L- j»aç5>eront ahisi qoe ces lueum qui rfiiiMti
A travers les roseaux.
« L> auront bieo toujours pour toi <.'/«Hi li« 1. ^.^
I>es démons pour I*' fU^^t , Maj^ un souffle éteindra h*ur hoii« Wt imij^'hi j
De paroles de f«ij.
« Ils s*éTanouiront, et la foiii*' m- t^
Verra, d'un 'ijI pM -/r.
Sortir de ce tas d'omhn' irm» / \"** ' • ♦• '
Ton front tW'y *-»* ""
« En attendant, r<;'îjf )* »î. p / <' . * , »
Et qui de toutes parts se répand et s*écoule Dans les mauvais penchants.
«r Laisse en ce noir chaos qu'aucun rayon n'éclaire
Ramper les ignorants ; L'orgueilleux dont lu voix grossit dans la colère
Gomme l'eau des torrents ;
« La beauté sans amour dont les pas nous entraînent.
Femme aux yeux exercés Dont la robe flottante est un piège où se prennent
Les pieds des insensés ;
« Les rhéteurs qui de bruit emplissent leur parole
Quand nous les écoutons ; Et ces hommes sans foi, sans Culte, sans boussole,
Qui vivent à tâtons ;
« Et les flatteurs courbés, aux douceurs familières,
Aux fronts bas et rampants ; Et les ambitieux qui sont comme des lierres
L'un sur l'autre grimpants.
< Non, tu ne portes pas, ami, la même chaîne
Que ces hommes d'un jour.
Ils sont vils, et toi grand. Leur joug est fait de haine,
Le tien est fait d'amour.
«f Tu n'as rien de commun avec le monde infime Au souille empoisonneur ;
A OLYMPIO. y^
Car c'est pour tous les yeux un spectacle sut lime Quand la main du Seigneur,
« Loin du sentier banal où la foule >e rue
Sur quelque illusion.
Laboure le génie avec cette charrue
Qu'on nomme passion ! »
Et quand il eut fini, toi que la haine abreuve. Tu lui dis d'une voix attendrie un instant. Voix pareille à la sienne et plus haute pourtant. Comme la grande mer qui parlerait au fleuve :
• Ne me console point et ne fafllige pas.
Je suis calme et paisible.
Je ne regarde point le monde d'ici-bas, Mais le monde invisible.
« Les hommes sont meilleurs, ami, que tu ne crois.
Mais le sort est sévère.
C'est lui qui teint de vin ou de lie à son choix
Le pur cristal du verre.
• Moi, je rêve! Écoutant le cyprès soupirer
Autour des croix d'ébène,
36i LES VOIX INTÉRIEURES.
Et munnurer le fleuve et la cloche pleurer Dans un coin de la plaine,
« Recueillant le cri soujrd de l'oiseau qui s'enfuit.
Du char traînant la gerbe, Et la plainte qui sort des roseaux, et le bruit
Que fait la touffe d'herbe,
« Prêtant Toreille aux flots qui ne peuvent dormir,
A l'air dans la nuée, J'erre sur les hauts lieux d'où l'on entend gémir
Toute chose créée.
« Là, je vois, comme un vase allumé sur l'autel.
Le toit lointain qui fume ; Et le soir je compare aux purs flambeaux du ciel
Tout flambeau qui s'allume.
« Là, j'abandonne aux vents mon esprit sérieux.
Comme l'oiseau sa plume ; Là, je songe au malheur de l'homme, et j'entends mieux
Le bruit de cette enclume.
« Là, je contemple, ému, tout ce qui s'offre aux yeux,
Onde, terre, verdure ; Et je vois l'homme au loin, mage mystérieux.
Traverser la nature.
€ Pourquoi me plaindre, ami? Tout homme à tout moment Souffre des maux sans nombre.
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366 LES VOIX INTÉIUEIRES.
Gomme un maître soigneux levé dès le malin Divise à tous leur tâche.
« Soyons grands. Le grand cœur à Dieu même est pareil.
Laissons, doux ou funestes, Se croiser sur nos pieds la foudre et le soleil,
Ces deux clartés célestes.
« Laissons gronder en bas cet orage irrité
Qui toujours nous assiège; Et gardons au-dessus notre tranquillité.
Comme le mont sa neige.
« Va, nul mortel ne brise avec la passion.
Vainement obstinée.
