‹ Œuvres complètes (volume 4)Chapitre 57 sur 100 · V-..i:r D.in i**i*r oaiir '*aii« imi iimiii:?i )ii:u · texte numérisé non relu

V-..i:r D.in i**i*r oaiir '*aii« imi iimiii:?i )ii:u

Car iniBs- t»'/.î»uum§* Ma Tdns^ i»nir.'iir "i'!!. iai'iii» J**: Ct-ue fcî»<*eiii:* II* j.i^ lîi'tii iii!!rf:mîi.f^

Le Ti-:^ it îf sif^iiif hl if Tia.im'ir i>: l'i»:c.-r.v*

Dieu p-e^Vicire 2. iLi: riiiiiLiD* i±LS£ p:cr qvx'^ îo %k)^

Dieu n'a ^^^Zz îul** Th.cLiiJir i-:r.r.^^ cvrruuî.ùv

Penser, ce e>?u j:.l> -ericr^. A f-tine f^tr mouK^nl

EoteDd-<fD une \:ix -iir^e «oiifuMJmon: :

— « Ne TOUS T tez p.a5, ^cln? œuvre e<l perisî^^Wo!

Tout ce que Litit rhomme e>l bàli sur lo ;s^U>lo ;

Ce qu'il fail lui ou lard par Therbo est nvouvorl ;

Ce qu*il dresse est dressé pour le vonl du di^sort»

Tous ces asiles vains où vous mettez votix^ Âuu\

Gloire qui n'est que pourpre, amour qui uVst quo lltuuiuw

L'altière ambition aux manteaux étoiles

Qui livre à tous les vents ses pavillons gontli^i

La richesse toujours assise sur sa gerbe,

La science de loin si haute et si suporboi

Le pouvoir sous le dais, le plaisir sous Ioh fliMirM,

Tentes que tout cela! Tédifice est aillourM.

Passez outre! cherchez plus loin les biens HnuA nouibro.

Une tente» ô mortels, ne contient que de Tombre ! ^

On entend cette voix et l'on rêve longtemps. Et Ton croit voir le ciel, moins obscur par instants, Gomme à travers la brume on distingue des rives, ' Presque entr'ouvert, s*emplir de vagues perspectives.

Que croire? Oh! j'ai souvent, d'un œil peut-être expert.

Fouillé ce noir problème oii la sonde se perd !

Ces vastes questions dont l'aspect toujours change,

Gomme la mer tantôt cristal et tantôt fange.

J'en ai tout remué ! la surface et le fond !

J'ai plongé dans ce gouffre et l'ai trouvé profond !

Je vous atteste, ô vents du soir et de l'aurore. Étoiles de la nuit, je vous atteste encore. Par l'austère pensée à toute heure asservi, Que de fois j'ai tenté, que de fois j'ai gravi. Seul, cherchant dans l'espace un point qui me réponde, Ges hauts lieux d'où l'on voit la figure du monde! Le glacier sur l'abime ou le cap sur les mers ! Que de fois j'ai songé sur les sommets déserts. Tandis que fleuves, champs, forêts, cités, ruines, Gisaient derrière moi dans les plis des collines. Que tous les monts fumaient comme des encensoirs, Et qu'au loin l'océan, répandant ses flots noirs. Sculptant des fiers écueils la haute architecture, Mêlait son bruit sauvage à l'immense nature !

Et je disais aux flots : Flots qui grondez toujours!

PENSAR, DUDAR. 341

Je disais aux donjons, croulant avec leurs tours :

Tours où vit le passé ! donjons que les années

Mordent incessamment de leurs dents acharnées !

Je disais à la nuit : Nuit pleine de soleils !

Je disais aux torrents, aux fleurs, aux fruits vermeils,

A ces formes sans nom que la mort décompose.

Aux monts, aux champs, aux bois : Savez-vous quelque chose ?

Bien des fois, à cette heure ou le soir et le vent

Font que le voyageur s*achemine en rêvant.

