‹ Œuvres complètes (volume 4)Chapitre 41 sur 100 · QUB NOUS AVONS LE DOUTE EN NOUS · texte numérisé non relu

QUB NOUS AVONS LE DOUTE EN NOUS

Près du besoin de croire un désir de nier,

Et Fesprit qui ricane auprès du cœur qui pleure.

Aussi vous me voyez souvent parlant tout bas. Et, comme un mendiant à la bouche affamée Qui rêve assis devant une porte fermée, On dirait que j'attends quelqu'un qui n'ouvre pas.

Le doute ! mot funèbre et qu'en lettres de flammes Je vois écrit partout, dans l'aube, dans l'éclair. Dans l'azur de ce ciel, mystérieux et clair, Transparent pour les yeux, impénétrable aux âmes !

Cesl notre mal à nous, enfants des passions Dont l'esprit n'atteint pas votre calme sublime ; A nous dont le berceau, risqué sur un abîme. Vogua sur le flot noir des révolutions.

Les superstitions, ces hideuses vipères.

Fourmillent sous nos fronts où tout germe est flétri, Nous portons dans nos cœurs le cadavre pourri De la religion qui vivait dans nos pères.

Voilà pourquoi je vais, triste et réfléchissant ; Pourquoi souvent, la nuit, je regarde et j'écoute.

Solitaire, et marchant au hasard sur la route

A l'heure où le passant semble étrange au passant

Heureux qui peut aimer, et qui dans la nuit noire, Tout en cherchant la foi, peut rencontrer l'amour! Il a du moins la lampe en attendant le jour. Heureux ce cœur! Aimer, c'est la moitié de croire.

13 octobre 1835.

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