‹ Œuvres complètes (volume 4)Chapitre 67 sur 100 · A M. LE D. DE · texte numérisé non relu

A M. LE D. DE

Jules, votre château, tour vieille et maison neuve, Se mire dans la Loire, à l'endroit oii le fleuve. Sous Blois, élargissant son splendide bassin. Gomme une mère presse un enfant sur son sein En lui parlant tout bas d'une voix recueillie. Serre une Ile charmante en ses bras qu'il replie. Vous avez tous les biens que l'homme peut tenir. Déjà vous souriez, voyant Tété venir, Et vous écouterez bientôt sous le feuillage Les rires éclatants qui montent du village. Vous vivez ! avril passe, et voici maintenant Que mai, le mois d*amour, mai rose et rayonnant. Mai dont la robe verte est chaque jour plus ample, Comme un lévite enfant chargé d'orner le temple.

Suspend aux noirs rameaux, qu*il gonfle en les touchaot. Les fleurs d'où sort l'encens, les nids d'où sort le chant.

Et puis vous m'écrivez que votre cheminée

Surcharge en ce moment sa frise blasonnée

D'un tas d'anciens débris autrefois triomphants,

De glaives, de cimiers essayés des enfants.

Qui souillent les doigts blancs de vos belles duchesses;

Et qu'enfin, — et c'est là d'où viennent vos richesses, —

Vos paysans, piquant les bœufs de l'aiguillon.

Ont ouvert un sépulcre en creusant un sillon.

Votre camp de César a subi leur entaille.

Car vous avez à vous tout un champ de bataille,

Et vos durs bûcherons, tout hâlés par le vent.

Du bruit de leur cognée ont troublé bien souvent.

Avec les noirs corbeaux s'enfuyant par volées.

Les ombres des héros à vos chênes mêlées.

Âmi, vous le savez, spectateur sérieux.

J'ai rêvé bien des fois dans ces champs glorieux. Qui, forcés par le soc, eux, vieux témoins des guerres, A donner des moissons comme des champs vulgaires, Pareils au roi déchu qui, craignant le réveil. Revoit sa gloire en songe aux heures du sonuneil. Le jour, laissent marcher le bouvier dans leurs seigies, Et reçoivent, la nuit, la visite des aigles!

Oh ! respectez, enfant d'un siècle où tout se vend, Rome morte à côté d'un village vivant!

Que votre piété, qui sur tout veut descendre.

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