Je me suis dit en moi : — Cette grande nature,

Cette création qui sert la créature,

Sait tout! Tout serait clair pour qui la comprendrait! —

Comme un muet qui sait le mot d*un grand secret

Et dont la lèvre écume à ce mot qu*il déchire,

11 semble par moments qu*elle voudrait tout dire.

Mais Dieu le lui défend! En vain vous écoutez.

Aucun verbe en ces bruits Tun par Tautre heurtés !

Cette chanson qui sort des campagnes fertiles,

Mêlée à la rumeur qui déborde des villes,

Les tonnerres grondants, les vents plaintifs et sourds,

La vague de la mer, gueule ouverte toujours,

Qui vient, hurle, et s*en va, puis sans Qn recommence,

Toutes ces voix ne sont qu'un bégaiement immense !

L*homme seul peut parler et Thomme ignore, hélas ! Inexplicable arrêt! quoi qu'il rêve ici-bas^ Tout se voile à ses yeux sous un nuage austère. Et Tame du mourant s'en va dans le mystère!

342 LES YOIX INTÉRIEURES.

Aussi repousser Rome et rejeter Sion,

Rire, et conclure tout par la négation,

Gomme c'est plus aisé, c'est ce que font les hommes.

Le peu que nous croyons tient au peu que nous sommes

Puisque Dieu l'a voulu, c'est qu'ainsi tout est mieux!

Plus de clarté peut-être aveuglerait nos yeux.

Souvent la branche casse où trop de fruit abonde.

Que deviendrions-nous si, sans mesurer l'onde,

Le Dieu vivant, du haut de son éternité.

Sur l'humaine raison versait la vérité ?

Le vase est trop petit pour la contenir toute.

11 suffit que chaque âme en recueille une goutte.

Même à l'erreur mêlée ! Hélas ! tout homme en soi

Porte un obscur repU qui refuse la foi.

Dieu ! la mort ! mots sans fond qui cachent un abime !

L'épouvante saisit le cœur le plus sublime

Dès qu'il s'est hasardé sur de si grandes eaux.

On ne les franchit pas tout d'un vol. Peu d'oiseaux

Traversent l'océan sans reposer leur aile.

Il n'est pas de croyant si pur et si fidèle

Qui ne tremble et n'hésite à de certains moments.

Quelle âme est sans faiblesse et sans accablements?

Enfants ! résignons-nous et suivons notre route.

Tout corps traîne son ombre, et tout esprit son doute.

Septembre 1835.

Puisqu'il plut au Seigneur de te briser, poSte ; Puisqu'il plut au Seigneur de comprimer ta tète

De son doigt souverain.

D'en faire une urne sainte à contenir l'extase. D'y mettre le génie, et de sceller ce vase

Avec un sceau d'airain ;

Puisque le Seigneur Dieu t'accorda, noir mystère I Un puits pour ne point boire, une voix pour te taire.

Et souffla sur ton front, Et, comme une nacelle errante et d'eau re Fit rouler ton esprit à travers la folie,

Cet océan sans fond ;

Puisqu^il voulut ta chute, et que la mort glacée, Seule, te fît revivre en rouvrant ta pensée

Pour un autre horizon ; Puisque Dieu, Renfermant dans la cage chamelle, Pauvre aigle, te donna Faile et non la prunelle,

L*âme et non la raison ;

Tu pars du moins, mon frère, avec ta robe blanche ! Tu retournes à Dieu comme Teau qui s*épanche

Par son poids naturel ; Tu retournes à Dieu, tête de candeur pleine, Comme y va la lumière, et comme y va l'haleine

Qui des fleurs monte au ciel !

Tu n*as rien dit de mal, tu n'as rien fait d'étrange. Gomme une vierge meurt, comme s'envole un ange.

Jeune homme, tu t'en vas !

Rien n'a souillé ta main ni ton cœur ; dans ce monde Où chacun court, se hâte, et forge, et crie, et gronde,

A peine tu rêvas !

Gomme le diamant, quand le feu le vient prendre. Disparait tout entier, et sans laisser de cendre.

