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Toi! sois bénie à jamais!
Eve qu'aucun fruit ne tente !
Qui de la vertu contente Habites les purs sommets !
Ame sans tache et sans rides, Baignant tes ailes candides, A l'ombre et bien loin des yeux, Dans un flot mystérieux.
Moiré de reflets splendides !
Sais-tu ce qu'en te voyant L'indigent dit quand tu passes?
— Voici le front plein de grâces Qui sourit au suppliant !
Notre infortune la touche.
Elle incline à notre couche
Un visage radieux;
Et les mots mélodieux
Sortent charmants de sa bouche ! •
Sais-tu, les yeux vers le ciel, Ce que dit la pauvre veuve?
— Un ange au fiel qui m'abreuve Est venu mêler son miel.
Gomme à l'herbe la rosée, Sur ma misère épuisée Ses bienfaits sont descendus.
Nos cœurs se sont entendus.
Elle heureuse, et moi brisée !
J'ai senti que rien d'impur Dans sa gaité ne se noie, Et que son front a la joie Comme le ciel a l'azur.
Son oeil de même a su lire Que le deuil qui me déchire N'a que de saintes douleurs.
Comme elle a compris mes pleurs.
Moi, j'ai compris son sourire. —
Pour parler des orphelins.
Quand, près du foyer qui tremble.
Dans mes genoux je rassemble Tes enfants de ton cœur pleins ;