Puisque j*ai respiré parfois la douce haleine De ton âme, parfum dans Tombre enseveli ;

Puisqu'il me fut donné de t'entendre me dire Les mots oîi se répand le cœur mystérieux ; Puisque j'ai vu pleurer, puisque j'ai vu sourire Ta bouche sur ma bouche et tes yeux sur mes yeux ;

Puisque j'ai vu briller sur ma tête ravie Un rayon de ton astre, hélas ! voilé toujours ; Puisque j'ai vu tomber dans l'onde de ma vie Une feuille de rose arrachée à tes jours ;

Je puis maintenant dire aux rapides années : — Passez! passez toujours! je n'ai plus à vieillir! Allez-vous-en avec vos fleurs toutes fanées; J'ai dans l'àme une fleur que nul ne peut cueillir!

Votre aile en le heurtant ne fera rien répandre Du vase où je m'abreuve et que j'ai bien rempli. Mon âme a plus de feu que vous n'avez de cendre ! Mon cœur a plus d'amour que vous n'avez d'oubli!

f janvier 1835. Minuit et demi.

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