Cette âpre loi que l'un nomme Expiation
Et l'autre Destinée.
cr Hélas ! de quelque nom que, broyé sous Fessieu,
L'orgueil humain la nomme.
Roue immense et fatale, elle tourne sur Dieu,
Elle roule sur l'homme ! »
Octobre 1835.
La tombe dit à la rose :
— Des pleurs dont l'aube t'arrose
ijue fais-lu, fleur des amours?
La rose dit à la tombe :
— Que fais-tu de ca qui Ujmbe Dans ton {:oulîre ouvert toujours?
La rofee dit : — Toiiil^eau Kor;jbr*% De ces jJeur^ je lui'- oîîIi*' l'vî^Kr'' In parfum d'amibe ♦-♦ fi*r î:,.';.' La tombe dit : — J'i*'Uf ;.Ks*- . -*•, De cliaque ame quj u/j rr. *- Je fai«t uii aic: 'Ju *•#• i
V juiL le
0 muse, contiens-toi ! muse aux hymnes d^airain !
Muse de la loi juste et du droit souverain !
Toi dont la bouche abonde en mots trempés de flamme,
Etincelles de feu qui sortent de ton âme,
Oh ! ne dis rien encore et laisse-les aller !
Attends que Theure vienne où tu puisses parler.
Endure le spectacle en vierge résignée.
Qu'à peine un mouvement de ta lèvre indignée
Révèle ton courroux au fond du cœur grondant.
Dans ce siècle où chacun, noyant ou fécondant,
Se répand au hasard comme Teau d*un orage,
Où Ton ne voit partout qu'impuissance et que rage.
Qu'inutiles fardeaux qu'on s'obstine à rouler,
Que Samsons écrasés sous ce qu'ils font crouler,
Le plus fort est celui qui tient sa force en bride.
I/océan quelquefois montre à peine une ride.
Jusqu'au jour d'éclater, plus proche qu'on ne croit. Ne te dépense pas. Qui se contient s'accroît.
Aie au milieu de tous Tattilude élevée
D'une lente déesse à punir réservée.
Qui, recueillant sa force ainsi qu'un saint trésor.
Pourrait depuis longtemps et ne veut pas encor !
Va cependant ! — Contemple et le ciel et le monde. Et que tous ceux qui font quelque travail immonde. Que ces trafiquants vils épris d'un sac d'argent, Que ces menteurs publics, au langage changeant. Pleins de méchanceté dans leur âme hypocrite Et dorés au dehors de quelque faux mérite. Tous ceux, grands ou petits, que marque un sceau falaK Que l'envieux bâtard accroupi dans le mai. Que ce tribun valet, plus lâche qu'une femme. Qui dans les carrefours vend sa parole infâme, Toujours prêt pour de l'or à souffleter la loi. Forgeant l'émeute au peuple ou la censure au roi, Que l'ami faux par qui la haine s'ensemence. Et ceux qui nuit et jour occupent leur démence D'une orgie effrontée au tumulte hideux, Te regardent passer tranquille au milieu d'eux. Saluant gravement les fronts que tu révères. Muette, et l'œil pourtant plein de choses sévères !
Fouille ces cœurs profonds de ton regard ardent.
Et que, lorsque le peuple ira se demandant :
— Sur qui donc va tomber, dans la foule éperdue,
O MUSE, CONTIENS-TOI t 37<
Cette foudre en éclairs dans ses yeux suspendue? — Chacun d'eux, contemplant son œuvre avec effroi, So dise en frissonnant : C'est peut-être sur moi !
En attendant, demeure impassible et sereine. Qu'aucun pan de ta robe en leur fange ne traîne ; Et que tous ces pervers tremblent dès à présent De voir auprès de toi^ formidable, et posant SoQ on;ile de lion ^ur ta lyre étoîlée. Ta eolt-re saperbe à tes pietls muselée!
SeptBmiire 1H36.
-XOTES
VOIX IXTÉRIEUKKS
VARIANTES DU MANHHCMII
ï. — CE SIÈCLE EST GIlASt) ET f^ffltt.
Des rérolutions la vague ho Min*, Le peuple, ce lion si somlinf t'i ni ^fJff^tf^'^hi, Qu'une charte apprivoi.Hiî »v<t. m/^i tiou^ t-ifunn Se laisse à petit bruit liuMfr ynuyU' H ih /!> ni