A LOUIS B
0 Louis, je songeais. — Baigné d'ombre sereine, Le soir tombait; des feux scintillaient dans la plaine; Les vastes flots berçaient le nid de Talcyon ; J'écoutais vers le ciel, où toute aube commence, Monter confusément une louange immense Des deux extrémités de la création.
Ce que Dieu fit petit chantait dans son délire Tout ce que Dieu fait grand, et je voyais sourire Le colosse à l'atome et l'étoile au flambeau ; La nature semblait n'avoir qu'une âme aimante. La montagne disait : Que la fleur est charmante ! Le moucheron disait : Que l'océan est beau !
Août 1839.
A cette terre, où Ton ploie Sa tente au déclin du jour.
Ne demande pas la joie.
Contente-toi de Tamour !
Excepté lui, tout s*efface.
La vie est un sombre lieu Où chaque chose qui passe Ébauche Thomme pour Dieu.
L*homme est Tarbre à qui la sève Manque avant qu*il soit en fleur.
on L£S RAYONS ET LES OMBRES
Son sort jamais ne s'achève Que du côté du malheur.
Tous cherchent la joie ensemble ; L'espoir rit à tout venant ; Chacun tend sa main qui tremble Vers quelque objet rayonnant.
Mais vers toute âme, humble ou fière.
Le malheur monte à pas lourds, Comme un spectre aux pieds de pierre ; Le reste flotte toujours !
Tout nous manque, hormis la peine !
Le bonheur, pour l'homme en pleurs.
N'est qu'une figure vaine De choses qui sont ailleurs.
L'espoir, c'est l'aube incertaine ; Sur notre but sérieux C'est la dorure lointaine D'un rayon mystérieux.
C'est le reflet, brume ou flamme.
Que dans leur calme éternel