‹ Œuvres complètes (volume 4)Chapitre 3 sur 100 · DICTÉ APRÈS JUILLET · texte numérisé non relu

DICTÉ APRÈS JUILLET

Tous VOS jeux s'ombrageaient des plis d*uQ étendard. Souvent Napoléon, plein de grandes pensées, Passant, les bras croisés, dans vos lignes pressées, Aimanta vos fronts d'un regard!

Aigle qu'ils devaient suivre! aigle de notre armée Dont la plume sanglante en cent lieux est semée, Dont le tonnerre un soir s'éteignit dans les flots. Toi qui les as couvés dans l'aire paternelle. Regarde, et sois joyeuse, et crie, et bats de l'aile, Mère, tes aiglons sont éclos !

Quand notre ville épouvantée.

Surprise un matin et sans voix, S'éveilla toute garrottée Sous un réseau d'iniques lois.

Chacun de vous dit en son âme :

« C'est une trahison infâme !

Les peuples ont leur lendemain.

Pour rendre leur route douteuse Suflit-il qu'une main honteuse Change l'écriteau du chemin?

« La parole éclate, et foudroie Tous les obstacles imprudents ;

Vérité, tu sais comme on broie Tous les bâillons entre ses dents ; Un roi peut te fermer son Louvre ; Ta flamme importune, on la couvre.

On la fait éteindre aux valets ; Mais elle brûle qui la touche !

Mais on ne ferme pas ta bouche Gomme la porte d'un palais !

« Quoi ! ce que le temps nous amène, Quoi ! ce que nos pères ont fait.

Ce travail de la race humaine, Ils nous prendraient tout en effet!

Quoi ! les lois, les chartes, chimère ! Comme un édifice éphémère Nous verrions, en un jour d'été.

Crouler sous leurs mains acharnées Ton œuvre de quarante années.

Laborieuse liberté !

c C'est donc pour eux que les épées Ont relui du nord au midi !

Pour eux que les tètes coupées Sur les pavés ont rebondi !

C'est pour ces tyrans satellites Que nos pères, braves éhtes, Ont dépassé Grecs et Romains !

Que tant de villes sont désertes !

Que tant de plaines, jadis vertes.

Sont blanches d'ossements humains !

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