A M. LE D. DE
Laisse en paix cette terre ou plutôt cette cendre ! Vivez content ! dès Taube, en vos secrets chemins, Errez avec la main d'une femme en vos mains ; Contemplez, du milieu de tant de douces choses. Dieu qui se réjouit dans la saison des roses ; Et puis, le soir, au fond d*un coffre vermoulu. Prenez ce vieux Virgile où tant de fois j'ai lu ; Cherchez Tombre, et, tandis que dans la galerie Jase et rit au hasard la folle causerie, Vous, éclairant votre âme aux antiques clartés. Lisez mon doux Virgile, ô Jule, et méditez !
Car les temps sont venus qu'a prédits le poète. Aujourd'hui, dans ces champs, vaste plaine muette. Parfois le laboureur, sur le sillon courbé, Trouve un noir javelot qu'il croit des cieux tombé, Puis heurte pêle-mêle, au fond du sol qu'il fouille, Casques vides, vieux dards qu'amalgame la rouille. Et,, rouvrant des tombeaux pleins de débris humains, PaUt de la grandeur des ossements romains !
Mai 1839.