Au regard ébloui, Gomme un rayon s'enfuit sans rien jeter de sombre. Sur la terre après toi tu n'as pas laissé d'ombre.

Esprit évanoui !

Doux et blond compagnon de toute mon enfance, Ob ! dis-moi, maintenant, frère marqué d*avance

Pour un morne avenir.

Maintenant que la mort a rallumé ta flamme, Maintenant que la mort a réveiUé ton âme.

Tu dois te souvenir !

Tu dois te souvenir de nos jeunes années !

Quand les flots transparents de nos deux destinées

Se côtoyaient encor.

Lorsque Napoléon flamboyait comme un phare, Et qu'enfants nous prêtions Toreille à sa fanfare

Gomme une meute au cor!

Tu dois te souvenir des vertes Feuillantines, Et de la grande allée où nos voix enfantines,

Nos purs gazouillements.

Ont laissé dans les coins des murs, dans les fontaines, Dans le nid des oiseaux et dans le creux des chênes.

Tant d'échos si charmants !

0 temps ! jours radieux ! aube trop tôt ravie ! Pourquoi Dieu met-il donc le meilleur de la vie Tout au commencement?

Nous naissions ! on eût dit que le vieux monastère Pour nous voir rayonner ouvrait avec mystère

Son doux regard dormant.

T'en souviens-tu, mon frère? après l'heure d*étude. Oh ! comme nous courions dans cette solitude !

Sous les arbres blottis.

Nous avions, en chassant quelque insecte qui saute. L'herbe jusqu'aux genoux, car l'herbe était bien haute.

Nos genoux bien petits.

Vives tètes d'enfants par la course effarées, Nous poursuivions dans l'air cent ailes bigarrées ;

Le soir nous étions las.

Nous revenions, jouant avec tout ce qui joue. Frais, joyeux, et tous deux baisés à pleine joue

Par notre mère, hélas !

Elle grondait: — Voyez! comme ils sont faits! ces homme Les monstres ! ils auront cueilli toutes nos pommes !

Pourtant nous les aimons.

Madame, les garçons sont les soucis des mères. Car ils ont la fureur de courir dans les pierres

Gomme font les démons ! —

Puis un même sommeil, nous berçant comme un h6te, Tous deux au même Ut nous couchait côte à côte ; Puis un même réveil.

A BUGËNE VICOMTE H. 347

I^s, trempé dans un lait sorti chaud de Fétable, Le même pain faisait rire à la même table

Notre appétit vermeil.

Et nous recommencions nos jeux, cueillant par gerbe Les fleurs, tous les bouquets qui réjouissent l'herbe,

Le lys à Dieu pareil, Surtout ces fleurs de flamme et d'or qu'on voit, si belles, Luire à terre en avril comme des étincelles

Qui tombent du soleil !

On nous voyait tous deux, gaité de la famille. Le front épanoui, courir sous la charmille.

L'œil de joie enflammé... — Hélas ! hélas I quel deuil pour ma tète orpheline ! Tu vas donc désormais dormir sur la colline.

Mon pauvre bien-aimé !

Tu vas dormir là-haut sur la colline verte, Qui, livrée à l'hiver, à tous les vents ouverte,

A le ciel pour plafond ; Tu vas dormir, poussière, au fond d'un Ut d'argile ; El moi je resterai parmi ceux de la ville

Qui parlent et qui vont 1

Et moi je vais rester, souffrir, agir et vivre ; Voir mon nom se grossir dans les bouches de cuivre De la célébrité ;

Et cacher, comme à Sparte, en riant quand on entre. Le renard envieux qui me ronge le ventre.

Sous ma robe abrité !

Je vais reprendre, hélas ! mon œuvre commencée, Rendre ma barque frêle à l'onde courroucée,

Lutter contre le sort; Enviant souvent ceux qui dorment sans murmure, Comme un doux nid couvé pour la saison future.

Sous Taile de la mort!

J'ai d'austères plaisirs. Comme un prêtre à Téglise, Je rêve à l'art qui charme, à l'art qui civilise.

Qui change l'homme un peu.

Et qui, comme un semeur qui jette au loin sa graine. En semant la nature à travers l'âme humaine,

Y fera germer Dieu.

Quand le peuple au théâtre écoute ma pensée. J'y cours , et là, courbé vers la foule pressée.

L'étudiant de près.

Sur mon drame touffu dont le branchage plie, J'entends tomber ses pleurs comme la large pluie

Aux feuilles des forêts.

Mais quel labeur aussi ! que de flots ! quelle écume ! Surtout lorsque l'envie, au cœur plein d'amertume. Au regard vide et mort.

Fait, pour les vils besoins de ses luttes vulgaires, D*une bouche d*ami qui souriait naguères

Une bouche qui mord !

Quelle vie! et quel siècle alentour! — Vertu, gloire, Pouvoir, génie et foi, tout ce qu'il faudrait croire,

Tout ce que nous valons.

Le peu qui nous restait de nos splendeurs décrues. Est traîné sur la claie et suivi dans les rues

Par le rire en haillons !

Combien de calomnie et combien de bassesse I Combien de pamphlets vils qui flagellent sans cesse

Quiconque vient du ciel, El qui font, la blessant d« leur lance payée. Boire à la vérité, pâle et crucifiée.

Leur éponge de fiel !

Combien d'acharnements sur toutes les victimes ! Que de rhéteurs, penchés sur le bord des abîmes.

Riant, ô cruauté !

De voir Taffreux poison qui de leurs doigts découle, Goutte à goutte, ou par flots, quand leurs mains sur la foule

Tordent l'impiété !

L'homme, vers le plaisir se ruant par cent voies. Ne songe qu'à bien vivre et qu'à chercher des proies ; L'argent est adoré ;

Hélas ! nos passions ont des serres infâmes

Où pend, triste lambeau, tout ce qu*avaient nos âmes

De chaste et de sacré !

A quoi bon, cependant? à quoi bon tant de hain». Et faire tant de mal, et prendre tant de peine,

Puisque la mort viendra !

Pour aller avec tous où tous doivent descendre ! Et pour n'être après tout qu'une ombre, un peu de cen

Sur qui l'herbe croîtra!

A quoi bon s'épuiser en voluptés diverses? A quoi bon se bâtir des fortunes perverses

Avec4es maux d'autrui?

Tout s'écroule ; et, fruit vert qui pend à la ramée. Demain ne mûrit pas pour la bouche affamée

Qui dévore aujourd'hui !

Ce que nous croyons être avec ce que nous sommes, Beauté, richesse, honneurs, ce que rêvent les hommes,

Hélas ! et ce qu'ils font.

Pêle-mêle, à travers les chants ou les huées. Gomme c'est emporté par rapides nuées

Dans un oubli profond !

Et puis quelle étemelle et lugubre fatigue De voir le peuple enflé monter jusqu'à sa digue. Dans ses terribles jeux !

A tCGÈNE VICOMTE H, '^^'^

fîiniii'î i»-t.Mi iesprits dont l'eau nV,<*fc pfi9, ^>u(Uj',. L nu ^*i5i£ ^^^ autour de toute grande ul/te

Ui aiunnure orageux!

ju*i loii»! ri^bitions luttant le long ^U-:^ r>nU'.^ Z »iut!i rtitnr^ chacune et chacune av^^c U,nU% '

Vjel tumulte ennemi !

:. imnH :a raille d'en bas tout antr^ q *î ^î^/;,,^/ .11 lit rfirrelle rien sur la haute c//ilirje

Où tu t'es endormi !

U. :; refuses, toi! Là, meurt t//»-t>; if^.x f.f .*^>î iILi^u- jour, du levant au i-jAuM'^uU ^*f ^^ ^^**^

Promenant son flarnl/eî^o, L'i!ii;«artial soleil, pareil à Vi'/*,[^'rHU'M, bc« des deux côtés sans choix m pt^'Ut^'U'^'.

La croix de ton U>(n\^'/^h '

U, tu n'entends plus rien que 1 h^rl/^^ '-t b lifou^^^aili^,. Le pas du fossoyeur dont la U-rnt int»/4ÏÏUu

La chute du fruit fubr, Et, par moments, le cliant, di^j/er^/^ dau« Vithyace. Du bouvier qui descend dans la plaine et qui passe

Derrière le vieux murl

Mars 1837.

Ll joui ram! niL r^^i* l i«jL î.'œu: nt ol a-/iirrL El laudi^ ai i i#ariiai. î«jl ?;uijiiiiif r^Murirtr

« Te voila doDc, 6 tdi doDl la fc»uJe ran.j.anlo

Admiriiil la ^ei'liu Oéraciûé, flétri, U^iiibé sur udc pcnle

Comme un cèdre aLaltu!

« Te voilà sous les pieds des en\ioux sans nomhro Et des passants rieurs.

Toi dont le front superbe accoutumait à Fombre Les fronts inférieurs !

« Ta feuille est dans la poudre, et ta racine austère

Est découverte aux yeux.

Hélas ! tu n'as plus rien d'abrité dans la terre

Ni d'éclos dans les cieux!

« Jeune homme, on vénérait jadis ton œil sévère, Ton front calme et tonnant;

Ton nom était de ceux qu'on craint et qu'on révère, Hélas ! et maintenant

« Les méchants, accourus pour déchirer ta vie, L'ont prise entre leurs dents,

Et les hommes alors se sont avec envie Penchés pour voir dedans !

<f Avec des cris de joie ils ont compté tes plaies

Et compté tes douleurs, Gomme sur une pierre on compte des monnaies

Dans l'antre des voleurs.

« Ta chaste renommée, aux exemples utiles,

N'a plus rien qui reluit.

Sillonnée en tous sens par les hideux reptiles

Qui viennent dans la nuit.

« Éclairée à la flamme, à toute heure visible. De ton nom rayonnant.

A OLYMriO. 3o5

Au bord du grand chemia, ta vie est une cible

Offerte à tout venant •

« Où cent flèches, toujours sifflant dans la nuit noire,

S'enfoncent tour à tour, Chacun cherchant ton cœur, Tun visant à ta gloire,

Et l'autre à ton amour !

c Ta réputation, dont souvent nous nous sommes

Écriés en rêvant.

Se disperse et s'en va dans les discours des hommes.

Gomme un feuillage au vent !

« Ton âme, qu'autrefois on prenait pour arbitre

Du droit et du devoir.

Est comme une taverne où chacun à la vitre

Vient regarder le soir,

« Afin d'y voir à table une orgie aux chants grêles,

Au propos triste et vain, Qui renverse à grand bruit les cœurs pleins de querelles

Et les brocs pleins de vin !

• Tes ennemis ont pris ta belle destinée

Et l'ont brisée en fleur.

Us ont fait de ta gloire aux carrefours traînée

Ta plus grande douleur!

< Leurs mains ont retourné ta robe, dont le lustre Irritait leur fureur ;

Avec la même pourpre ils t'ont fait vil d'illustre. Et forçai d'empereur !

« Nul ne te défend plus. On se fait une fête

De tes maux aggravés.

On ne parle de toi qu'en secouant la tête,

Et l'on dit : Vous savez !

« Hélas ! pour te haïr tous les cœurs se rencontrent.

Tous t'ont abandonné.

Et tes amis pensifs sont conune ceux qui montrent

Un palais ruiné.

« Mais va, pour qui comprend ton âme haute et grave.

Tu n'en es que plus grand.

Ta vie a, maintenant que l'obstacle l'entrave,

La rumeur du torrent.

< Tous ceux qui de tes jours orageux et sublimes

S'approchent sans effroi Reviennent en disant qu'ils ont vu des abimes

En se penchant sur toi !

« Mais peut-être, à traver l'eau de ce gouffre immense Et de ce cœur profond.

OoTerr

Je sais ti :z^ rr -i^^— i n*-. x..::it -f:.^:t-t

Noas q^ Dr v:y:<T^ ri'/i ai. Cx-jl c»r sur il li^rr^i

« Elle mouille an oid^lU p:::> s'vxulo ir.ni^lo.

Sans qne FLomîDe, ô dv»;;îour!

Paisse désaltérer à ce qui reste d'elle

Ses lèvres ou son cœur.

« L^apparence de tout nous trompe et nous fasoino. Est-il jour? Est-il nuit?

Rien d'absolu. Tout fruit contient une racine, Toute racine un fruit.

« Le même objet qui rend votre visage sombre

Fait ma sérénité.

Toute chose ici-bas par une face est ombre

Et par l'autre clarté.

« Le lourd nuage, eiîroi des matelots livides

Sur le pont accroupis, Pour le brun laboureur dont les champs sont arides

Est un sac plein d'épis.

« Pour juger un destin il en faudrait connaître

Le fond mystérieux; Ce qui gît dans la fange aura bientôt peut-être

Des ailes dans les cieux 1

V Cette âme se transforme, elle est tout près d'éclore.

Elle rampe, elle attend, Aujourd'hui larve informe, et demain dès l'aurore

Papillon éclatant!

« Tu souffres cependant! toi sur qui l'ironie Épuise tous ses traits,

A OLYMPIO. 3i9

Et qui te sens poursuivre, et par la calomnie

Mordre aux endroits secrets !

« Tu fuis, pâle et saignant, et, pénétrant dans Tombre

Par ton flanc déchiré, La tristesse en ton âme ainsi qu'en un puits sombre

Goutte à goutte a filtré.

« Tu fuis, lion blessé, dans une solitude,

Rêvant sur ton destin, Et le soir te retrouve en la même attitude

Où t*a vu le matin.

« Là, pensif, cherchant l'ombre où ton âme repose,

L'ombre que nous aimons ; Ne songeant quelquefois, de l'aube à la nuit close,

Qu'à la forme des monts ;

« Attentif aux ruisseaux, aux mousses étoilées.

Aux champs silencieux, A la virginité des herbes non foulées,

A la beauté des cieux ;

« Ou parfois contemplant, de quelque grève austère,

L'esquif en proie aux flots Qui fuit, rompant les fils qui liaient à la terre

Les cœurs des matelots ;

« Contemplant le front vert et la noire narine De l'antre ténébreux.

Et Tarbre qui, rongé par la bise marine, Tord ses bras douloureux,

« Et l'immense océan où la voile s'incline.

Où le soleil descend.

L'océan qui respire ainsi qu'une poitrine,

S'enflant et s'abaissant;

« Du haut de la falaise aux rumeurs infinies. Du fond des bois touffus.

Tu mêles toa esprit aux grandes harmonies Pleines de sens confus

c Qui, tenant ici-bas toute chose embrassée. Vont de l'aigle au serpent,

Que toute voix grossit, et que sur la pensée La nature répand.

« Console*toi, poëte! Un jour, bientôt peut-être. Les cœurs te reviendront,

Et pour tous les regards on verra reparaître Les flammes de ton front.

« Tous les côtés ternis de ta gloire outragée. Nettoyés un matin.

>eMn* comin»- nnr dall** ave ^(m {'/'.tj^-' Apre- uij rram; lef^tii.

. El Triii. te> ennemi'^ anronî sran if m^r«v h* ieui* rire momiein-,

E: *i;- le- rran^- diemi!»- r^xuitli: c;»mmo 1\m\<1o Le> secret- dv tou vivur.

€ El vaui il- jetteront leur ms^e "himiilïëo

Sur toii nom ravaxré, Commt' un chien qui remâche une chair ouI)II»''j»

>ur l'os dcju rongé.

« Ik m- prévaudront pas, ces hommon rpiî ri'MlouM»ii

lie leurs obs^'urs rt^oniix.

Page 1